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Message par chapati le Ven 2 Fév - 6:31

Deux affaires en ce moment défraient la chronique, le meurtre d’Alexandra Daval par son mari Jonathan, et l’affaire de la petite Fiona, dont les circonstances de la mort ne sont toujours pas élucidées, et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Le point commun, les deux suscitent de la part de l’opinion la même soif de sanction maximale. Mais ce qui est remarquable, c'est que dans les deux cas, ce qui choque, c’est la mise en scène qui entoure les crimes eux-mêmes : à se demander si celle-ci ne vaudrait pas pour eux (pénalement parlant) plus que les crimes eux-mêmes ! On reproche à Cécile Bourgeon et son compagnon, Berkhane Makhlouf, tout comme à Jonathan Daval, d’avoir trompé les gens, un peu comme s’ils avaient décidé de le faire, décidé de faire une sorte de show théâtral les mains encore couvertes du sang.
Et alors que ce genre d’enquete en général passionne les foules, on remarque ici une incapacité notoire à aller voir derrière ce qui en est montré. On a donc vu des parents ou époux pleurant à chaudes larmes, pour s’apercevoir plus tard qu’ils étaient en train de mentir. Et là ça coince pour l´opinion, comme si elle superposait le mensonge sur le fond de gravité des faits, et en concluait que ce serait particulièrement inhumain d’avoir le cœur de mentir comme ça dans des moments aussi tragiques. Comme si tuer, ils pouvaient l’imaginer, mais pas ce que visiblement ils perçoivent comme un jeu obscène. Trop indigne donc. Et cette indignation semble catalyser, fixer leur émotion au point de les empêcher d'aller plus avant dans l’enquête.
Or ces gens n’ont sans doute jamais décidé de prendre la France à témoin, ne sont pour rien quant aux proportions que les choses ont prises ! En fait, ils ont du se retrouver avec un cadavre encombrant, susceptible de les envoyer un bon moment en prison (ce qu’ils voulaient éviter), et ont a priori maquillé les choses pour l’éviter. Ensuite ? Ben la dimension nationale, ils s’en seraient forcément passé : ça les aurait forcément arrangé que leur avis de recherche se retrouve discrètement au commissariat du coin et que le dossier s’embourbe lentement, comme dans la plupart des disparitions. Bref, la suite, c’est que la presse s’est emparée de l’affaire et lui a donné une dimension nationale. Et là, y'a plus d'alternative : ou on fait semblant ou c'est la prison !
Alors ils pensent quoi, nos juges ? Que les gars auraient du se dénoncer devant le poids de la culpabilité, l’ambiguïté de la situation, ce spectacle de honte ? Pas évident quand les conséquences c’est vingt ou trente ans de prison. En tous cas, Jonathan Daval a pu pleurer écrasé par l’énormité de la situation dans laquelle il se trouvait, ça c’est pas bien difficile à imaginer, et à mon sens, ça n’a rien à voir avec du cinéma !

Du cinéma par contre, y’en a en Cour d’Appel du Puy-en-Velay, où Cécile Bourgeon et Berkhane Makhlouf rendent fous tous ceux qui s’occupent de leur affaire, comme ils les avaient déjà rendu fous lors des procès antérieurs. Deux mondes se font face, rigoureusement étanches : celui du droit, entre rigueur et rigidité, et un monde de petits voyous qui mentent comme ils respirent. Mais là on atteint des sommets. Absolument tout ce qui est dit, certes par les accusés, mais aussi par les témoins (voire même les avocats), semble sujet à caution. Ils se foutent complètement de tout ça et on est en plein sables mouvants. Malouf a pris gros au premier verdict, Bourgeon étant relativement épargnée (20 ans et 5), sans que personne ne sache vraiment pourquoi (...) si ce n’est que lui est violent (elle on sait pas). Sauf que violent, il ne l’aurait justement jamais été avec les enfants, aux dires mêmes de témoins pourtant pas très charitables envers lui.
Et pan, vingt ans ! Bizarre...
Elle est supposée en avoir fini avec ses cinq ans dans un mois. On imagine qu’elle est terrorisée à l’idée que tout pourrait encore se retourner contre elle. Lui semble étrangement fataliste devant la lourdeur de la peine, mais jure néanmoins ses grands dieux qu’il n’a pas frappé la fillette avant sa mort... et ce donc d’autant donc que c'était pas dans ses habitudes. Pour finir, le premier appel s’est terminé en queue de poisson, après qu’il ait été suggéré que les avocats des deux zèbres seraient de mèche pour faire tourner ce procès en eau de boudin (les accusés se disculpant à tour de rôle en chargeant vaguement l’autre, mais pas trop non plus, sans jamais l’accuser de rien de fatal). Ajouter à ça le corps de Fiona jamais retrouvé (qui pourrait fournir des preuves quant à la nature de ce qu’il s’est passé), deux junkies camés jusqu’aux yeux, peut-être à moitié amnésiques du fait de leur surconsommation récurrente, la fille qui s’évanouit à moitié dès qu’on lui pose une question, et son compagnon à l’enfance à limite du psychotique, et on a une petite idée du bazar.

Inutile de dire que là encore l’opinion est déchaînée, et plus encore envers la mère, Cécile (Berkhane n’étant pas le père biologique). Je dis déchaînée, mais haineux serait hélas plus juste. Alors oui bien sûr... la petite. Évidemment. Mais ces vies : qu’est-ce qu’ils en savent de la vie des junkies, nos experts ?
Aussi toute cette haine est insupportable...

Non décidément, c’est pas comme ça, la justice.
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Re: Justice

Message par chapati le Mar 6 Fév - 16:13

Et à cette meute d’idiots déchaînés il me semble que Berkhane Makhlouf répond. C’est un drôle de type ce Makhlouf, limite considéré comme débile (par son frère déjà, et d’autres), enfance compliquée, violente, problématique etc.

Et sans cesse cette foule qui dit : « et Fiona et Fiona ! », entre deux : « à mort, à mort ».
Et que dit Makhlouf de Fiona ? Ben très souvent c’est-à-dire à chaque fois il dit qu’il faisait ceci ou cela avec elle, qu’il lui achetait des trucs, qu’ils jouaient ensemble... Alors bon, je n’en tire aucune conclusion sur la façon dont la petite est morte, juste que moi j’entends Makhlouf dire qu’elle n’était pas malheureuse. Et à force de l´entendre répéter ça, j’ai l´impression que ce type quelque part a une certaine honnêteté...

Makhlouf donc, répond.
A cette foule qui elle, semble ne pas même savoir ce qu’elle dit quand elle scande : « et Fiona et Fiona ! »
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Re: Justice

Message par chapati le Sam 10 Fév - 12:47

Procès Fiona

C’est maintenant l’heure des plaidoiries.
Il faudrait bien sûr résumer l’affaire, pour que tout ça prenne du sens.

Les parents de Fiona ont donc déclaré un jour qu’elle avait disparue. L’affaire a été très médiatisée, on cherchait Fiona partout. Quelques temps après, la mère et son compagnon ont avoué que Fiona était morte, et que, vu leur toxicomanie (et vu que Berkhane dealait), ils avaient inventé cette histoire par peur de se voir retirer la garde de l’autre enfant. Ils auraient donc décidé d’enterrer la petite le jour même de sa mort supposée (un dimanche), avant que de lancer au commissariat un avis de recherche pour disparition.
Sauf que l’un comme l’autre ne se souviennent absolument pas de l’endroit où ils l’auraient enterrée. Quelques fouilles ont été tentées, sur de vagues réminiscences mémorielles, sans succès. Donc pas de cadavre pour espérer tirer une quelconque vérité d’une autopsie.

Selon eux, Fiona se faisait vomir pour imiter sa maman (les junkies vomissent facilement). Elle serait morte en vomissant dans son lit et en s’étouffant dans son vomi (elle aurait d’ailleurs déjà vomi dans la soirée). C’est ainsi qu’ils disent l’avoir trouvé le dimanche matin (et je crois me souvenir que les experts admettent cette possibilité).
Mais pas de cadavre donc, et vu le profil des deux, tout le monde se demande s’ils n’ont pas caché le corps pour que n’apparaissent pas de marques de coups susceptibles de l’avoir tuée.
Mais s’ils étaient violents entre eux, l’un et l’autre disent ne pas frapper Fiona, même s’ils en sont venus à admettre que c’était malgré tout arrivé la semaine du drame... mais pas de façon suffisamment violente pour que ça puisse entraîner la mort (encore qu’au fil des procès, il semble que les éventuels coups portés, par « l’autre » donc, aient été narrés de façon de plus en plus violente, chacun voulant faire porter à l’autre le chapeau... mais cette stratégie étant un « second choix » : le premier étant vraisemblablement d’empêcher les juges de se décider - contre l’un comme l’autre - vu l’impossibilité de démerder l’histoire). Au premier procès, l’avocat de Cécile Bourgeon a d’ailleurs insisté sur une possible ingestion accidentelle de médicaments.
Le mensonge semble être chez Cécile une arme de défense habituelle, qu’elle maîtrise parfaitement. Elle a en effet passé son temps au procès à dire tout et son contraire. Lui (selon ma vision certes subjective des choses), me semble plutôt mentir quand la nécessité s’en fait sentir. Ceci dit, tout ça est quand même indémerdable, telle est bien la caractéristique première de cette affaire !

