Justice

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Re: Justice

Message par chapati le Mer 31 Oct - 17:18

Justice au Pakistan

Asia Bibi innocentée par la Cour Suprême de Justice du Pakistan, en appel de son procès pour blasphème. Elle doit être mise en liberté ces prochains jours.

Very Happy  Very Happy  Very Happy





Respect absolu pour ces juges qui, malgré les menaces de mort des intégristes religieux (qui en ont déjà exécuté quelques uns), ont osé rendre un tel verdict.

https://www.nouvelobs.com/monde/20181031.OBS4736/condamnee-a-mort-pour-blaspheme-au-pakistan-la-chretienne-asia-bibi-a-ete-acquittee.html

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Re: Justice

Message par chapati le Sam 3 Nov - 15:17

Asia Bibi, c’est pas encore gagné, hélas...

Les manifestants islamistes qui paralysaient le Pakistan depuis trois jours pour protester contre l’acquittement de la chrétienne Asia Bibi ont annoncé vendredi soir la levée du blocus après un accord avec le gouvernement. L’accord prévoit notamment que le gouvernement ne s’oppose pas au dépôt d’une requête en révision du jugement de la Cour suprême au sujet d’Asia Bibi et qu’il initiera une procédure visant à inscrire son nom sur une liste de personnes empêchées de quitter le territoire.
Selon l’avocat d’Asia Bibi, elle «est toujours en prison» et ne peut quitter le pays avant l’examen de la requête. Son séjour en prison pourrait s’en trouver prolongé d’autant.



Devant ce nouveau scandale machiste, et n’écoutant que son courage, celui-là même propre au mouvement metoo (qui comme chacun sait brave l’équilibre des pouvoirs de la planète en osant dénoncer les cochons), Caroline de Haas, telle la Jeanne d’Arc des temps modernes, s'apprêterait à s’envoler pour Islamabad afin de dire d’homme à homme à ces types sa façon de penser, et bouter ainsi le machisme hors du Pakistan.


Une de ces deux informations est un fake, saurez-vous retrouver laquelle ?

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Re: Justice

Message par chapati le Lun 5 Nov - 19:42

Une mobilisation se crée en France pour sauver Asia Bibi et sa famille des griffes des extrémistes religieux pakistanais. Le papier de Sara Daniel, journaliste à l'Obs, et celui de Laurent Joffrin, sont presque mot pour mot identiques. Anne Hidalgo intervient aussi, pour faire savoir qu'en tant que citoyenne d'honneur de Paris, Asia est bienvenue en France, et sera aidée. Son mari, de son côté, cherche plutôt du côté des Etats-Unis ou de l'Angleterre, ses filles parlant l'anglais. L'avocat d'Asia, quant à lui, a fui le Pakistan pour sa sécurité, expliquant malgré tout qu'il ne lâche pas l'affaire, et la défendra encore s'il le faut.

Les islamistes, chauffés à blanc, ont vraisemblablement deux choses en tête : la première, c'est que plus les puissances étrangères (à leurs yeux les "mécréants") proposent d'aider Asia, plus ça les rend dingues. L'intervention de l'Occident est sans doute pour une grande part la cause de leur acharnement, dans la mesure où la loi pour blasphème, votée au Pakistan en 1995, a certes condamné à mort un certain nombre d'individus, mais n'en aurait exécuté aucun. Pourquoi s'acharner à ce point sur elle sinon ?
Mais il y a autre chose, c'est qu'Asia a tout pour catalyser la fureur des barbus. Non seulement elle est femme donc, mais aussi chrétienne (on l'a dit), mais surtout elle vivait en concubinage avec celui qu'elle appelle "son mari" et qu'en fait elle n'a jamais épousé... et donc avec la femme "officielle" de celui-ci, dont on nous dit d'une part qu'elle aurait refusé de divorcer, et d'autre part qu'elle supportait mal la situation (au point que certains l'accusent de complicité dans la dénonciation d'Asia). Autant dire qu'aux yeux des intégristes, ça doit situer Asia quelque part entre prostituée et voleuse de mari...

Au point où en sont les choses, on voit mal comment une fois libérée, elle et sa famille pourraient vivre en sécurité dans son pays. Trop de gens semblent avoir fait une affaire personnelle de cette histoire. Mais que faire d'autre, en dehors d'entamer effectivement un rapport de force avec le gouvernement pakistanais pour sa libération ?
Sauf qu'alors, aux yeux des intégristes (et ils ne manqueront pas de le faire savoir), le gouvernement pakistanais aura alors comme à choisir entre faire comme dit l'Occident ou faire comme dit la religion qu'ils prétendent incarner, ce qui semble juste ingérable. Certains ont même déclaré qu'extrader Bibi équivaudrait à leur faire une déclaration de guerre !

