A boire et à manger

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A boire et à manger

Message par chapati le Lun 26 Fév - 18:39

S’il est une récognition, n’est-ce pas justement dans ce qui ne pose pas problème... et non l’inverse ?!
J'aime bien cette idée, même si je ne sais trop quoi en faire, en dehors du coup de pied aux fesses à Platon, et sa recognition issue du monde "supérieur" des idées.
Ce qui me plaît, c'est un truc avec la gentillesse, aussi. Reconnaître la gentillesse. Ouais, j'aime bien ! Enfin la douceur, la mère, l'enfant en nous, ce que vous voulez. J'aime bien, parce que là, ça devient assez facile de défendre l'idée comme quoi l'intuition voit quelque chose de l'ordre de l'intolérable, l'insupportable. Y'a de l'amour à la base, merde ! Et peut-être c'est ça oui, l'intolérable, qui "force" à penser, sinon même qu'on serait de vrais cons... sauf les intellectuels assis bien sûr ! Exit les intellectuels assis justement, ceux qui nous expliquaient que l'injustice naitrait du concept de justice. C'est aberrant depuis le début d'imaginer un conditionnement tel qu'on ne soit plus "indigné" devant telles et telles extrémités, mais juste selon nos critères culturels ! Naturellement indigné oui. Et en France comme en Inde comme en Afrique, va savoir pourquoi, l'indignation est semblable : directe, oui. C'est ça que je veux (encore) souligner. Pas besoin de concept de justice quand un type cogne une femme, un enfant. L'indignation vient avant l'idée de justice, c'est pour moi au contraire elle qui fomente le processus qui aboutira au concept de Justice, elle qui a pu, qui a du façonner le processus. Il y a très très longtemps, au temps où les hommes apprenaient à concevoir le langage... le langage aussi comme arme de défense contre la violence brute. Oui cette violence-là, justement, celle de l'injustice, celle qu'on ne peut pas accepter. C'est là que ça prend du sens, l'indignation. Comme le geste qui nous fera retenir l'enfant sur le point de traverser au moment où débouche une voiture. Y'a pas de pensée là-dedans, pas le temps. Le temps de l'attraper par le bras, c'est mon enfant. Quelques secondes. Hello petiot, bonne chance...
Ça prend du sens oui. Ça se tient on va dire, en tant que processus. Mieux que le baratin assis.

Alors la récognition envers ce qui va dans le (bon) sens. C'est rien à signaler, tout va bien : les choses font sens. Alors les (a)mateurs de mots vont dire que ce doit être un instinct alors, un truc inné. Qu'il s'agit d'en débattre, d'en découdre. Si ça vous fait plaisir. Mais ça marche pas comme ça chez moi, désolé pour vos cases. Je dis qu'il y a de la mémoire là-dedans. La gentillesse mémoire de l'amour ? Pourquoi pas ? Inné, instinctif, je m'en fous de vos interrogations. C'est marrant d'ailleurs de constater comme la gentillesse n'a pas la moindre place dans le social, en Occident. Un type gentil en Occident, c'est ce qu'on dit d'un con. Enfin, marrant c'est pas le mot. On se reconnait, on la reconnait quand même, un peu. Si l'on y croit. Bon. Des types s'en foutent complètement d'ailleurs, pour peu qu'ils n'en aient pas besoin. C'est là le hic : le besoin en Occident. T'as un ami, un frère, mais il est depuis trop longtemps à dix mille kilomètres, alors au bout d'un moment, il sort de ton registre de "besoin". Il est sorti de ton territoire de reconnaissance. Pouf, dehors mon petit gars. Ejecté comme un kleenex. C'est pas des amis ça. Alors les types disent qu'il est question de sentimentalité, pas glop pas nietzschéen : une valeur à la baisse ces temps où l'on nous explique le sexe au travers de la baise, la drague etc : valeurs âchtement féministes à ce qu'on dirait.
-Bonjour madame, je suis sentimental.
-Dégage connard, j'ai pas envie !
-Oups scusez m'dame, loin de moi l'idée de vouloir vous importuner... d'autant que finalement, vous avez surtout l'air d'une pouf dès que vous ouvrez la bouche. Oui c'est ça, fermez-la, comme quand vous vous regardez remuer devant votre glace, et prenez votre air "je suis belle, avec mes nichons et le reste, mais quel cul j'ai !", ça devrait marcher avec les gros cons machos (et ensuite elles se plaignent de tomber que sur des types comme ça, pauvres louloutes).
Tiens, je me demande si Woody Allen s'est tapé Scarlett Johanson ? (moi pas)