Mais d’autres possibilités ont été envisagées par la justice. Fiona a en effet disparu de la circulation je crois quatre jours avant le dimanche fatidique, même si un unique témoin assure l’avoir vue le vendredi.
(notons à ce propos que les témoins ont aussi laissé l’impression de se foutre royalement du serment de dire la vérité, exigé donc avant témoignage ! Un milieu de voyous et de junkies donc).
Des coups portés en début de semaine donc en premier lieu, voire éventuellement répétés (?). Mais on a aussi envisagé que Fiona ait été jeté aux ordures dans un sac poubelle, quelqu’un ayant vu Makhlouf sortir, le vendredi je crois (j’en suis pas sûr), avec un gros sac-poubelle sur le dos. Autre point troublant, il a été retrouvé sur l’ordinateur du couple une recherche faite le vendredi ou samedi sur une affaire similaire, ou une mère avait déclaré son enfant disparu, avant que d’avouer qu’il était mort.

Bref, Fiona aurait-elle été tuée le jeudi, le vendredi ? Aurait-elle sinon succombé à une absence de soins après sa « chute de trottinette » en début de semaine ? Ou à des coups portés par l’un ou l’autre à ce moment, on n’en sait rien. Le mardi ou mercredi, elle est allée une journée à l’école avec du fond de teint supposé cacher le bleu au visage (la maîtresse n’a rien vu de suspect), puis a été vue avec un bandeau jaune (le lendemain je crois) en allant avec ses parents au Mac du coin (la vendeuse par contre dit qu’elle faisait peur à voir... ou était-ce la caissière du cinéma où ils sont allés après ?), bandeau censé donc lui aussi cacher le bleu... et puis plus rien, sauf donc ce témoignage, du fils du concierge je crois, qui l’aurait vu vendredi. Le vendredi où Cécile est allé seule (sans Fiona, mais avec Berkhane) demander au médecin traitant un certificat de trois semaines pour justifier de sa future absence à l’école, le temps selon eux d’aller s’installer à Perpignan (ce qu’ils ont d’ailleurs fait par la suite).

Bref on patauge dans la semoule. Berkhane lui, était violent, avec ses compagnes en particulier, mais aussi en général. Mais plusieurs témoignages concordent pour dire qu’il était au contraire doux et gentil avec les enfants (même si colérique). Et si lui et Cécile s’accusent de plus en plus sérieusement au fil des procès d’avoir frappé la petite cette semaine-là, il semble qu’auparavant, rien ne démontre qu’ils aient eu l’habitude de la frapper : pas plus que ça d’absences à l’école que de témoignage de quiconque.


Bon, j’espère ne pas avoir fait d’erreurs dans mon résumé.
Ce qui est clair en tous cas, c’est que personne n’est à même de dire comment Fiona est morte.

(notons encore pour la compréhension de ce qui suit que Nicolas Chafoulais est le vrai père de Fiona, partie civile lui aussi au procès. Et que ses rapports avec Cécile Bourgeon, son ex copine et mère de Fiona, sont aujourd’hui exécrables. Chafoulais dit en avoir fini avec don addiction à la drogue. Il est bon néanmoins de noter, poir ne rien omettre de l’histoire, que c’est lui qui a initié Cécile aux drogues dures).

Quant aux avocats, comment dire ? C’est juste épouvantable. Celui de Berkhane au premier procès n’a quasiment pas ouvert la bouche, même aux moments où il était évident qu’il aurait du le faire. Ceux de Cécile, dans un autre genre (beaucoup plus expansif) ont l’air de terreurs, prêts à raconter n’importe quoi, en tous cas selon les parties civiles. Quant à celles-ci, si j’entends bien le chœur des louanges que certains voudraient leur faire, elle sont pour certaines en tous cas et pour ce que j’en pense strictement du même acabit ! Pas un pour sauver l’autre... On a d’ailleurs eu droit à des passes d’armes pas tristes entre partie civile et avocats, genre : « on va finir ça dehors » (sous-entendu si t’es un homme). Pour finir, le juge intime aux deux accusés de se taire dès qu’ils commencent à dialoguer (ou à s’engueuler) entre eux, empêchant toute possibilité que quoi que ce soit survienne entre eux qui donne accès à un bout de vérité...

Mais si, c’est comme ça la justice française (et ailleurs, c’est pire).




Les auditions de témoins sont terminées. Viennent maintenant les plaidoiries. Tout d’abord, celles des avocats de la partie civile.

1/ Me Yves Crespin, pour l'association "l'enfant bleu" et "La voix de l'enfant". 
On nous annonçait un grand défi. Celui de juger donc de comprendre. La vérité de Cécile Bourgeon. La vérité de deux accusés liés dans un pacte secret. Nous sommes là car c'est notre mission de faire porter la voix de l'enfant. Nous sommes là pour tirer les leçons d'un procès exceptionnel et pour améliorer le système de protection de l'enfance. A vous les jurés, il nous appartient de vous donner les éléments de réflexion pour que vous puissiez juger. 
Le système de protection de l'enfance a des défaillances. L'affaire Fiona en témoigne. Comment ces enfants ont pu vivre avec une mère toxicomane et un père délinquant notoire ? Comment n'y-a-t-il pu ne pas avoir d'aide apportée à ces enfants par les services sociaux ? Il n'y a pas eu de signaux d'alarme ? Si. Bien sûr que si. Mais personne n'a agi.
Vous ne devez pas juger dans l'émotion mais dans la rationalité. J'ai une conviction profonde. Sans Cécile Bourgeon rien n'était possible. Sans Berkane Makhlouf Fiona ne serait pas morte. Tous les deux sont liés. Cécile doit être considérée comme complice de Berkane Makhlouf. Berkane Makhlouf a porté les coups. Mais sans Cécile Bourgeon Fiona ne serait pas morte. C'est elle qui a mis en place toutes les conditions pour que Berkane Makhlouf puisse porter les coups. 
Le doute doit profiter à l’enfant, pour que Fiona ne soit pas morte pour rien.

2/ Me Antoine Portal, pour les comités Alexis Danan et l'association Enfance Majuscule. 
Les associations interviennent pour donner un peu de raison dans ces affaires. Nous sommes là pour défendre l'intérêt particulier de la protection de l'enfance. Loin de moi l'envie de vous donner un cours de droit. L'intime conviction que vous devrez vous forger, c'est la nécessité de s'interroger soi-même dans le silence et le recueillement, de rechercher la sincérité. 
Dans ce dossier, il y a tous les ingrédients de l'enfance maltraitée. Un enfant objet, qui est là juste pour se sentir mère, être mère. Pas pour la transmission de quoi que ce soit. La raison pour laquelle je me lève pour plaider, c'est que les mieux placés pour en parler ne sont plus là pour le faire. L'enfance maltraitée, c'est abandonner ses enfants, ne pas les scolariser, l'enfant qui devient souffre-douleur, que l'on prive de soins. C'est le fait de privilégier du maquillage ou un bandeau pour cacher les violences. Le silence assourdissant de Fiona. Elle ne dit rien. Un silence inadmissible: c'est aussi ça l'enfance maltraitée. Vous les jurés, vous devrez tenir compte de tous ces éléments pour vous forger votre intime conviction. Dans le silence vous n'oublierez pas ces propos, ces témoignages...
Créer le chaos pour mieux s'en servir...la majeure partie des éléments le plus objectifs ont été volontairement détruits par les accusés. A quelle fin ? Les interrogations qui perdurent, c’est un aveu d’échec pour la vérité. Berkane Makhlouf et Cécile Bourgeon, on en attend tout et en même temps plus rien. Le fait de ne pas respecter cette dépouille, de dissimuler...Fiona était un problème pour eux. Leur façon de gérer ce "problème" en dit long. Même si certaines interrogations demeurent, de nombreuses certitudes existent. Ces interrogations ne doivent pas vous empêcher de vous forger une intime conviction de culpabilité. Je vous demanderai de tirer les conclusions qui s'imposent. Ce n'est pas parce que les accusés ont choisi de brouiller les pistes qu'il n'y a rien à tirer de ça. L'ordre doit naître du chaos. La lumière ne peut luire que dans les ténèbres.

3/ Me Rodolphe Costantino, pour l'association Enfance et Partage
Les premiers mots m'ont été inspirés par le père de Fiona. Dans l'histoire de l'humanité, la recherche du vrai est un mouvement perpétuel mais conflictuel aussi. D'abord cette citation, la vérité ne sort pas du puits, il faut aller au fond
Au fond nous y sommes allés dans ce procès. Parfois trop. Cette vérité nous l'avons cherchée partout comme dans les sous-bois. Dans cette affaire l'effroi a écrasé la tristesse comme l'incompréhension ligote parfois le deuil. Comprendre, c'est tout prendre. C'est mettre face à face la réalité tangible mais aussi la réalité psychique des accusés. Nous avons besoin de ces deux aspects. 
Ils sont nombreux ces enfants à être considérés comme des cailloux dans la chaussure. Des enfants qui dérangent. Ces couples dysfonctionnels sont de la nitroglycérine. Chacun des deux composants isolé semble inoffensif, mais ensemble, ils deviennent redoutables. 
Dans ces cas la mère est abandonnée. C'est la clé de voûte de ce système. C'est la phobie de l'amour, l'idée, la peur de se retrouver seule. Parce qu'elle souffre de cette phobie, cette mère ne va jamais pouvoir être le rempart contre les violences du père. On est face à ça dans ce dossier. Parce que adhérez c'est éviter le principe d'alerte. C'est de la complicité. 
je formulerai un vœu dans les mêmes termes qu'au premier procès, je vous demande de rendre votre décision comme si vous disposiez délicatement un voile de vérité sur le corps de la petit fille, comme un linceul. A elle qu'on a laissée, enterrée nue à même le sol...