Elle est pas encore sortie, Asia...


https://www.nouvelobs.com/edito/20181105.OBS4922/pakistan-il-faut-sauver-asia-bibi-et-sa-famille.html

https://www.liberation.fr/politiques/2018/11/05/asia-bibi-martyr-de-la-charia_1689990

https://www.nouvelobs.com/politique/20181105.AFP8404/hidalgo-prete-a-accueillir-asia-bibi-a-paris-exhorte-la-france-a-intervenir.html

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Re: Justice

Message par chapati le Jeu 8 Nov - 0:25

Asia Bibi a été libérée, a annoncé son avocat Saif ul-Mulook. D’après un responsable de l’aviation civile à Multan (lieu où elle était incarcérée), un petit avion a atterri dans la soirée avec "quelques étrangers et quelques Pakistanais" à son bord. On ne sait pas où elle va atterrir.




Loin s'il-vous-plaît, loin...

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Re: Justice

Message par chapati le Sam 10 Nov - 4:14

Viol conjugal : le procès d’un fléau domestique

(https://www.liberation.fr/france/2018/11/05/viol-conjugal-le-proces-d-un-fleau-domestique_1690089)

Condamné en première instance à douze ans de réclusion pour les viols de trois anciennes compagnes, Luis D. comparaît ce mardi devant la cour d’appel de Versailles. Trois femmes ont trouvé le courage de dénoncer en justice les viols qu’elles auraient subis de la part d’un seul et même homme. Lui conteste les faits. Il devra s’en expliquer devant la cour d’appel de Versailles, où il comparaît pour viols conjugaux.

Je m'interroge sur le mot "courage". Les néo-féministes l'emploient sans cesse sans le commenter. Pourquoi "courage" ? Par peur de représailles ? Dans ce cas, admettons... Sinon quoi ? De quel courage est-il question ? Serait-ce celui de risquer de renoncer à sa vie (de couple, de famille) pour se retrouver seule (voire avec des enfants à charge) ? Si tel est le cas, ça pose une drôle de question : celle de l'existence d'un choix (et j'entends déjà les néo-féministes hurler que je prônerais que des femmes choisissent de se faire violer, mon dieu mais quel monde !). Bref, il y a bien un choix : partir ou rester, et je dis surtout pas que ce soit facile ! Juste que si l'on parle de "courage", il faut mettre à côté l'idée de "choix" et l'assumer ! (ce qu'évitent comme toujours consciencieusement les néo-féministes)

A propos de choix, je me demande pourquoi elles se focalisent-elles sur le viol conjugal et ne mettent pas plus que ça en avant la violence au sein du couple ? Pourquoi, au sein d'un couple donc (et que ce soit clair, seulement dans ce cas-là), donner plus d'importance au fait de "forcer" sa femme qu'à celui de lui cogner dessus, de la tabasser ? Les néos nous parlent de traumatisme du viol. Ça semble évident. Sauf que : de quel viol on parle ? Et c'est là qu'elles déconnent complètement. Parce que s'il est un environnement où le "viol" a une chance d'être moins traumatisant qu'un tabassage en règle, c'est justement au sein du couple ! (on entend sans cesse des témoignages qui racontent qu'avant de faire appel à des associations féministes, nombre de femmes n'avaient pas même à l'idée qu'elles se faisaient violer. Par contre qu'elles se fassent cogner, ça elles étaient au courant !).

Et pourquoi ne l'entend-on pas ? Parce qu'elles veulent imposer une définition du viol proprement inaudible, sans être capable de réfléchir sérieusement à quoi que ce soit, comme quoi tout acte sexuel devrait être considéré comme viol dès lors qu'il n'y a pas consentement. Le consentement, c'est leur leitmotiv. Bien sûr qu'il y a quelque chose qu'on ne peut que comprendre là-dedans ; bien sûr que dans la vie dont tout-un-chacun rêve (enfin peut-être), on n'est pas censé associer une sorte d'acte où il est peut-être question d'amour à des genres de saloperies qu'on voit aux assises. Bien sûr qu'on comprend que ça soit compliqué pour une femme d'avoir à acquérir une sorte de réflexe de méfiance, à chaque rencontre, envers celui qui semble a priori si charmant. Bien sûr que le consentement est "la moindre des choses".