La gentillesse donc, le sentiment, j'en étais là. Bref toutes les valeurs de l'enfance dont il s'agit de se débarrasser au plus vite si l'on veut faire carrière où que ce soit. C'est qu'on est LA société des voleurs, les maîtres du mensonge... après avoir été les maîtres de la guerre. Daesh c'est des amateurs. Aujourd'hui c'est : je te raconte n'importe quoi et tu signes. Et quand t'as signé mon pote, tu peux crever. Ça me rappelle toutes ces saloperies qu'on envoie aux personnes âgées en espérant qu'elles seront assez gâteuses pour gober le truc et envoyer un petit kek chose. C'est légal je crois, encore. Oui, non ? Sans doute, ah ah ! Capitalisme, tu pue grave. Même bouffer, c'est devenu dégueulasse. Personne n'a vraiment moufté... et hop, trop tard les gars : tout est dégueulasse, les fruits les légumes, la viande, même les poissons commencent à avoir un drôle de goût ! C'est pas pris en compte dans le fameux niveau de vie où tout va mieux : ni la bouffe dégueulasse ni le coût de l'immobilier à Paris. Le Nutella si, enfin je crois (d'où l'émeute). Donc y'a 50 ans, le monde entier bouffait bien, sauf pendant les famines, ça et là. Même en Inde, les pires resto à cinq centimes d'euros, c'était bon. Bon mais épicé. En fait, quand les types savent pas trop cuisiner là-bas, ils épicent un max. Bref, à l'époque je supportais bien les épices, et puis j'aimais bien. C'était hyper épicé mais hyper bon quand même. Ben si. Dans le genre pas raffiné ok. A l'époque les pesticides étaient trop chers pour l'Inde, c'est ça l'explication... alors tout était bon, pas compliqué ! Avec de bons produits, c'est difficile de faire du dégueulasse ; avec de mauvais difficile de faire du bon. Les pauvres bouffaient bien, mais oui. Maintenant grâce au capitalisme, tout est devenu dégueulasse ou presque. Bon le blanc voit rien puisque aujourd'hui, il a l'habitude de bouffer de la merde du matin au soir, donc l'indien, ça le change. Mais ça n'a plus rien à voir, la nourriture en Inde. Et ailleurs c'est pareil bien sûr. Ou alors faut aller dans des coins très très pauvres, là où aucun rat capitaliste n'a encore eu l'idée d'investir quoi que ce soit. Et là il y a encore des fruits et des légumes normaux, avec du goût tout ça, et aussi des poules qui courent, des cochons qui rêvent etc. La vraie vie quoi !
A propos de poules et de cochons, reste le pouvoir et le cul, tiens... euh oui, et la culture, bien sûr !

Tiens ailleurs je lis que ce style de récit, ce serait de l'ordre de "crier au au loup". Au loup la disparition des modes de vie ? Au loup les amazoniens qui, après les comanches et les sioux... et les "sauvages" de la planète entière (!), se murgent la gueule en guise de rituel sacré, deux trois litres de whisky dans la journée avant de tomber dans un coma, repoussant celui qui sera définitif pour la prochaine fois. Il paraît que ça n'existe pas. Mes potes népalais tous gentils, pacifiques à un niveau inimaginable pour un blanc, qui flinguent au non du maoïsme, pas vrai non plus. Les bonzes tibétains qui s'immolent parce que les chinois tuent leur culture, propagande. Les types qu'on brûle dans des pneus à Madagascar, c'est leur culture ancestrale. Faut continuer ?
Faudrait surtout que les intellos sortent de leur fauteuil !
Non mais c'est que j'y étais moi, sans blague ! Ah ben si quand même. Là là et là. Ok c'est pas forcément dans le journal mais quand même ! Je serais mythomane alors ? Pt'être. Et à propos d'immolation tiens, les étudiants indiens qui manifestaient contre les quotas d'intouchables, et qui s'immolaient eux aussi pour marquer leur désapprobation... au point que le gouvernement ne savait plus comment faire pour arrêter ça, vous l'avez lu dans la presse ? Non ? Ah oui, c'était avant les réseaux sociaux en guise de presse, j'oubliais. Les journalistes contrôlaient ce qu'ils faisaient, jadis. Z'ont pas nos problème d'identité (nationale) nos étudiants, au moins : la tradition bafouée ? Passe-moi une allumette ! Tiens j'avais un copain qui s'est immolé aussi. Je raconte ou c'est pipo aussi ? Harcelé par sa chérie qui se tapait tout le quartier. Bon, pas grave les filles, c'était un mec. Enfin quand même : aspergé d'essence et hop, une allumette. Sous ses yeux à elle. Salut tout le monde (et bonjour à madame De Haas) ! J'ai essayé d'en parler avec la fille après, même topo qu'avec les avocats de not' bon Darmanin : rien à déclarer.