4/ Me Marie Grimaud, pour l'association Innocence en danger.
Je m’appelle Fiona, j’aime bien l’école, j’ai plein de copains. J'ai un doudou renard et je ressemble beaucoup à mon papa. Mais je ne le vois plus. Et j’ai un secret, dans ma maison.
(ça pleure dans la salle)
A la maison il y a maman et Kader. Il joue aux jeux vidéos et des fois il veut que je joue aussi, mais j'aime pas trop ça. Maman elle regarde la télé et moi je vais dans ma chambre. J'ai mal à la tête. Ils m'ont fait mal mais moi j'pleure pas. Je veux aller à l'école alors maman elle me maquille comme une princesse. Elle me met un bandeau comme une couronne. Elle me dit que je suis belle. Je regarde dans le miroir et c'est pas vrai, je suis moche. Mais j'vais pas pleurer.
Yona Yona ! Oh, c’est ma petite sœur qui m’appelle comme ça. Elle vient me faire des bisous magiques. Elle ressemble à maman ma petite soeur. Moi j’ai la tête de papa, c’est maman et Berkane qui le disent. Mon papa, il me manque. Maman elle dit qu’il ne veut plus me voir, qu’il est méchant.
J’ai mal au ventre j’ai envie de vomir. Mais j’essaye de ne pas vomir. Et puis... J'ai sommeil ? J'ai mal. Et j'ai sommeil.

5/ Me Charles Fribourg, conseils de Nicolas Chafoulais, le père de Fiona. 
KO. Nicolas Chafoulais est un homme KO. Nicolas Chafoulais est un homme K-O. A genoux mais toujours debout. Il a été rossé par des coups déloyaux, dans un ring sans arbitre. Depuis septembre 2013, il reste avec ses béquilles. Il ne les quitte pas. Il n'a de cesse de chercher le regard, les yeux bleus de Fiona, de sentir, de rechercher son odeur, d’imaginer ce que Fiona pourrait être, a été.. Il n'y a pas une minute où Nicolas Chafoulais ne pense pas à sa vie, à sa fille, à ce qu'il aurait pu faire pour éviter ce drame. Il a été enfermé par ses bourreaux dans le cercueil de sa fille. Mais il n'y a pas de cercueil. Pas de cercueil pour éviter les mauvais esprits, les rongeurs, les vers qui viennent souiller le corps de sa fille. 
Nicolas Chafoulais a été sali à plusieurs reprises. On l’a présenté comme un toxicomane à l’origine de la chute et de la descente aux enfers de Cécile Bourgeon. Et c’est injuste. Il vous l'a dit : "j'ai été toxicomane mais je m'en suis sorti." Quand il déroule le film de sa vie, il ne voit que des horreurs. Il s'en veut.
Il voit celui qui veut se faire appeler « papa ». On veut remplacer son nom. On veut que son nom disparaisse. Et ça, il l’apprend dans le dossier. Il apprend aussi qu'on ne va pas à Walt Disney, on ne va pas dans un parc, on va chez 'Tonton', un repère de toxicomanes. Nicolas Chafoulais ne faisait pas ça. Lui, il s’occupait de ses enfants. 
Berkane Makhlouf est violent, contrairement à ses déclarations. Un violeur aussi. Mais comme pour ses violences, il conteste. Pour lui, la famille, c'est sacré. Mais ce sacré, il l'a bafoué. Cécile Bourgeon n'a jamais su s'occuper d'un enfant. Son comportement a inquiété Nicolas Chafoulais. Au début, il a cru à cette disparition qui n’est pas une disparition. C’était une question de survie que d’y croire.  Il va voir les larmes de crocodile. "Rendez-moi ma Pepette", ce n’est pas sa Pepette. "Rendez-moi ma gamine", mais ce n’est pas sa gamine ! 
Il va au commissariat et il est reçu comme un chien et le mot est faible. "Circulez ! Il n’y a rien à voir… Au moins vous savez !" 
Moi, j'ai cru aussi à la disparition. Et les enquêteurs nous disent aujourd'hui "On avait compris dès le départ..."  Pourquoi avoir accepté la constitution de partie civile de C.B et B.M alors ? 
Alors vous avez plein d’éléments dans le dossier et vous allez devoir apprécier les choses. Va s’opposer à l’intime conviction, le bénéfice du doute.. L’intime conviction, c’est quelque chose de noble basé sur quelque chose d’objectif. Le bénéfice du doute, c’est aussi quelque chose de noble... Mais le doute doit être sincère, entier. Le doute ne se discute pas. Le doute ne se fabrique pas. Et on a fait pousser cette mauvaise graine. Ce doute a été cultivé, créé de toutes pièces. 
La thèse accidentelle. Les drogues qui traînent dans l'appartement. Ce n'est pas possible nous a dit l'expert ! le Dr Rey-Salmon, sommité dans le milieu, a aussi expliqué qu'après avoir lu le dossier, sa seule certitude était que Fiona était une enfant victime de maltraitances...
Le vendredi, le Dr Laffont, ce grand médecin, qui vient donner un certificat pour justifier 21 jours d'absence, sans avoir vu la petite fille !  C'était pour anticiper une agonie de Fiona. 21 jours....Là encore les accusés fabriquent le doute ! 
Mais si c'est un accident, on appelle les pompiers, pas la police ! On peut s’autoriser à penser au pire. Pourquoi ils se sont débarrassés de ce corps ? Parce qu’il n’était pas montrable. Parce que le corps aurait parlé. Jamais Nicolas Chafoulais ne pourra donner à sa fille une sépulture. Pourquoi ? Pour lui cacher une atroce vérité... Il voulait un lieu pour se recueillir, on ne lui donne même pas ça.
Les violences ont été commises par les deux accusés. Quand Berkane Makhlouf a compris qu’elle l’enfonce, il va reconnaître que Cécile Bourgeon a porté des coups, des tapes. Les violences en réunion ne nécessitent pas de montrer qui a porté les coups fatals. Lorsque l'un tape, l'autre est complice. Je vous demande de reconnaître la violence en réunion.

6/ Me Anne-Laure Lebert, deuxième conseil de Nicolas Chafoulais. 
je veux parler de la parole de Cécile Bourgeon. Nous devons nous libérer de cette parole. Je crois que nous avons tous été otages de cette parole. Les mots de Cécile Bourgeon n'ont pas de consistance, ni de sens. Ces mots disent tout et leur contraire. Dans ses propos, il n'est question que d'elle. 
En fait Cécile Bourgeon est tout autre chose. C'est elle qui dicte, impose sa marque. Nous avons tous suivi son rythme. Otages de sa volonté ou non de nous rejoindre à l'audience. De sa fatigue subite quand les questions étaient plus pressantes.  
Il nous faut réfléchir à ce qu’a pu subir Fiona, dans les derniers instants. Assez révélateur du calvaire qu’a subi cette fillette en ce mois de mai 2013. C’est ce travail que nous devons faire tous pour Nicolas Chafoulais et en mémoire de Fiona.
La dernière fois que Fiona a été présente à l’école, c’était le 12 avril...
(??? ndlr)
Selon les accusés, Fiona serait morte dans la nuit du 11 au 12 mai... Cécile Bourgeon a reconnu avoir maquillé sa fille pour masquer les bleus, avoir gardé sa fille chez elle pour ne pas la montrer. Et cette phrase de Cécile Bourgeon en garde à vue : "Tout a vraiment commencé un mois avant..." Fiona dans son dernier mois a été recluse dans un enferment familial et quand elle en sortait, elle était maquillée pour que l'on ne perçoive pas les bleus qu'elle pouvait présenter. 
Le 7 mai, Fiona est présente à l'école pour la dernière fois...
Quand Cécile Bourgeon maquille sa fille pour cacher les traces de coups, quel est alors le message envoyé par Cécile Bourgeon à Berkane Makhlouf ? C’est un permis de continuer, tu peux frapper la petite ! C’est un positionnement actif. Ne serait-ce que cela, c’est un élément caractérisant la complicité... Ce dont vous avez à juger c'est un engrenage de violence entre le 1er et le 12 mai 2013 de Berkane Makhlouf. Un engrenage de violences qui a été autorisé par Cécile Bourgeon. Si elle n'avait pas eu ce positionnement, il n'aurait pas pu continuer.
Ce couple miroir se nourrit chacun l’un de l’autre, se suffit peut-être l’un à l’autre. Dans un monde devenu clos, dans lequel Fiona prend trop de place et surtout n’a plus sa place. Si l’on ne considère pas ça, nous passons à côté de ce que nous a été décrit de Cécile Bourgeon comme une « femme caméléon ». Ce père qui est passé de « Nico Chaf » sur le téléphone portable de Cécile Bourgeon à « Grosse Pute Nico » en ce mois de mai 2013. Ce père a qui on interdit de voir ses enfants. Cécile Bourgeon a tourné massivement la page. Fiona est une réminiscence du passé. Elle la dégoûtait. 
 