Sauf que l'évidence de cette revendication n'a pas à passer par un mot d'ordre qu'il faudrait appliquer à tout et n'importe quoi. Or c'est ce qu'il se passe. Pour reprendre une anecdote qui a fait récemment du bruit (citée plus loin dans l'article), comme quoi faire l'amour à sa femme pendant qu'elle dort serait un viol, on voit bien que ce qu'elles veulent, les néos, c'est définir le viol sur le seul critère du consentement. Et là ça va pas. Et c'est là qu'il faudrait sortir du monde rêvé des ados pour se confronter au réel : c'est qu'avant la question du consentement, il y a celle des rapports de forces, que nombre d'hommes n'hésitent paraît-il pas à faire valoir (les causes viennent avant les effets).

Or c'est ainsi que l'ensemble de l'humanité a toujours pensé le viol, comme un acte d'une très grande violence perpétré dans l'unique but d'avoir un rapport sexuel. Aussi un rapport avec sa propre femme quand elle dort, si c'est pour le moins indélicat, quel rapport avec un viol ? A part le non-consentement, aucun. Et c'est là que ça coince, que les néo-féministes mélangent tout. D'ailleurs dans les débats, elles commencent toujours en prônant leur leitmotiv sur le consentement, et ce n'est quand elles arrivent à bout d'argument qu'elles sont bien obligées de faire valoir toute la violence qui va avec le viol. Bref, il n'y a pas de viol sans violence. Et le crétin dans son lit qui a cru bon de profiter du sommeil de sa femme, c'est pas un violeur !

Un viol oui, c'est une violence extrême. Et dans toutes le monde entier, tout le monde sait très bien de quoi il est question, l'horreur que ça représente. Alors au lieu de plaquer le mot sur n'importe quoi, ne vaudrait-il pas mieux mettre l'accent d'abord sur les violences faites aux femmes ? Lancer des mots d'ordres contre ça, contre les coups ? Que les femmes oui, osent. Aient ce courage, oui ce courage. Aillent dénoncer. Que les types soient punis, condamnés, fassent un stage en prison... mais pour leur façon de cogner et cela d'abord ! Des peines au début légères mais bien réelles, actées. Puis en cas de récidive, graduées, démultipliées. Je sais, ça existe. Mais si le problème est numériquement tel qu'on nous le dit, alors que les plaintes se démocratisent, se généralisent. Lancez plutôt ce genre de mots d'ordre, mesdames, qu'on ait une chance d'empêcher que cette violence ne s'installe, se transforme en habitude, voire finisse dans l'horreur. C'est peut-être seulement si les plaintes se généralisaient que les cogneurs auront une chance de s'interroger sérieusement sur leurs actes. Enfin je sais pas, ça vaut le coup d'essayer au moins, et c'est toujours mieux que le blabla de metoo et consort.

Quant au viol proprement dit, il faudrait en parler sereinement, donc sans néo-féministes. Qu'on arrête d'appeler n'importe quoi un "viol" : un viol, c'est pas n'importe quoi qui outrepasse un consentement !


Voyons la suite de l'article :
Ce procès met en lumière un crime encore trop souvent banalisé. En atteste le récent «sondage» publié sur Twitter : «Charlotte ne supporte pas que son mec lui fasse l’amour la nuit quand elle dort. Vous trouvez cela normal ?» Sur 583 répondants, 51 % ont estimé qu’il était anormal qu'elle s’insurge d’un tel comportement, pourtant puni par la loi. Dans la foulée, des chroniqueurs de l’émission Touche pas à mon poste, diffusée sur C8 et présentée par Cyril Hanouna, ont livré des analyses douteuses sur le sujet. "Employer le mot "viol" pour ça, c’est une honte pour les gens qui sont violés. […] On sait vraiment ce que c’est que le viol. […] C’est pas un viol en l’attachant, en la contraignant", a notamment déclaré Matthieu Delormeau, suscitant une vague de protestations, y compris de la part de Marlène Schiappa. Il semble donc toujours bon de rappeler ce qu’est vraiment le viol, tel que défini par l’article 222-23 du code pénal : «Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise.» Peine encourue : quinze ans de prison, qui peuvent passer à vingt ans en cas de circonstances aggravantes. Et le fait d’être en couple en est une, depuis 2006.