Donc les gens deviennent de plus en plus dingues avec cette confrontation avec l'Occident (le truc appelé mondialisation), aggressifs et violents. La violence, c'est contagieux...

Sinon Caroline quitte les réseaux sociaux, il était temps : désavouée même par la Schiappa. Décidément, les filles, on peut même pas leur faire confiance en matière de fidélité ! Pauvre France !


Bon c'est l'heure de mes cachets, je vous quitte (à regrets). A la revoyure !

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mer 28 Fév - 12:55

Il semble que ce soit illisible pour un occidental de s’entendre dire sa violence. Que la violence chez nous, ça soit retreint à la pure violence physique. D’où le hiatus avec les mouvements néo-féministes par exemple, qui prendraient la violence au sens physique au pied de la lettre ? Pas de violence donc chez la femme de mon copain immolé, faut croire que c’était sa violence à lui alors, de s’immoler...

A leurs yeux, les occidentaux ne seraient donc pas violents ; la violence, ce serait un truc pathologique. Juger, évincer, laisser crever les vieux pendant les périodes de canicule, mettre au chômage des type après trente ans de services pour se gaver encore plus, faire deux trois millions de morts en Afrique par respect pour les lois sur les brevets etc, ce n’est donc pas de la violence. Bien. Juste que quand on en arrive à un tel premier degré, ça devient compliqué de communiquer.
Deleuze lui, parle de « régime de cruauté », pour spécifier un type de violence par rapport à l’autre. Régime de cruauté est réservé à des sociétés dites « barbares » (de type « empires »), par opposition à un occident étatique, où l’indifférence donc ne serait en aucun cas assimilable à une forme de violence. Le régime de cruauté rapporterait à une société de type dramatique, où les gens sont concernés par le collectif, par opposition au monde dit « moderne », indifférent, qui ne croit plus en rien.

Mais qui dit cruauté dit douceur aussi : douceur, tendresse. En Inde, en Afrique, les mères peuvent masser leurs petits jusqu’à deux trois ans voire plus, pendant qu’ici, ils apprennent l’indifférence à la crèche, puis dans les diverses collectivités disciplinaires (école, usines, sociétés, maisons de retraite etc). Douceur et cruauté sont ou étaient réservées au milieu familial... étaient car depuis l’incursion de l’état dans la structure familiale (normalisation sexuelle, interdiction de toute « violence » corporelle etc), l’état semble vouloir étendre son pouvoir au domaine anciennement dit « privé » (où à ce train, il n’y aura bientôt plus que la religion  Rolling Eyes ).
Aujourd’hui on rentre dans les « sociétés de contrôle » (Deleuze, Foucault) en lieu et place des sociétés répressives. Chacun tient le rôle de juge et flic de l’autre (exerçant à loisir son fascisme personnel), comme on le voit par exemple dans les réseaux sociaux qui tiennent déjà psychologiquement lieu de Big Brother, sans qu’on n’ait bientôt plus guère besoin de police ni de justice à la manœuvre (ie #balancetonporc etc).

(l’état macronien lui, s’efface discrètement de la scène populaire où ont tenté de jouer les Sarkozy et autres Hollande, et récupère le confort feutré de ses anciennes prérogatives de soi-disant « hauteur de vue »).

La question posée n’est donc plus celle de la cruauté, celle du hiatus entre douceur et cruauté, où il est encore facile de trouver des repères, mais bien celle de la croyance en un monde de slogans, de mots vides de sens, un monde où l’essentiel des médias est occupé à scruter le lapsus qui dénoncera la déviance de tel ou tel supposé responsable de la parole publique, sans plus se soucier d’apporter un éclairage, une synthèse qui fasse sens, qui fasse comprendre les enjeux réels des choses.
Comment croire en ce cinéma, ce monde d’observateurs indifférents, de voyeurs ? Et ensuite de s’étonner d’une résurgence religieuse, musulmane ou autre, et de venir faire la leçon sur le caractère infantilisant de telle ou telle société ! Mais qui est infantile, le monde ou l’homme ?
Qui est infantile à force d’arrogance ?