Berkane Makhlouf dit : "Le vendredi, on a été voir le médecin parce qu’elle n’était pas bien". Le comble de ce dossier, c’est quand même qu’on va chez le médecin sans l’emmener pour parler d’elle. C’est incroyable… Incroyable… Un certificat de 21 jours. 21 jours pourquoi Madame Bourgeon ? 21 jours ? Le temps que les blessures se résorbent ? Ou 21 jours, c’était le temps nécessaire parce que Fiona était déjà morte ? C'était gagner du temps pour ne pas agir dans la précipitation ? On ne saura jamais en réalité. Est-ce que finalement Fiona n'est pas morte le vendredi matin à 8h06 quand vous avez appelé le médecin pour prendre rendez-vous ? 
Moi, j’ai le sentiment que Berkane Makhlouf n’est pas vengeur dans ses déclarations, que son but n’est pas de se défausser mais de rétablir la réalité du huis-clos familial qui était tronqué jusqu’alors. Je trouve aussi qu’il s’est joué un jeu particulier en garde à vue. On apprend, et c’est un élément nouveau, que Berkane Makhlouf a eu connaissance, dans le détail, des déclarations de Cécile Bourgeon sur les derniers jours de Fiona. Si bien que la convergence qui apparaît est peut-être complètement factice. Parce que Berkane Makhlouf veut se coller aux déclarations de Cécile Bourgeon, adopter sa version coûte que coûte. Berkane Makhlouf s'est engagé à prendre sur lui l'intégralité des violences afin que Cécile Bourgeon puisse être libérée et s'occuper de son fils et de la soeur de Fiona. 
 
Derrière la laiterie de Gerzat, il y a des entrepôts où l’on stocke des déchets. Mais cela n’intéresse personne. Personne ne lui a posé la question à Cécile Bourgeon au cours de l’instruction. Et pourtant son téléphone a borné à Gerzat  ! (elle se tourne vers le box des accusés) Je comprends qu'on soit perturbé, Cécile Bourgeon ! Le samedi, Françoise appelle. 8 appels ! Et on ne lui répond pas parce qu'on réfléchit au parc... Soit on croit au surnaturel, soit on croit à la réalité. L'histoire de l'enterrement, c'est surnaturel.

Le sac poubelle rempli d’ordures ménagères et de linge souillé par du « vomi » jeté par Berkane Makhlouf, pourquoi n’a t-on pas lavé le pyjama ?! Monsieur Makhlouf donne la réponse dans une de ses auditions. Il parle de la police scientifique. Que savent-ils de la police scientifique ? Sans doute que des traces de sang ne partent pas au lavage. Que la police scientifique pourra les voir quand même. C’est la seule explication possible !

Comment nous décrit-on le comportement de Cécile Bourgeon au parc Monjuzet ? "Surréaliste selon un pompier". Absolument maîtresse d'elle-même... Alors tout ça me fait dire que l’on est, cinq ans après, dans la même manipulation. Qui est cohérente avec la personnalité que nous donne à voir Cécile Bourgeon.

Jusqu’à hier soir, on était dans la manipulation, là. Et si je n’avais pas été fatiguée, j’aurais pu demander à Cécile Bourgeon pourquoi elle nous a dit pour la première fois avoir voulu jeter Fiona dans un lac ? Mais c’est pour nous manipuler. A ce moment-là, j’ai pensé à Nicolas Chafoulais. Et j’ai pensé à Françoise Verschoote. Quel respect ! Quel respect pour la mémoire de Fiona ! Est ce que cette manipulation-là, elle va en tirer un avantage judiciaire ? C’est la seule question à laquelle vous avez à répondre.

7/ Plaidoirie de Me Jean-François Canis, troisième conseil de Nicolas Chafoulais.
Il y a peut-être un peu de lassitude et de fatigue. Mais je vais vous demander quelques instants... Vous vivrez, dans votre vie, peu d’instants aussi importants que ceux que nous sommes en train de partager. Je n’avais aucune envie de venir à ce procès. Je n'avais pas envie de me confronter aux mensonges, aux effets de manche. C’est difficile parce que le crime qui nous occupe est au rang des crimes les plus atroces.

Cette femme qui aurait dû donner l’amour, celle qui aurait dû protéger. Celle qui a peut-être donné la mort, et j’y reviendrai et on enlèvera le "peut-être"… Cela a déjà été fait avant moi.

La presse a mis cette affaire dans la rue. La justice se rend mal sous le regard de la presse, sous le regard de la foule. Et je serai le premier à critiquer les cris de haine à l’égard de ces deux-là. Le premier à vous demander de juger loin de la folie de la rue , d'oublier les cris de haine. Je vous demande d être à leur égard le plus équitable possible. Je vous le demande.. Vous n’écouterez ni la haine, ni la crainte, ni l’affection. Vous prononcerez en respectant ce que votre serment vous impose. La présomption d’innocence. En vous souvenant que le doute doit profiter à l’accusé.

Les affaires judiciaires sont complexes et la preuve absolue existe rarement. C'est pourquoi le législateur parle de l'intime conviction. L'intime conviction ce n'est pas la prime aux "On ne sait pas". L'intime conviction ce n'est pas quelque chose de ridicule..  

On ne va pas attendre de ces deux-là qu'ils reconnaissent. Ils n'ont de cesse de nous tromper. Elle ment en permanence. Il est incapable de reconnaître et j’y reviendrai. Lorsque tous les éléments sont réunis... On ne va pas être pris en otages et attendre que ces deux là reconnaissent pour les condamner.

Ce petit corps, où l'ont-ils mis ? Et dans quel état était-il ? On va prendre la décision insupportable de prendre ce petit corps, qui n’est peut-être pas mort. Quelles compétences ils ont tous les deux pour dire que tout est fini, qu’il n’y a plus rien à faire ? La question : Fiona était-elle morte ? Je vous l’assure, je n’en sais rien. Mais cette question démolit Nicolas Chafoulais. Elle l’habite, le hante et l’empêche de vivre.

(Me Canis se tourne vers les jurés) : Vous vous voyez faire ça ? Avec le corps de votre fille peut-être pas complètement mort et qui est désormais en train de pourrir. VOUS VOUS VOYEZ FAIRE CA VOUS ?!

Quand on arrive à faire un geste qui est au sommet de l’horreur. Car ce qu’ils nous décrivent, c’est le sommet de l’horreur ! Tous ces mensonges, ces manipulations, c'est autant de coups donnés à nouveau à Fiona. La preuve elle se trouve dans le raisonnement. On n'est pas les otages de leurs mensonges. Il y a eu cette mise en scène pendant 4 mois. Ce n'est pas innocent. Maurice Agnelet a été condamné pour le meurtre d'Agnès Leroux. Quelles étaient les preuves ? Ses manipulations, ses contradictions.

Cinq ans après, "je continue à organiser mon impunité dans cette cour d’assises". Et c’est à cela que vous allez dire OK ? C’est à cela que vous allez dire "j'ai compris" ? Ou c’est au père que vous allez vous adresser aujourd’hui ?

Quatre mois et demi de mise en scène ! Il faut quand même le faire. Il faut avoir du ressort pour se présenter devant les caméras en larmes. "Rendez-moi ma fille, il faut la retrouver par tous les moyens." Et les pauvres clermontois qui allaient chercher.. Jonathan Daval lui, il a pleuré devant les caméras, il a menti. Mais il a avoué !  Il a arrêté de tricher. Cela ne lui fait rien à madame Bourgeon. Elle est en train d’organiser son impunité. A tel point qu’elle donne le mauvais doudou aux chiens. Alors les chiens marquent un endroit parce que la petite-sœur de Fiona était au parc, elle ! Et ce policier nous dit aujourd’hui "On en a beaucoup voulu aux chiens !" Pauvres bêtes… Même les chiens ont été manipulés par Cécile Bourgeon !

Elle nie complètement la mort de sa fille. Il fallait qu’elle ait vraiment peur pour aller aussi loin sur le décès de sa fille. Le minimum aurait été qu’on retrouve son petit corps, qu’on lui donne une sépulture décente. C’est le minimum qu’on aurait pu demander à cette mère. Là-dessus aussi, on aura rien.

Après il y a ce corps enterré. Cécile Bourgeon va balader les policiers, les gendarmes. Elle manipule. Elle sait qu'on ne le retrouvera pas. Qu'il n'est pas là. Toutes les descriptions ne correspondent pas. Elle persiste dans le mensonge...jusqu'à hier soir. "Charade ? Pourquoi pas." Ça pourrait encore lui faire gagner du temps. Vous dire ça hier soir, c’était l’affront ultime, la mascarade, la manipulation. Alors qu’elle sait que sa fille est morte et elle sait que sa fille on ne la retrouvera pas.

Elle continue 4 ans 1/2 après, elle continue. Rien ne l’arrête. Les gendarmes ont dit que si la petite était là, ils l’auraient retrouvée.  Si on était dans un autre cadre, quelqu’un qui vous raconte ça, vous lui diriez "Il se moque de moi". On essaye de nous vendre l’amnésie commune. Une double amnésie traumatique. JE N'Y CROIS PAS !

On est dans le mensonge en permanence. Et on se dit qu'il va y avoir des naïfs pour la croire. Et il y en a eu, des naïfs : lors du premier procès. Elle a raison. Lors du premier procès, certains ont estimé qu’il y avait un doute dont elle devait profiter. Mais quel doute ? DE QUEL DOUTE ON PROFITE QUAND ON TROMPE TOUTE SA FAMILLE ? DE QUEL DOUTE ON PROFITE QUAND ON NE VEUT PAS DONNER LE LIEU ?!

Alors ce serait que le doute profite aux odieux et aux menteurs, ce serait la négation de la justice, la négation de Nicolas Chafoulais..En première instance, Berkane Malkhouf est condamné parce qu 'elle l'a accusé en premier. Ca c'est du travail dont on est fier...

CE N'EST PAS PARCE QU'ON N'EST PAS CAPABLE D'AVOUER QU'ON EST INNOCENT ! CE N'EST PAS PARCE QU'ON EST LACHE QU'ON DOIT ETRE ACQUITTE !