"C'est pas un viol en l'attachant". Et voilà. Là est le problème. Et en retour il faut à chaque fois se taper les termes de la loi, et les néo-féministes qui jouent avec dans le seul but de faire taire l'autre, faire taire tout ce qui contrarie leur discours... tout ce qui pourrait en fait amener à une réflexion intelligente.

La loi définit donc le viol selon les termes cités plus haut. Ok. Sauf que :

Sauf que ladite définition est faite pour la justice et rien que pour elle, c'est ça qu'il faut comprendre. Ladite définition c'est un cadre, un cadre juridique et rien d'autre, un cadre posé pour permettre de juger de faits, et pas du tout pour définir ou redéfinir quoi que ce soit, et en particulier ce que personne n'ignore.

"Dans le cadre du viol (ou de l'agression sexuelle), untel a fait ceci ou cela", etc. C'est comme ça que ça marche. Et à partir de là, les mots employés dans ladite définition (violence, contrainte, menace, surprise) ne servent pas tant à définir la réalité de ce que serait un viol qu'à aider à conduire des débats : il s'agit de démontrer si, à partir de l'un ou l'autre de ces termes, il est bien question de viol, s'il y a eu viol ou pas. C'est fait pour ça et pour rien d'autre, ces mots-là : un viol "par surprise", par exemple, je vois pas que ça fasse le moindre sens dans la réalité des faits. Un viol par surprise, c'est pas : "tiens elle se baisse pour prendre du lait dans le frigo, je vais la surprendre". Je crois pas ! La notion de surprise est (à mon sens) évoquée pour montrer que la plaignante était parfaitement innocente de ce qui allait ou pouvait suivre, et donc évaluer le poids qu'on peut donner à la plainte : par exemple dans l'affaire Ramadan, Christelle ne peut invoquer la surprise quant à une éventuelle violence sexuelle de Ramadan puisqu'ils en ont parlé ensemble avant.  

Donc, c'est pas le langage juridique qui définit les choses ou les mots : les mots, ils ont une histoire, un usage, un poids plus ou moins commun. Et c'est pas en les détournant de ce qu'ils ont toujours signifié ou en les supprimant qu'on fera avancer les mentalités : j'ai pas connaissance par exemple que la disparition du mot "race" du dictionnaire ait mis fin au racisme !
... et encore : il est évident qu'un ado qui met un doigt à sa copine attitrée lors d'une soirée un peu chaude (alors qu'elle fait non de la tête) ne sera jamais condamné à 15 ans de prison ; et pour la bonne et simple raison que les juges, eux, comprennent (sont censés comprendre) les raisons de leur vocabulaire propre (cadre etc). Et pourtant, les faits rentrent parfaitement dans la définition juridique du viol !

Bref se payer de mots et manipuler les esprits avec ça, ça va cinq minutes. On peut peut-être éduquer les mômes avec ce genre de définition, mais on peut pas l'imposer en tant que fait. On ne peut pas dire que, désormais, le viol ça sera autre chose que ce que ça a toujours été, sous prétexte de je-ne-sais quelle prise de conscience moderne, progressiste et tout le toutim. Tout ça c'est des amalgames, de ce genre d'amalgames dont les néos jouent sans cesse. Ça suffit cette entreprise de manipulation des mots et des esprits ! Et pour aboutir à quoi ? A faire comme si se soulager en douce(ur) dans sa femme endormie était plus grave que la rouer de coups. C'est absurde et surtout franchement grave d'en arriver à dire des conneries pareilles !

Et puisque l'idéologie à la mode fait semblant (avec un talent prodigieux, il faut l'admettre) de ne rien comprendre à rien, laissez-moi raconter ce que ça évoque dans le monde entier, un viol. Je veux dire dans les pays où les mots n'ont pas encore pris le dessus sur la réalité des faits.

Un viol, ça commence par une petite en général plutôt appétissante qui s'est laissée aller à danser tout son soûl, en boite de nuit par exemple, exprimant sans vergogne sa sensualité. Un viol c'est trois ou quatre types bourrés qui se sont échauffés tout seuls en la matant toute la soirée, des types qui savent que celle-là, ils l'auront pas, que ces filles-là, c'est jamais pour eux. Alors si elle commet l'erreur de sortir seule, ils la suivent. Et une fois ses cris hors de portée, ils l'attrapent : en même temps, à tour de rôle, jusqu'à plus soif. C'est une proie, c'est leur proie, ils tiennent leur vengeance, il n'y a plus qu'une proie enfin à leur merci. Alors ils la violent, ils la tabassent, ils la démolissent. C'est ça qu'ils font. C'est ça un viol. Et à la fin, quand ils s'aperçoivent que sa tête est bleue, enflée, en sang, déformée, et qu'elle est déchirée de partout, ils ont peur. Peur qu'elle ne les dénonce. Et en général, c'est à ce moment-là qu'ils la tuent. Enfin souvent...