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Dim 11 Mar - 17:49

ONPC : Angot/Calmels/Moretti

J'aime bien Christine Angot.
En fait, ce qui me réjouit le plus chez elle, c'est la façon dont les cons la déteste...

Hier à ONPC, était invitée le nouveau numéro deux de la droite, madame Calmels. Signe particulier, n'a pas rejoint Macron après la déroute, mais Wauquiez peu après. Problème : madame Calmels est adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, et l'a soutenu lors de la présidentielle. Bref, elle est passée de Juppé à Wauquiez. Hum.
Alors évidemment, Angot, elle l'énerve, Calmels (moi aussi).
D'autant plus que le sympathique Wauquiez s'est laissé allé récemment à légèrement uriner sur le pantalon de Juppé, sans doute pour marquer son territoire, lors d'événements largement commentés. Qu'en dit madame Calmels ? Qu'elle est fidèle à l'un et à l'autre. Admirable. Elle présente ça en faisant un parallèle avec les affaires de famille, où il faut composer avec les antécédents des uns et des autres. Trop chou.
Wauquiez...
Donc Angot, à mon humble avis dans le droit fil conducteur qui par exemple relie Besson et la grande Lulu, a visiblement décidé de se faire la Calmels. Qui pourrait lui en tenir rigueur... et surtout que faire d'autre pour passer le temps ? Elle raconte donc les PDG et autres machines à fric qui servirent de fiancés à Calmels, son ou ses salaires mirobolants en tant que conseillère ou je-ne-sais quoi de grandes sociétés, j'en passe et des meilleures. On comprend que madame Angot n'attend pas franchement de réponse de la part de l'autre. Là dessus, elle embraie sur une anecdote trouvée dans le livre que vient présenter Calmels chez Ruquier, anecdote qu'elle décide de trouver "condescendante".
J'écoute tout ça d'une fesse distraite, mais néanmoins amusée, en faisant autre chose.
Là dessus, paf : Dupont-Moretti, invité lui aussi pour un livre, fait une réflexion sur "l'extrême violence d'Angot"... comme quoi elle n'a pas à parler de la vie privée de Calmels etc. Moi j'aime bien Moretti, surtout quand il parle de son métier d'avocat, et de justice donc en général, où il est impeccable... mais là franchement, il est pas bon.
Il n'est pas bon parce qu'il ne comprend pas qui est Angot. Marrante, intelligente, mais un poil euh, comment dire : susceptible ? Impliquée quoi, allez ! Bon bref. Alors oui, elle descend Calmels, oui c'est violent si l'on veut. M'enfin extrême... ça reste à voir. Voir si c'est plus violent que de passer de Juppé à Wauquiez ? Ou plus violent que d'entendre Calmels énoncer tranquillement qu'elle est là pour reconstruire la droite, qu'il faut parler du fond, du programme tout ça ; et en guise de fond nous servir qu'il faut diminuer les impôts. Ah la joli fond ! En clair et pour les djeunes qui suivraient ce passionnant forum, ça fait 40 ans que la droite dit que la seule aptitude de la gauche, c'est de lever des impôts et de bosser voire s'asseoir dessus. Donc Calmels veut baisser les impôts... et c'est comme ça qu'elle dit vouloir "reconstruire la droite". Demandez le programme !
C'est rigolo, non ?
Bon ok.
La question, donc, est bien de savoir en quoi, en tant que personnage public bien sûr (puisque politique), devrait-on "respecter" madame Calmels ? Sa vie privée, comme dit Moretti, admettons, mais dire ce qui paraît-il est de notoriété publique, à savoir ses anciens fiancés, c'est pas si affreux que ça non plus. Peut-être que Moretti trouve affreux de pas aimer certaines personnes ? On sait pas.
Sinon, madame Calmels n'a rien dit d'intéressant de toute la soirée. On pouvait s'en douter : elle n'a strictement rien à dire. Ah si tiens, elle a dit qu'il n'y aurait pas d'alliance avec le Front National, quelque chose du genre. Ouais ouais, on verra. En attendant, aujourd’hui dans le JDD, un républicain, Thierry Mariani, ex-ministre de Sarkozy, prône un « rapprochement » avec le FN. Ouais ouais.
Moretti lui s'est refait une santé lors de son face-à-face avec Angot, cette fois au sujet de son livre, après ça il a fini par lâcher avec un sourire gentil qu'il préférait Angot (cette fois tout à fait respectueuse) comme ça plutôt que comme avant.
Euh si, quand même, Moretti a profité de l'émission pour répéter que Cahuzac avait assez payé, et qu'il fallait pas le mettre en prison. J'ai rien contre. Juste que quand il raconte que le dit Cahuzac aurait des velléités suicidaires, je sais pas très bien si c'est en tant qu'avocat ayant droit à une parole publique, ou en tant que brave type emmerdé avec ça. Et là, je trouve ça limite... parce qu'il sait très bien que personne ne peut savoir si c'est vrai ou pas, ce genre de chose. Enfin bon, j'avoue que je ne sais pas trop ce que je ferais à sa place non plus. Je défendrais l'autre, oui. Mais sinon...
Ah si encore... y'avait la très taradzimboumante Anouk Grimberg, ex délicieuse et épatante égérie de Bertrand Blier dans quelques-uns de ses films, et qu'on n'a hélas pas trop entendu. Dommage, elle est drôlement plus charmante que Calmels !
(mais pourquoi Ruquier s'acharne-t-il à faire venir toutes les semaines des politiques ?)