Le violeur de Cécile Bourgeon, et cette codétenue de Cécile Bourgeon qui a congelé ses deux bébé, au moins ils ont su le reconnaître, eux, le pire !!

Ce corps de Fiona devait être tellement mutilé, Cécile Bourgeon s'est dit que si on l'avait retrouvé elle n'aurait eu aucune chance de convaincre. Ce dont on est sûr, c’est qu’avant de mourir, cette petite fille a vécu l’enfer. Il y a un truc qui m’a touché. J’ai senti plus d’émotion dans la voix de Madame L. (caissière du cinéma) que dans celle de Cécile Bourgeon. Pourtant, elle l’a vue une minute.

Je suis persuadé que cet événement les habite. Quand je vois la froideur de l’autre côté, c’est insupportable. Il y a la maltraitance, il y a la négligence. On ne se lève même plus pour qu’elle aille à l’école ! Fiona n'avait plus sa place dans le couple. Dans ce procès, l'institutrice, les ATSEM avaient plus d'émotion dans la voix que Cécile Bourgeon quand elles parlent de Fiona.

Le mensonge ne profite pas aux accusés. La manipulation ne profite pas aux accusés. C’est simple. Vous avez le droit d’être raisonnable, de raisonner, de dire que l’incroyable n’existe pas.

Vous avez envie de la croire quand elle vous dit qu’elle n’a pas frappé ?! Vous faites comme vous voulez, hein. Mais moi, j'ai pas envie et je crois que j'ai raison.

Ils nous en ont dit beaucoup les accusés. Il y a eu un pacte entre les deux. Ils ont commis cet acte à deux et donc ils sont obligés d'être liés sinon ils tombent tous les deux ! Et c'est elle qui le met en place. C’est elle qui va mentir aux journalistes, à son avocat, au juge d’instruction. Berkane Makhlouf n’a pas voulu faire l'émission "Sept à Huit", il trouvait que c’était "abusé". PAS ELLE !  

Et puis le pacte s'effondre. Car les policiers rappellent à Cécile Bourgeon que ces mensonges ne collent pas. Ce pauvre Berkane Makhlouf ne comprend pas alors ce que dit sa compagne à l'époque, qui le charge. Au moment des aveux elle se dit qu’elle peut s’en sortir. Avec les enquêteurs, ça se passe bien alors que dans le bureau d’à côté, ça se passe mal avec Berkane Makhlouf. Il est agressif… Le juge d'instruction, il ne la met pas en examen pour "violences volontaires" ! JE CROIS QU'IL S'EST TROMPE ! On n'a même pas demandé à Cécile Bourgeon en garde à vue si elle avait frappé Fiona ! On n'en serait peut-être pas là aujourd'hui...

C’est le premier qui accuse qui a gagné ? C'EST CA LE MESSAGE ? C'EST CA LA VERITE ? LA JUSTICE ?! NON, CE N'EST PAS CA !

On voudrait que la parole de Berkane Makhlouf n’ait pas de valeur. Quand il accuse Cécile Bourgeon, ce n’est pas rien. Ça s’ajoute au reste. Ce n’est pas celui qui accuse en premier qui a gagné.

C’est l’indécence ! Vous cachez le corps meurtri. Vous organisez votre impunité. Et vous organisez votre moquerie à votre égard. Car, oui, on se moque de vous (geste large à l'attention de la cour et du jury).

Alors elle est morte de quoi Fiona ? On va dire je ne sais pas. C'est extraordinaire !! Si ils ne veulent pas qu'on trouve le crâne, c'est qu'il y a une vraie raison !! Quelle indécence !

Et qu’on ne vienne pas plaider la thèse accidentelle cet après-midi ! Sinon, c’est qu’on est dans des dispositions psychologiques inquiétantes !

Alors, oui, elle l’a tapée sa fille, il n’y a pas de doute. C’est pour ça qu’elle l’a cachée, qu’elle n’a pas appelé les pompiers, qu’elle a fait croire qu’elle avait disparu. De toute façon, Fiona n’avait plus le droit d’exister car elle ressemblait à son père. Comme les autres, Nicolas Chafoulais a été trompé.

Ils sont sur écoutes téléphoniques mais ils continuent à raconter des histoires. Cécile Bourgeon va accuser M. Chafoulais. Pour l'impunité de Makhlouf ? Pour la garde de ses enfants ? Qu'est-ce que c'est que ces histoires ?

Chez Madame Bourgeon, il y a de la violence. Nicolas Chafoulais l'a dit. Cette scène décrite par Berkane Makhlouf sur l'impulsivité de Cécile Bourgeon ce samedi soir.. Alors le lien de causalité, ce sont les violences répétées. Chaque coup ajouté à un autre… Ca tue. Et le maquillage pour qu’ils puissent continuer. Et elle n’est pas coupable ? Dans quel monde on vit. VOUS ALLEZ DIRE CA ? QU'EST CE QUE VOUS FAITES DE FIONA ?! Le doute qu'ont créé la manipulation et le mensonge doit triompher ? C'EST CELA QUE VOUS ALLEZ NOUS DIRE DANS LA NUIT ?

Le bénéfice du doute, c’est le doute raisonnable. Quand on est capable de maquiller les blessures de sa fille, il n’y a pas de doute raisonnable. Quand on est capable d’inventer une disparition, on est capable de la cogner sans retenue.

Je vous demande de dire que Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont coupables des violences volontaires ayant entraîné la mort. Aussi de non-assistance à personne en danger. Parce qu’elle a agonisé toute la nuit et qu’ils n’ont pas bougé. On est au sommet de l’horreur. On est au plus violent de ce qu’une cour d’assises doit juger. Alors, il n’y a pas de raison de trembler, pas de raison d’avoir peur. Parce qu'il y a Fiona ! IL Y A FIONA ! POUR FIONA FAITES JUSTICE !



La loi m’interdit de commenter ces plaidoiries. Je n’en pense pas moins (et je le ferai après le verdict).
.


Dernière édition par chapati le Sam 10 Fév - 19:53, édité 4 fois

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Re: Justice

Message par chapati le Sam 10 Fév - 16:57

Réquisitoire de Me Raphaël Sanesi di Gentile, avocat général.

Vous avez face à vous un avocat général, un magistrat, qui, selon le code de procédure pénale, est chargé de procéder à une démonstration sur la preuve qu’il doit apporter concernant la culpabilité des deux accusés qui sont dans ce box. ce matin vous avez entendu des plaidoiries qui évoquaient la souffrance des familles. J'en frissonne un peu. Les mots vont être difficiles à entendre. Il y a une maman qui est là depuis 15 jours et n’est peut-être pas prête à entendre ce que la société reproche à sa propre fille. C’est la grand-mère de celle qui n’est plus.  
Un avocat général est aussi un homme. Je n’ai pas la prétention de critiquer la décision qui a été rendue en première instance. Je peux juste vous dire que je ne suis pas d’accord. Nous devons recentrer les débats sur la CO-ACTION. En première instance la cour avait jugé moins crédible Berkane Makhlouf. J'espérais beaucoup que le temps apporte la sagesse. J'espérais une réaction Madame Bourgeon. 
(il s'adresse à CB) : après cette ivresse qui vous a satisfaite dans votre ego, vous avez à restituer la trace de cette violence, à accepter que cette pitié de l'opinion publique vous revienne aujourd'hui, encombrante.
Je suis le représentant de la société et je me dois de requérir à ce titre-là. A travers l'analyse de ce dossier, il y a un homme qui se veut être le père remplaçant et une femme jeune. Dans la dépendance aux stupéfiants. Eux, ils n'ont pas le souci de se lever pour aller réconforter un enfant qui pleure. Eux, c'est les stupéfiants, la vie des plaisirs. Elle, elle n'est pas sous emprise, elle a choisi la liberté, elle a choisi sa vie. Lui, c'est un dictateur. Celui qui sème la terreur et essaye de se faire passer pour un bon père. Dans ce huis clos précédent le drame, Fiona est face à quelqu'un qui joue des euphémismes.

Et puis, il y a la mère biologique. Prendre un enfant par la main, c’est peut-être toute une vie. Mais cette enfant là, vous l’avez laissée. Parce que vous aviez envie de vous amuser et de vous divertir avec vos "stupeux". Cette enfant qui est sortie de votre ventre. Cette enfant qui est votre chair. Eh bien cette enfant, vous n'en avez cure. Si l'on est inquiète, attentionnée, altruiste dans son environnement, on l'est également en cas de crise. 
(il fixe CB) : Comment pouvez vous aujourd'hui restituer l'image de ce que vous avez pu faire ce samedi soir ? Comment osez vous ? COMMENT OSEZ-VOUS ? 
(pas de réaction du côté du box)
M. Chafoulais nous a dit que vous, Madame Bourgeon, êtes une femme qui ne se laisse pas marcher dessus, qui sait frapper, qui peut péter les plombs et qui peut cogner !
Certains disent qu'elle n'est pas extrêmement intelligente. Tout est réfléchi, tout est bien codifié. Moi, je la trouve extrêmement perfide.
C’est un leitmotiv pour moi : l’amour, ce n’est pas l’amour de soi, c’est l’amour pour les autres, et notamment l’amour pour Fiona. Face à ça, nous avons le début de la co-action. Cela commence avec ce désamour de Fiona. On se rend compte que Fiona parle trop, elle est donc éloignée aussi par sa propre mère. Le bandeau ? C'était pour cacher la fêlure du désamour. C’est dire, Madame, quelle image vous donnez de la femme maternante que l’on attendait de vous ! La société n'est pas dupe. 
Il y aura cette co-action qui va perdurer. La main dans la main. Cécile Bourgeon ne s'est pas levée alors que Fiona gémissait durant la nuit. Pourquoi vous la mère, pourquoi vous la mère qui avez donné la vie, POURQUOI VOUS NE VOUS LEVEZ PAS ? UN SURSAUT D'AMOUR ? RIEN !!  (il crie