C'est ça un viol, c'est à ce genre d'horreur que ça ressemble, dans les pays où l'on ne se paie pas de mots, dans le monde entier donc (loin des salons parisiens où l'on cause doigts d'ados et culottes de filles).


Je récapitule. Le viol a une définition spécifiquement juridique, faite pour permettre de juger des gens soupçonnés  d'agressions sexuelles, pas pour rentrer dans le Littré. Le viol, tout le monde sait ce que c'est, et les méthodes destinées à ne parler que de consentement (ce qui, ok, n'est pas inutile au niveau pédagogique) n'ont pas à s'appuyer sur cette spécificité, donc proprement juridique, pour amalgamer n'importe quoi sans en plus jamais l'assumer. On pourrait par exemple très bien envisager deux mots distincts : "viol" pour dire le genre d'horreur que je viens de décrire, et par exemple "outrage" pour dire d'autres débordements qui n'ont rien à voir en terme de violence.

Alors bien sûr qu'il y a violence dès qu'on outrepasse le consentement. Ça va de soi, mais c'est pas le problème. L'ado qui a glissé un doigt importun dans la fente de sa copine serait certainement outré que via son acte, on ose parler de lui comme d'un type qui tabasserait des filles !

La différence ? Elle me semble très simple à définir : c'est qu'un type qui viole vraiment une femme, il sait très bien ce qu'il fait ! Il sait très bien la dose de violence qu'il a mis dans son acte, il sait très bien la peur qu'il a vu sur le visage de sa victime. Un viol, dans le monde entier, c'est irrévocablement lié à une violence extrême. Le reste, c'est juste autre chose (un viol sans violence, ça veut rien dire). Alors faire de la pédagogie, expliquer aux mômes que le consentement des femmes doit être respecté, très bien. Mais en faire le leitmotiv à partir duquel on s'accapare la définition, la "réalité" du viol, jusqu'à vouloir l'imposer partout, c'est scandaleux et inacceptable !


Le texte finit avec l'historique des lois relatives au mariage :
1810 Le devoir conjugal est inscrit comme une obligation dans le code pénal napoléonien.
1990 En vertu d’une décision de la Cour de cassation, "la volonté des époux de mettre en commun et de partager tout ce qui a trait à la pudeur n’autorise nullement l’un d’entre eux à imposer à l’autre par violence un acte sexuel s’il n’y consent».
1992 Le viol conjugal fait son entrée dans la loi : la présomption de consentement de l’épouse n’existe que jusqu’à preuve du contraire.
2006 Le fait d’être en couple, marié ou non, devient une circonstance aggravante, passible de vingt ans de prison, contre quinze pour le viol.
2010 La notion de présomption de consentement disparaît des textes de loi.

Quel est l'idiot qui a décrété qu'il n'y a pas présomption de consentement quand on est mari et femme ? Bien sûr qu'il y a présomption de consentement ! Mauvaise définition donc (à propos de définition donc). Présomption oui, mais pas tout le temps ni n'importe quand ou comment, bien sûr. Pas non plus de façon asymétrique.
Le texte de 92 semble donc meilleur que celui de 2010 : le consentement existe jusqu'à preuve du contraire. C'est mieux. Sauf qu'une "preuve" du contraire, c'est délicat à voire impossible à fournir. Et c'est pas à la femme (la victime) non plus d'avoir à prouver (encore une mauvaise définition donc). Là encore, ça va pas : il faut trouver autre chose.

Je m'arrête là. C'était juste pour montrer, démontrer comme les définitions en droit correspondent à des impératifs précis (qui se succèdent et se répondent, se peaufinent) et rien de plus. Les impératifs propres au droit conduisent à donner des définitions qui "fonctionnent" en terme de droit, c'est-à-dire de recherche des faits, de preuves etc, et un point c'est tout. Leur but et leur méthode est tout autre que de montrer à la population ce que c'est qu'un viol !

Sinon, un viol est un viol, point !

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