Les Angot ? Bof... moi j'aime bien les deux, la terreur et la gentille.
Sinon il est temps que Moix se barre, il devient gentil avec tout le monde, même que ça en devient affligeant. Lui je le préfère franchement quand il est odieux.


Dernière édition par chapati le Ven 16 Mar - 18:21, édité 1 fois

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Ven 16 Mar - 18:20

Nouvel Obs et compagnie : à propos du populisme

L'intolérance monte, en Autriche, en Italie, et les médias s'inquiètent de la montée des "populismes". Bien sûr que c'est inquiétant. Le Nouvel Obs s'insurge, mais que fait-il pour l'empêcher ? Je dis souvent (et pense) que le "peuple" en question, il faudrait lui poser de bonnes questions pour qu'il montre ses capacités d'intelligence. Mais si les médias eux-même, en tant que quatrième pouvoir, que contre-pouvoir donc, sont incapables de les mettre à jour, ces "bonnes questions", faut pas qu'ils viennent pousser des grands cris en hurlant au populisme.  
Moi je reprends : mondialisation.
On pourrait s'en foutre, de la libre circulation du marché du fric, le problème c'est ce que ça coûte, par exemple de manger en France du blé américain pendant que les américains mangent du blé français (parce qu'on peut leur revendre le blé français plus cher qu'à des français). Alors oui, on peut dire des préférences, américaines, françaises etc, et continuer à poser ce genre de solutions... auxquels effectivement le peuple (et moi le premier) n'a pas beaucoup d'intelligence à faire valoir en guise d'opinion. Et ainsi on en arrive aux "populismes", MLP préconisera le blé français etc. Les types diront que c'est le bon sens et hop, une voix de plus pour le populisme.
Sauf que le capitalisme, le marché mondialisé du fric, fait que les gens sont de plus en plus pauvres. Pas en smartphones mais en patates et en blé, mangent de la merde etc. Qu'il y a cent ou cent cinquante ans, un ouvrier se pouvait se payait une maison à Paris avec un petit jardin (quartier de la Mouzaïa) et nourrir cinq ou six enfants. Qui peut faire ça aujourd'hui ? En tous cas pas ceux qui veulent un certain standing de vie, des petits resto, des vacances (à la neige si possible) etc. Alors pour en avoir déjà trois, d'enfants, faut soit avoir les reins solides, soit vivre de peu. Et vivre de peu donc, c'est pas dans les projets des jeunes blancs de la classe moyenne : c'est toujours difficile de vivre moins bien qu'avant, l'homme est un animal d'habitudes.
Allié à ça, nos rats de la finance veulent toujours plus, sinon ils débandent. Alors pour ne pas sombrer, il est question de main d'oeuvre : produire plus pour être compétitif, ne pas se laisser bouffer (parce que la dette blahblah etc), bref : plus de main-d'oeuvre.
Or si les français ne peuvent plus financièrement supporter plus de deux enfants, il faut bien que d'autres fabriquent la main d'oeuvre du futur, celle qui nous garantirait d'être compétitif, donc. Pour quoi, à propos, tenir quel rêne de pouvoir ? Celle qui éviterait qu'un rat chinois licencie ou démantibule une entreprise en lieu et place d'un rat français ? Qu'est-ce qu'on en a à foutre d'être sous patron chinois s'il n'y a aucun avantage à être sous patron français ? Bref et donc : appel à l'immigration... parce que les gars ont l'habitude de vivre pauvrement, et quatre ou cinq enfants c'est la norme. Du coup, les gens disent qu'il y en a trop, et le populisme de débarquer avec ses solutions minables.
Fallait pas. Fallait pas, Hollande, faire cette politique, ou peut-être cette non-politique. Fallait pas instaurer des normes morales pour pérenniser l'idée de gauche, en lieu et place de faire le job. Résultat, on est encore plus dans l'idéologique qu'avant. La gauche est vue, non sans raison, comme une assemblée de donneurs de leçons incapable et hypocrites en plus. Encore bravo Hollande. Et vu que la droite ne sait que répéter le même discours de merde, qui encourage de façon de plus en plus décomplexée le capitalisme, les gens votent ailleurs... l'espoir pour eux ne peut être qu'ailleurs. CQFD