J'ai bien du mal à parler de "cadavre" pour évoquer la chair de la chair, le bébé, Fiona. Alors que s'élabore le plan du mensonge, dans l'imaginaire, que devient-elle, Fiona ? On l'enterre ? Quelle est la motivation ? Soit ça n’a jamais été. Pire encore, si ça n’a pas été, ça a été imaginé. Qui pourrait adhérer à la volonté de son amant/amante, à ça ? Que devient Fiona ? Une pourriture ? Une souillure ? 
Lequel des papas dans cette salle, laquelle des mamans pourrait adhérer à ça "Tu as raison, on va dire ça..." "‘Tu as raison, on va aller au parc Montjuzet..." Tout ça pour acheter l’opinion publique, pour maîtriser l’orchestration sociale. 
L’opinion publique a envie de vomir aujourd’hui d’avoir été dupes de vos larmes factices. Cette trahison à la société, elle vous revient en plein visage aujourd'hui !
On va me critiquer tout à l’heure en me disant"‘Vous n’apportez pas la preuve qu’ils étaient tous les deux !" Mais cette preuve, vous le savez bien… Je n’ai pas d’image. Ce n’est pas un flagrant délit. Ce n’est pas un accident de voiture...Cette preuve de la co-action, elle découle d'éléments de la raison, de soupçons, d'indices, de charges.
Il y a un mystère qu’il faudra creuser : vous ne savez expliquer l’un par rapport à l’autre ce que vous avez fait. Vous ne savez pas expliquer ce qu’il s’est passé quelques heures avant la mort de Fiona. Vous vous êtes auto-trahi ! Vous n'arrivez pas donner une version de ce qu’il s’est passé ! 
Berkane Makhlouf, cet homme qui n'a pas été assez entendu à la première audience d'assises déclare : Elle l'a frappée. le samedi soir. Coup de pompe aux fesses. Deux claques. J'EN AI RAS LE BOL crie-t-elle ! Dans cette accusation portée à Cécile Bourgeon, vous nuancez "Elle n’a porté qu’un seul coup. D’ailleurs, elle n’est pas morte de ça." Vous déclarez six fois que Cécile Bourgeon frappe Fiona. "Qu'elle arrête ses mensonges ! Elle a frappé Fiona !" (il lit une déposition).
Mais c'est parce que ces déclarations sont jugées tardives dans le cours de l'instruction que Cécile Bourgeon a été acquittée par la cour d'assises du Puy-de-Dôme.

La mort de Fiona ce n'est pas un accident, elle est aussi dans l'auto-accusation c'est pour ça que je me suis permis d'interjeter appel.
Elle, dit : "Il la frappait tellement. Elle était devenue un punching ball." 
Est-ce que je vous ai reproché d’avoir voulu tuer Fiona ? D’avoir commis un homicide ? Non, je vous reproche d’avoir porté des coups à Fiona, sans intention de la tuer. Madame Bourgeon, vous n'êtes pas poursuivie pour un homicide. Vous êtes poursuivie pour avoir donné des coups mais sans intention de donner la mort. Les coups répétés ?  On ne s’imaginait pas qu’en frappant, le lundi, le mardi, (il frappe le parquet du pied..) le mercredi, etc. que le samedi, on avait un enfant qui ne se défend plus ? 
Vous êtes tous les deux totalement impliqués dans la mort de Fiona. Madame Bourgeon vous êtes aussi impliquée à la même hauteur que Berkane Makhlouf. Vous n'êtes pas dépourvue d'amour, vous avez fait le choix des sentiments d'une amante à ceux d'une mère. Vous êtes auto-centrée sur vous-même. Vous n'êtes ni passive ni soumise ! 


Réquisitions de Me Sanesi di Gentile :
- 30 ans de réclusion criminelle pour les deux accusés  
- Peine assortie d'une période de sûreté des deux-tiers + interdiction des droits civiques + un retrait de l'autorité parentale requis à l'encontre de Cécile Bourgeon.

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Re: Justice

Message par chapati le Sam 10 Fév - 19:05

Plaidoirie de Me Gilles-Jean Portejoie, avocat de Cécile Bourgeon
 
Si vous avez la moindre hésitation, vous devez vous abstenir. C’est le cadre d’un procès criminel. Il n’y a pas de place pour les fantasmes, pour les hypothèses, les convictions personnelles. Il n'y a de la place que pour les certitudes. Tout doit être limpide pour condamner. Ces preuves indubitables, la cour de Riom, en première instance, a estimé qu'elle ne les avait pas !  Cette décision de la cour de Riom, cinglante, était véritablement courageuse. 

Notre débat aujourd'hui porte uniquement sur les coups mortels. Pour condamner Cécile Bourgeon, il faut que deux conditions soient réunies, deux certitudes : Qu’elle a volontairement porté des coups à Fiona et que ce soit ces coups qui ont entraîné la mort de Fiona.

Moi je n'ai pas compris votre démonstration sur la co-action, Monsieur l'avocat général. Vous n'avez pas UN témoin qui vient vous dire qu'elle a porté des coups sur Fiona. Seulement les déclarations de Berkane Makhlouf. Pas une seule personne n'a assuré que Cécile Bourgeon portait des coups à Fiona. Mais ça ne suffit pas ! Il faut une 2ème certitude ! Celle que ces coups aient provoqué la mort de la petite ! Ce n'est pas assez ! Le procès est d'une simplicité biblique. L'expert nous dit il n'est pas possible de dire de quoi elle est morte, Fiona. On n'a pas retrouvé le cadavre ! 
Pourquoi Cécile Bourgeon est mise en examen ? Parce que le public la réclamait.
Ce n'est pas un miracle de faire acquitter un innocent ! Il n'y a que les grands avocats qui font acquitter les coupables. Je ne suis pas un grand avocat. Je sais que ma cliente ne vous apparaît pas très sympathique. Mais vous l'acquitterez des coups mortels et vous la condamnerez pour avoir menti à la France entière.
(il se tourne vers Cécile Bourgeon) : Ah vous ne regardez pas... Moi je crois qu'à la fin, vous avez fini par croire à votre propre mensonge.
(il se tourne vers les jurés) : Vous avez le recul pour juger de ce dossier que le public n'a pas.

Je crois que Fiona n'était pas dans une situation de maltraitance. 
On condamne quand on a des preuves. Quand on n’en a pas, on en tire les conséquences et on acquitte. Il faut qu'il y ait un après affaire Fiona. Envisager l'avenir n'est pas indécent dans une affaire comme celle-là.

Me Renaud Portejoie se lève 
Mesdames et messieurs les jurés, soyez assurés d'une chose : ils vont hurler demain, leur haine après votre décision. Contre vous. Leur haine contre Cécile Bourgeon. Que la justice n'est que mépris pour Fiona. Ils ne vivent qu'à travers cette justice cathartique. Ils vont hurler contre Cécile Bourgeon qui cristallise toutes les colères. Contre nous qui avons l’indécence de nous lever aux intérêts de Cécile. Ils vont nous expliquer que la justice n’est que mépris pour Fiona, sa mémoire. Que l’institution judiciaire n’est pas capable de prendre en compte les souffrances des uns et des autres. Et ils passeront à une autre affaire. Et puis ils vont oublier. Ils vont oublier Fiona. Mais vous, vous n'allez pas oublier. Vous, vous n’oublierez pas cette affaire, vous n’oublierez pas Fiona, vous n’oublierez pas Cécile Bourgeon.

Soyons raisonnables. Soyons mesurés. Ne remplissons pas les vides avec de la colère. Ne remplissons pas les vides avec votre subjectivité. Mettez vous à la place de Cécile Bourgeon. Sans pitié. Elle ne mérite pas votre pitié. Mais elle mérite que vous preniez le temps nécessaire d’analyser les choses. Cécile Bourgeon est une mauvaise mère qui n’appelle pas les secours. Mais ce n’est pas une meurtrière. Car il n’y a rien dans le dossier. Et les agitations des parties civiles le démontrent.
Disons les choses. On n’a pas retrouvé Fiona. Si on ne l’a pas retrouvé, c’est encore pire ! Et que donc il faut condamner ! Vous vous rendez compte ce qu’on essaye de vous faire dire ! 

