Spinoza : résumé

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Spinoza : résumé

Message par chapati le Lun 3 Avr - 9:31

Spinoza semble parler de sagesse. Persévérer dans l'être, telle est la nature des choses selon lui. Et cette nature, il faut la suivre si l'on veut accomplir notre puissance d'être et d'agir. Comprendre les relations de causes à effets augmente cette puissance et est donc vecteur de cet accomplissement. Comprendre nous évite de pâtir des choses et nous permet au contraire d'agir sur elles, et ainsi d'aller vers toujours plus de liberté. Mais ça suppose d'abord de ne pas se détourner de notre nature, notre nature de persévérance de l'être.

Spinoza se veut moniste, pour lui il n'y a qu'une seule substance : "Dieu ou la Nature". La substance est cause du monde, mais cause immanente : elle n’est rien d’autre que son effet (on pourrait peut-être remplacer Dieu par "la Vie" : la vie cause d’elle-même, sans nécessité d'aucune autre instance).
Spinoza établit un système qui s'ordonne à partir de là, un monde sans transcendance ni finalité.  
De la substance, notre entendement perçoit deux attributs, le corps et la pensée. Le corps est un mode fini (de l'étendue), l'âme est l’idée du corps (mode infini de la pensée). Pensée et corps n'influent pas l’un sur l’autre, une idée ne peut être affectée que par une idée, un corps par un corps. Mais existe un "parallélisme" entre eux : "l’ordre et la connexion des idées sont les mêmes que l'ordre et la connexion des choses".
Les modes sont eux les différentes manières d’être (modes de vie). L'homme est envisagé comme un mode. Il est affecté par le monde extérieur (le soleil m'affecte). Un mode agit ainsi sur un autre sans sortir de son mode. Ce qui caractérise un mode de vie, c'est avant tout sa puissance d'être affecté.
L’existence est éternelle et en mouvement. Elle est cause en soi. La substance n’est pas un "composé de", mais contient tout, elle est totalité. Elle n’est pas cause initiale, mais cause enveloppante : "La connaissance de l'effet dépend de la connaissance de la cause, et elle l'enveloppe". L’effet est prolongement des causes immanentes. L’entendement peut voir ce qui existe... et donc Dieu (la pensée étant une facette de Dieu).


Spinoza propose un nouveau modèle à la philosophie, le corps, qui n'est plus dévalué au profit de l'esprit. C'est d'un même mouvement qu'il s'agit de saisir la puissance du corps et celle de l'esprit. Corps et esprit se disent d'un même sens, on ne sait ce que peut un corps / la pensée dépasse la conscience qu'on en a (Spinoza préfigure l'inconscient). Il définit le désir comme "l'appétit avec conscience de lui-même" (en précisant que la conscience n'ajoute rien à l'appétit)... mais l'appétit n'est pour lui rien d'autre que l'effort par lequel chaque chose tend à persévérer dans son être (appelé "conatus").
Quand un corps rencontre un autre corps, une idée une autre idée, ou bien ils composent un tout plus puissant ou bien ce rapport affaiblit notre cohésion. Quand on compose avec ce qui convient à notre nature, on augmente ainsi notre puissance d’agir, alors que les passions tristes nous en séparent. Ainsi l'on oscille entre joie et tristesse, ce qui nous détermine.
La conscience apparaît comme le sentiment continu d'un tel mouvement, mais ne fait que recueillir ces variations sans en connaître les causes (plus tard, Nietzsche écrira que "la conscience n'apparaît que quand le tout veut se subordonner à un tout supérieur, elle est d'abord la conscience de ce tout supérieur, de la réalité extérieure au moi"). Sans cesse elle prend les effets pour des causes : l'effet d’un agent extérieur, elle en fait une finalité ou une volonté (ainsi un garçon en colère croit vouloir la vengeance). Ainsi elle se prend pour cause première de toutes choses (et invoque son pouvoir sur le corps)... et quand elle ne peut s'imaginer cause première, elle invoque Dieu.
Spinoza dénonce les valeurs transcendantes liées aux illusions de la conscience. La vie est selon lui empoisonnée par les catégories de Bien et de Mal, de faute et de mérite, dévorée par la haine et la culpabilité. Il substitue l'éthique à la morale et ses valeurs transcendantes. Pour lui on tend vers une chose non parce qu'on la juge bonne mais on la juge bonne parce qu'on tend vers elle.
 Bien et Mal deviennent ce qui convient ou pas à notre nature, les valeurs sont celles correspondant à nos modes de vie. Le mal n'exprime plus que l'ignorance, il est issu d'un idéal que l'imagination plaque sur les êtres. L'éthique n'envisage plus ce que l'on devrait être pour se conformer à ce qui serait notre essence, mais ce que peut tel ou tel homme (en fonction de ses propres capacités et limites).
Connaître les causes, les lois naturelles, nous fait renoncer au diktat des lois morales. La philosophie n'a pour lui pas à parler de morale. La liberté est de passer de la puissance à l'acte, d'exprimer la puissance de notre entendement et non celle de l'imagination. La joie éthique est le corrélaire de l'affirmation spéculative.

Résumé d'un non-lecteur de Spinoza, bidouillé ça et là à partir de je-ne-sais-où et souvent Deleuze : à discuter, arranger, compléter, améliorer etc... à vos plumes et merci d'avance !

chapati
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