Issues de ce foutoir, les mauvaises questions pullulent, forcément. Toujours présentées sur des putains de bases morales : êtes-vous pour ou contre l'immigration... et si vous êtes contre vous êtes sans coeur voire raciste ; si vous êtes contre le mariage gay vous êtes homophobe ; contre le néo-féministe vous êtes un porc ; contre la croissance vous êtes irréaliste etc. C'est à ces questions à la cons qu'il faudrait répondre, qu'on nous presse de répondre : on n'entend que ça partout, y compris dans les médias, et donc même de gauche.
Alors forcément, le "peuple" ne sait pas répondre, pas plus qu'à la soi-disant inéluctabilité du capitalisme. Et faut voir encore comment Le Nouvel Obs par exemple, traite un type comme Mélenchon. Populisme hurle-t-il à pleins poumons... comme si c'était à peine s'il faisait la différence avec le populisme d'extrême-droite.
Avec un PS à 6%, ils feraient mieux de penser, au Nouvel Obs. C'est un pur scandale de voir des contre-pouvoirs supposés représenter la gauche en arriver là ! Tout ne me plaît pas chez Mélenchon, loin de là, mais faut voir comment ils se réjouissent du bordel de la chaîne dite "mélenchoniste" pour avoir osé un ou deux sons de cloches (Syrie, Vénézuela) différents des leurs, comment ils l'attaquent sur sa phrase sur le "parti médiatique". Sont aussi tarés avec lui que les staliniens le furent à une époque face aux socialistes.

Ohé au Nouvel Obs, le populisme, c'est vous qui le créez !

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Ven 30 Mar - 12:40

La mouche et l'araignée (ONPC : 24/03)

J'ai eu un peu du mal avec la prestation de Cédric Villani l'autre soir à ONPC. Il est sympa Villani, il parle comme un type normal, un ami, on l'écoute. On l'écoute par exemple en regardant ses mains mimer sans cesse son discours. Et là on s'aperçoit qu'il explique, qu'il conte : c'est un conteur.

Il fut question de l'intelligence artificielle. Angot a bafouillé un truc pour tenter d'embrayer sur un vieux débat en cours, où la psychanalyse joue à peu de frais le rôle du sauveur face aux thérapies cognitives (l'intelligence artificielle étant supposée tenir lieu du méchant dans l'histoire, en trifouillant des certitudes depuis le cerveau). J'ai pas bien entendu la réponse de Villani, juste eu le temps de voir la mouche prise dans sa toile, et paf : gobée l'Angot ! Envolée comme une bulle de savon (ben non, pas de champagne tss). Donc on était bien passé au débat sur la technique. Villani ne se foula pas trop, genre optimiste/pessimiste, circulez : "ben oui, la science progresse, fit-il en substance, mais z'inquiétez pas les gars, l'éthique veille, je suis là moi". Médaille Field ou pas, ça m'a pas rassuré des masses, déjà que les boites vocales au téléphone me donnent des envies de meurtre. Aussi quand en guise d’argument, il a fallu se taper le sauvetage d'un quidam au bout du monde (via une opération avec IA), tel le temps deleuzien je suis sorti de mes gonds : un peu de respect avec vos cobayes, merde quoi : l'Afrique crève ! Le "vous inquiétez pas tout est prévu" pour toute réponse, marre ! Sinon en guise de participation, miss Fleur, ex-ministre et pèlerin d'un monde qui ne connait pas l'ennui, a expliqué qu'elle avait des choses drôlement plus intéressantes à penser que de conduire sa voiture, et donc que la conduite sous IA, elle était pour. Puissant témoignage qui nous a fait sentir qu’elle avait drôlement bien révisé son dossier. Dommage que Wauquiez ait été absent, il aurait fini de nous convaincre (je plaisante).