Sur le lieu de l'enterrement. Les experts psy disent que c'est possible q'ils aient oublié là où est le corps. C est une confusion spatio-temporelle !
Et on vous demande d'oublier tous ces brillants experts. Et de ne garder que ce qui vous rassure. Mais non !
Vous ne pourrez pas condamner Cécile Bourgeon en vous emparant du mensonge, en vous emparant du fait qu'elle ne sait plus où elle a enterré Fiona. Parce que les experts ne sont pas en mesure d’écarter cette thèse. Vous devez analyser les éléments que vous avez en votre possession. Mais rappelez vous, s'il n'y a pas d'aveu en septembre 2013, cela veut dire qu'il n'y a pas de présentation à un juge ! 
Elle avoue qu’elle a menti, elle avoue qu’elle l’a enterrée et elle avoue qu’elle ne se souvient pas du lieu. Et pourtant le 26 septembre 2013, le juge décide de ne pas la mettre en examen pour violences parce qu’il n’y a rien sur les violences !
Est-ce que vous pouvez condamner Cécile Bourgeon parce que la France entière la déteste? Est-ce que vous allez la condamner sur la seule base d’accusations tardives et réactionnaires de Berkane Makhlouf ? Bien sûr. Bien sûr.
Berkane Maklouf ment tout le temps et il faudrait le croire quand il accuse Cécile Bourgeon. Et il faut écarter les coups mortels ? Vous, les jurés, vous êtes pris en otages! Cécile Bourgeon doit être jugée sur la seule base de ce qu'elle a fait. 
Vous vous rendez compte de ce que ce dossier fait de vous : des otages de l’émotion ! DES OTAGES DE L'EMOTION !
Elle ne mérite rien. Elle ne mérite rien. Simplement d’être jugée pour ce qu’elle a fait. Sur des éléments concrets. 
Le médecin légiste privilégie 3 hypothèses. 3 ! Dans ce dossier, le parcours du combattant pour envisager une culpabilité est donc inouï !
Il faut garder à l'esprit que cette femme a toujours clamé son innocence. Elle n’a jamais admis avoir commis la moindre violence. Il n'y a pas un témoin qui dit qu'elle a eu un comportement particulier.
Même Nicolas Chafoulais indique qu'il ne l'a jamais vue être violente avec les petites alors qu'elle était camée.
Peut-être auriez-vous voulu au début de ce procès condamner Cécile Bourgeon parce que vous aviez entendu parler de cette affaire. Mais vous ne pourrez pas. 

La coaction ? Il faut que vous ayez la démonstration qu’elle a mis des coups. Et il faut que vous ayez la certitude que ces coups ont entraîné la mort. Vous n’en savez rien ! 
Vous ferez ce que vous voulez parce que c’est le royaume de l’intime conviction. Mais le doute doit profiter à l’accusé. L’intime conviction, ce n’est pas les réseaux sociaux. L’intime conviction, c’est les jurés du Puy-de-Dôme. Comment pourriez vous condamner ? Alors que la partie civile vous a soumis un nouveau scénario il y a 3 jours ? Vous vous rendez compte de ce que les parties civiles sont capables de vous livrer quatre ans après et au troisième procès.
Ce n’est pas une mascarade. Je vous rappelle que pour ces deux-là, c’est 30 ans de réclusion criminelle. Ce n’est pas une blague, hein… 
Vous n’existez qu’à travers votre serment qui vous engage. Parce que vous êtes aujourd’hui la justice, parce que vous rendez la justice, vous vous devez d'être catégoriques dans vos jugements.
Je vous invite à ne pas céder à la colère, à la tristesse. Vous n’êtes pas là pour combler les vides. Vous allez résister. Parce qu’il faut résister à ce qui bruisse dans cette salle d’audience, à ceux qui hurlent à l’extérieur. Vous n’avez pas le droit de les condamner parce que vous les détestez. Et vous direz la justice. 
.

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Re: Justice

Message par chapati le Sam 10 Fév - 20:28

Me Mohamed Khanifar, avocat de Berkane Makhlouf

Me Khanifar évoque la trahison de l'opinion publique avec le mensonge. Il évoque les difficultés du dossier. Les personnalités complexes des accusés, le milieu tox, qui peuvent donner une lecture très particulière des faits et des responsabilités. 
"Monsieur l'avocat général il y a des choses qui vous sont passées au-dessus de la tête. Je ne suis pas sûr de la culpabilité moi. Il y a des éléments de doute. On peut se poser la question de la culpabilité. Il aurait été de bon ton de souligner certaines choses.
Je ne vous en fais pas un saint. La violence qui est en lui, l’impulsivité qui est en lui... On n’oublie pas un peu, je ne sais pas moi : Berkane Makhlouf et les enfants, Berkane Makhlouf et Fiona. 
Elle, Elle ment. Non, ELLE NE MENT PAS ! ELLE EST LA MANIPULATION ! 
Dans votre raisonnement, Monsieur l'avocat général, il y a peut-être encore de l'émotion. Je ne vous (les jurés) demande pas de dire du bien de Berkane Makhlouf. Mais juste de juger sur les preuves. 
(khanifar hurle et surjoue)
(aux jurés) : L'intime conviction basée sur les seules accusations de Cécile Bourgeon? Comment pouvez-vous me convaincre de mettre cet homme dans les abîmes du monde judiciaire. Ne condamnez pas cet homme sans preuve ! Ne faites pas ça...     

(Me Khanifar en termine là... il semble qu’il ait encore une fois donné son maximum)


Les jurés délibèrent...


PS : en ce moment, une émission spéciale sur LCI

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Re: Justice

Message par chapati le Dim 11 Fév - 1:09

Vingt ans pour Cécile Bourgeon, la même peine que Makhlouf, c’était plié !

...

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Re: Justice

Message par chapati le Dim 11 Fév - 11:29

Le verdict du procès Fiona laisse le même sale goût dans la bouche que le procès lui-même. On voulait la peau de Cécile Bourgeon, on l’a eu. Le même sale goût en appel que celui qu’on avait eu au premier procès. Là on n’avait pas pu ne pas se demander pourquoi lui avait pris le maximum et elle si peu... et la suspicion ne pouvait pas ne pas effleurer l’esprit en pensant à ses origines à lui. Justice populaire. Pourquoi en effet une telle différence de traitement quand l’un et l’autre finalement étaient ensemble tout le long de cette sordide histoire, jusqu’à chacun dans leur coin plaider la même chose : l’irresponsabilité commune... et malgré tout la culpabilité de l’autre (quant à des coups portés sur la petite fille) ! On s’est donc accordé une deuxième chance, après le grattage le tirage ; c’est ça qui est pratique avec les jurés populaires (mais dans un autre sens, comment faire autrement, mieux ?). Du coup, le paquet a été mis sur la femme, puisqu’à l’homme on avait déjà réglé son compte.

Moi j’aurais souhaité (dès le premier procès) un verdict équivalent, mais moins sévère que les vingt ans pris par Berkhane Makhlouf. Mais je suis pas juré ni juge populaire. Les deux ont j’imagine finalement pris le maximum, dans la mesure où on n’a depuis le début pas la moindre bribe de preuve de quoi que ce soit, si ce n’est d’avoir été mené en bateau. Vingt ans donc. Le tout est d’espérer que ce ne soit pas juste pour la mise en scène du soi-disant "enlèvement" de Fiona. Vingt ans. Pourquoi pas me direz-vous, s’il faut vraiment se faire une intime conviction : l’histoire laissait certes peu de place au doute. Sauf que le doute est supposé bénéficier aux accusés. Tel est le sens de la présomption d’innocence. Alors disons que « sans doute » que les choses se sont passées ainsi et n’en parlons plus. Il n’empêche.

Il n’empêche qu’on ne peut que s’interroger sur les moyens qu’a déployé l’accusation, parties civiles comme avocat général. Moi je veux bien qu’on pose une accusation et une défense, histoire de faire jouer au mieux une certaine équité. Mais en quoi cela autorise-t-il à plaider ce qui a été plaidé ? En quoi l’accusation a-t-elle à affirmer ainsi, sans nul doute possible, que Fiona était "une enfant maltraitée" ? Maltraitée, elle le fut peut-être ou sans doute la dernière semaine de sa vie. Pour le reste, on n’en sait strictement rien, et aucun témoignage ne le corrobore et encore moins le prouve. Mais ça n’a gêné ni les parties civiles ni l’avocat général qui nous ont présenté ça comme une évidence. L’un d’entre eux (Me Fribourg), outre affirmer que Makhlouf serait un violeur (je sais pas où il a été cherché ça, en espérant qu’il a quand même suivi l’affaire et pas mélangé avec le viol de Bourgeon), a même été jusqu’à chercher, en guise de caution, "l’impression" ressentie par un psy... eût-il été nécessaire d’en arriver là si les choses avaient été clairement établies ?

Deuxième point insupportable, faute de preuve, tous les moyens ont été utilisés pour que l’accusation arrive à ses fins. Faut-il en arriver à ces extrémités pour convaincre les jurés d’aller dans son sens, les malheureux jurés qui devaient déjà en avoir leur dose de ce spectacle affligeant que fut ce procès ?
A un moment en particulier, une partie civile (Me Canis) suggère clairement que Fiona aurait pu être enterrée vivante. Enterrée vivante ! Quoi, histoire de faire bon poids, d’enfoncer le clou ? Le type avait pourtant paru commencer dignement, faisant valoir que le doute devait profiter aux accusés... tout ça pour finalement sortir ça ? (à propos de doute). Après avoir ainsi glacé les jurés, l’avocat accola à l’état d’effroi où il les avait plongé la mise en scène et les mensonges des accusés dont il parla de façon interminable. Il profita de l'état de choc qu’il avait lui-même provoqué, comme si la suite des opérations ne pouvait qu’être le prolongement naturel de l’horreur évoquée, intégrant ainsi la mise en scène de la disparition sur un même plan d’abjection psychique. Quant à sa conclusion, elle est juste irrationnelle : on nous dit que si l’on est capable de maquiller les bleus d’une petite fille, c’est qu’on est capable de cogner sans retenue sur elle ! Quel rapport ? C’est insupportable de n’importe quoi ! Et le type de pousser l'incohérence jusqu’à dire que le maquillage, ça aurait été « pour qu’ils puissent continuer à cogner » !!! Mais ça ne lui est donc pas venu à l´esprit que le plus simple eût alors été de ne pas envoyer la fillette à l’école ?... et que DONC la maquiller ne pouvait que participer d’une tout autre logique ! C’est effarant de proposer aux jurés de telles inepties !
Est-ce ainsi qu’on doit rendre la justice ?
Une autre (Me Grimaud) croit bon d’endosser le masque et la parole enfantine d’une petite fille martyr pour faire pleurer le juré. La même qui avait laissé planer l’idée, lors du procès, que peut-être que le couple emmenait Fiona de temps en temps se faire violer par le dealer du coin. Charmants procédés, décidément !