Bref Villani n'a pas fait le boulot. Alors quoi, c'est tout ce qu'il a à dire sur l'IA, notre médaillé de l'Olympe des grosses têtes ? C’est que, très simplement, on ne peut pas se contenter d'une réponse qui évite le présent, qui ne tient compte que des "possibles", des craintes et d'un futur rêvé (et jamais accompli). Le problème, les problèmes en jeu, c'est pas un axiome et de développements matheux. Moi je peux pas répondre oui ou non à l'IA en tapant 1, 2 ou 3 à des questions à la con. Et c'est ce que Villani a fait. Parce que c'est maintenant qu'on est inquiet, c'est aujourd'hui le futur, et occulter ainsi le présent c'est pas possible. Aussi répondre dans la seule sphère de logique des mots, pour un type supposé génial et qui, qui plus est, vient de plancher des mois sur un rapport sur l'IA, ça suffit pas. C’est pas possible que le type n'ait pas une phrase en magasin : une phrase, une toute petite phrase qui dise quelque chose, bon dieu : autre chose d'autre qu'une dialectique rassurante, à l'instar de n'importe quel politicien en campagne.
Un truc sur la raison et le sensible, par exemple, hein (sans vouloir insister)... dans un débat sur l'IA, c'est trop demander ? Histoire de mettre le problème sur la place publique, de suggérer un début d’ersatz de débat, de donner gracieusement une vraie question au citoyen, de celles qui tiltent, surprennent éveillent, donnent à penser en clair (quoi, c'est interdit par Macron ?) Parce que conteur je veux bien, qui explique pourquoi pas, mais quand l'explication est théorique à ce point, elle devient artificielle (désolé). Comme l'intelligence du même nom.

Ruquier, la prochaine fois, dans la famille Villani, faudra plutôt inviter le tonton. Il se dit qu'il a des mots...

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mar 17 Avr - 8:21

Le vénérable W (Barbet Schroeder)

Vu à la télé le film-document de Barbet Schroeder sur Ashin Wirathu, le moine bouddhiste qui attise la haine anti-musulman en Birmanie. C’était alléchant, de voir s’exprimer un de ces types qui, à l’instar des Pol Pot et autres Hitler, appellent à la haine en toute conscience, et en assume les conséquences. On allait enfin en voir un, de ces tarés, faire connaissance avec la bête.

Et tout de suite, j’ai été choqué : le moine en question ressemble à un enfant. D’une voix douce, presque détachée, il nous expose le processus qui l’a amené à lancer ses appels à la haine, à faire de lui le leader d’un mouvement qui a bousillé la vie d’un million de gens. Et moi je vois une sorte de môme. Un gamin au sourire bizarre, douçâtre.
Il expose, il disserte, il relate tranquillement ce qui l’aurait amené à prendre les positions qu’on sait. Il était à peine adolescent quand aurait eu lieu un viol dans son village, viol commis par un musulman. Et ça aurait provoqué chez lui un dégoût envers l’ensemble des musulmans. Devenu ensuite moine, il poursuit son idée, ou c’est son idée qui le poursuit. Et aujourd’hui il balance des théories du genre « grand remplacement », psalmodie que la race (birmane, on imagine) serait menacée, et avec elle la religion, la tradition etc. Encore il s’inquiète que les musulmans épousent les femmes birmanes, et en plus les convertiraient à leur religion. Pas impossible qu’il emploie l’expression « voler nos femmes », je suis pas très sûr (et pendant ce temps, je me demande si le type en a jamais connu une, de femme).
Bref un discours débile, assez semblable au leitmotiv de l’extrême-droite en France.