Est-ce cela la justice ? Où est-il question dans ces méthodes de dignité, d’âme et de conscience ?
Tout ça est juste écoeurant, à vous dégoûter d’associer à cette mascarade le terme de justice !

L’avocat général quant à lui, reprend un peu les mêmes choses que les parties civiles. Sur les mensonges quant à la disparition de Fiona, il faut noter qu’il en parle comme si les accusés avaient voulu s’adresser à l’opinion publique, ce qui est absurde : encore une fois il est facile d’imaginer que pour leur sécurité, ils auraient préféré que le dossier pourrisse en haut d’une armoire du commissariat local. C’est bien évidemment dans cet état d’esprit qu’ils n’ont pu que concevoir le scénario de la disparition de Fiona !


Pour ce qui est de Berkhane Makhlouf, on en avait donc fini avec lui lors du premier procès, et les efforts destinés à faire comprendre (avec raison sans doute) que Cécile Bourgeon fut forcément aussi responsable que lui n’ont en rien décidé quiconque à revoir ce qui avait été décidé en première instance, pour mémoire comme quoi c’est lui qui aurait porté les coups entraînant la mort de la fillette. J’emploie le conditionnel puisque là encore, n’oublions pas qu’on n’a pas la moindre preuve de quoi que ce soit dans cette affaire... et je ne parle pas des témoignages qui au contraire l’ont décrit comme violent certes, mais a priori jamais avec les enfants ! Oublié donc Berkhane, passé par pertes et profit. Junkie et dealer, outre ce que j’ai – c’est vrai peut-être un peu à la légère – pu suggérer plus haut. La messe est dite ! Son avocat avait été inexistant dans le premier procès, la lecture de sa deuxième plaidoirie suffit à nous convaincre qu’il n’a pas fait beaucoup de progrès depuis. Un bon point néanmoins pour lui, il a dans sa plaidoirie essayé d’expliquer qu’un junkie ne pouvait pas réagir comme n’importe qui, que ça pouvait expliquer certains comportements. Mais je crois que ça n'a intéressé personne, que les gens ont préféré ne voir que deux « sales drogués ».

Quant à la famille Portejoie, avocats de Cécile, elle a plaidé qu’en cas de doute, il fallait s’abstenir de condamner, bravo et merci. Outre un texte décousu et bâclé, elle aurait évidemment du faire sa plaidoirie en fonction des excès bien prévisibles de celles d’une accusation déchaînée tout le long du procès.

Bref, la petite a-t-elle servie de punching-ball comme l’a prétendue celle qui un temps se croyait hors de portée d’être elle-même accusée de violence sur Fiona ; ou bien est-il question d’un pétage de plomb occasionnel qui alors ne saurait valoir une telle haine ? On n’en saura jamais rien. On ne saura jamais rien non plus de ce qu’il s’est passé cette maudite semaine, et basta ! Les jeux étaient faits de toutes façons, et rien semble-t-il ne pouvait amener à un autre verdict que celui-ci.

Cécile et Berkhane devraient faire dix ans environ, en cas de bonne conduite. Je sais pas quoi en dire. Peut-être que c’est vaguement juste, s’il faut se prononcer, peut-être pas. Comprenez bien que mon but n’est pas de les défendre, ma conviction à moi ne plaide pas l´innocence, mais garde intimement le doute à l’esprit. En dernière analyse, je sais pas. Je veux juste relater les incohérences pour moi choquantes de ce procès. Dire que le doute ne leur aura pas bénéficié, et ce pour la raison que pour l’un comme pour l’autre, leurs avocats n’étaient pas à la hauteur de la haine déployée en face.

Justice est faite ?

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Re: Justice

Message par chapati le Mar 13 Fév - 16:59

En premier appel : compte-rendu de témoignage d’une ex de BM, en couple avec lui entre 2007 et 2010


- Au début, ça se passait bien. Les premiers mois il était gentil. Et puis je l'ai quitté parce qu'il devenait violent.
Le président :   « Voilà, c'est une page 4 de roman de gare... Pourquoi violent ? »
- Parce qu'il était très jaloux.
- La vie quotidienne avec lui, c'était comment ? Que faisait-il de ses journées ?
- Rien. Il avait des problèmes avec la drogue et il trafiquait. 
- Il consommait quoi ? 
- Du shit, de l'héroïne, de la cocaïne.
- Vous consommiez ? 
- Oui, un peu. Il était violent quand il était en manque.
- Vous aviez peur de lui ? 
- Oui, j'avais peur qu'il me fasse du mal.
- La fin de votre relation ?
- A la fin il cassait tout, il était paranoïaque, sûr que je le trompais.
 - Vous avez déménagé
- Oui. On est parti à Clermont. 
- Il vous a dit : "ma ptite chérie tu viens à Clermont avec moi ?"
- J'étais d'accord.
- Vous aviez peur si vous disiez non ? 
- Non, j'étais amoureuse. Et puis il avait peur qu'on l'arrête à cause des trafics. Et puis après, à Clermont, il cassait tout. Il m'enfermait, il me donnait des claques, des coups de poing, des coups de pied. Il était tout le temps violent mais pas tout le temps contre moi.
Le président s'étonne de "l'amour" porté. Le témoin raconte alors qu'un jour elle s'est enfuie. BM l'a rattrapée dans la rue, l'a fait tomber et l'a traînée par les cheveux jusqu'à l'appartement. Pour pouvoir s'enfuir, elle raconte qu'elle a un entretien d'embauche et elle en profite pour retourner à Nevers. BM va la harceler. Elle porte plainte en mars 2009... et finalement se remet avec lui : « J'étais plus amoureuse, j'avais peur ».
- Il était violent avec d'autres personnes ?
- Non. Menaçant mais pas violent.
 (elle finira par être débarrassée de BM parce qu'il est incarcéré quelques temps plus tard)
Le président : « Est-ce que BM vous a demandé de vous convertir à l'islam ? » 
- Non mais il ne voulait pas que je mange du porc et il faisait des remarques sur mes tenues. 
Elle poursuit : « je savais qu'il était trop dans la drogue, il ne changerait jamais. Il voulait changer mais... Je savais que j'arriverais pas à le changer. Il était possessif et violent, mais il était drôle aussi, il était gentil, et puis adorable avec les enfants, il jouait avec eux. C'est ce qui m'avait plu chez lui » (elle est presque en pleurs)
- Vous vouliez des enfants avec lui ?
- Oui, mais pas tout de suite. Je trouvais qu'il ferait un papa super ! Son frère avait des enfants et on les voyait souvent, avec mes petites soeurs il était adorable aussi. (elle pleure)
- Votre réaction quand vous avez appris ce qui amène BM ici aujourd'hui ? 
- J'ai été très très surprise. Il était violent avec les adultes. Mais j'ai du mal à croire qu'il ait pu être violent avec les enfants. Pour moi, il était irréprochable avec les enfants. 
Le président fait de petits mmh et ponctue de petits mots inintelligibles. On suppose qu'il critique ou ironise sur les déclarations du témoin parce que Me Khanifar (avocat de Berkhane Makhlouf) intervient : « Monsieur le président vous menez une instruction à charge. Je suis très inquiet pour la suite des débats ».
Le président au témoin : « BM aurait pu frapper un enfant ? » 
- J'ai beaucoup de mal à y croire. 
- Oui bon, dans tous les dossiers, on voit ce genre de petite phrase : « j'aurais jamais cru etc... », ça n'empêche pas la justice de passer.
Me Khanifar : « Monsieur le président ! Vous l'avez déjà condamné, judiciairement vous l'avez tué ! Vous avez réussi l'exploit d'interroger le témoin sans jamais la questionner sur le rapport de B Makhlouf aux enfants ! Alors que c'est tout le débat qui nous occupe ici ! »
Ça se met à brailler de partout...
Question de l'avocat général au témoin : « Est ce qu'une femme qui revient vers un homme violent se respecte ? »
etc...




Makhlouf a été condamné en première instance sur les seules déclarations de Cécile Bourgeon quant à ses coups présumés vis-à-vis de Fiona. Or le 23 novembre 2016 (soit l’avant-veille des plaidoiries de ce premier procès), Cécile Bourgeon a craqué : elle est revenue sur ses déclarations en disant qu’elle avait menti et que Berkhane n’avait pas frappé la petite la veille de sa mort !
Personne n’en a eu cure : il a pris vingt ans pour coups ayant entraîné la mort (et elle cinq).

Et c’est ainsi qu’en appel, un président par définition supposé impartial interroge un témoin sous serment (témoin que l´AG remet lui aussi clairement en question de facon parfaitement aléatoire). Témoin qui n’hésite pas à affirmer que Makhlouf était effectivement très violent... mais jamais avec les enfants (et même adorable avec eux). Chacun appréciera...

Acculée par le président, Cécile Bourgeon s'était énervée. Avant de lâcher que Berkane Makhlouf n'avait pas frappé la fillette la veille du drame comme elle l'avait déclaré auparavant.
http://www.leprogres.fr/faits-divers/2016/11/24/proces-fiona-incident-d-audience-apres-de-nouvelles-revelations
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