Mais c’est après que ça m’est apparu. Que m’est apparu la possibilité d’une incommensurable simplicité de l’univers mental du bonhomme. En fait, je crois que le type est quasi simplet, et en particulier inconscient de la souffrance du monde, y compris peut-être de celle que lui-même inflige (ce qui serait terrible pour un soi-disant bouddhiste).
Un enfant qui jouerait avec le monde ?
Un enfant en tous cas qu’un simple fait divers dans un village, le sien, a fait basculer dans une haine qui ne le quittera plus. Le monde réduit à un village. Une haine qui semble tenir lieu de fil conducteur à sa pensée, de fil où se nicherait le b.a.ba de la substance de son monde à lui. Le moine déroule une histoire. Il nous la présente comme un processus en conscience, réfléchi, raisonnable, et c’est avec calme et presque sérénité qu’il en tire les conclusions. Rétrospectivement ça me fait l’effet d’une sorte d’idiot jamais sorti de son bled, qui dirait le monde comme parfaitement  pénétré par la finesse de sa pensée, comme s’il distillait de nobles vérités. Le tout parfaitement indifférent à la souffrance qu’il inflige. Une sorte de haine détachée, de dégoût froid, d’indifférence absolue. Le mépris du musulman comme un mantra...
Et l’on ne sait pas si c’est un enfant qui joue la vie.
(et la mort aussi)

Bouddha aurait été un prince qui aurait pris conscience de la souffrance des hommes le jour où, pour la première fois, il est sorti de son palais. Wirathu en est-il jamais sorti ? En tous cas, on dirait un enfant vaniteux qui n’aurait jamais grandi, et qui semble se cacher derrière le prestige de sa tunique couleur safran, un enfant expérimentant le vide plus que la vacuité. Quant aux moines autours, on ne comprend pas non plus ce qui les pousse à le suivre, alors que tout l’enseignement bouddhiste consiste en la non-violence et la recherche d’une paix intérieure. A Mandalay (deuxième ville du pays), près d’un habitant sur trois serait moine. Ceci explique peut-être cela. N’oublions pas qu’un moine, c’est d’abord un enfant pris en bas âge, et dont la vie consiste essentiellement en rituels et récitation de mantras. Et pour finir le peuple, lui aussi trop souvent, trop facilement impressionné par la sagesse supposée des hommes en safran.

Le monde comme un village, ça m’a fait penser à Deleuze et son histoire de tique, branchée en tout et pour tout sur trois émotions/environnements au cours de sa vie...
Et un million de gens persécutés donc, qui n’ont d’autre choix que de tout quitter pour partir dans des camps de réfugiés, ou tenter de refaire leur vie au Bengladesh pour les plus aventureux.


(on peut encore voir le film le samedi 21 avril : à 01h35 et 09h55 sur ciné+club)

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mar 29 Mai - 6:25

Brèves...

Quand le shampoing coule sur mes épaules, mon ventre, mes jambes, j’en ai partout, je me lave les mains avec ce liquide blanc, je patauge dedans".
(Marlène Schiappa - Si souvent éloignée de vous)
Schiappa bien partie pour le Goncourt 2018.


Pendant qu'un type se demande s'il aura assez de recul pour cadrer une éventuelle chute, un immigré sauve un môme suspendu à la rambarde d'un balcon. Bizarrement, le président ne nous parle pas de patriotisme cette fois (peut-être parce que c'est un immigré, va savoir). Cet acte qualifié "d'héroïque" lui vaut l'honneur d'être promu citoyen français. Mamoudou Gassama est sans doute ravi mais n'a pas forcément tout compris des coutumes de son nouveau pays. On souhaite pour sa santé mentale qu'il persévère dans cette voie.


Pour Gérard Collomb, le port du voile est un gage d'appartenance à un "islam politique". A l'heure actuelle, il n'est toujours pas poursuivi pour incitation à la xénophobie.


Quelques nouveaux types connus sont possiblement diffamés par des adeptes de la secte #balancetonporc dans l'indifférence générale.


En Italie, un type s'amuse à se présenter à la présidentielle et se retrouve en ballotage favorable au premier tour. Poussé au jeu il fait des alliances... et se retrouve élu pour diriger l'Italie ! A la différence de Hollande, il a l'intelligence de se barrer en courant en comprenant ce qui est en train de se passer.


De sources informées, on nous dit que Manuel Valls serait d'accord pour accepter la mairie de Barcelone, mais à condition qu'on lui évite le traumatisme d'une élection aléatoire. Le parlement espagnol discuterait actuellement de la possibilité de changer la constitution pour ce faire. Sinon, Aujac, petit village des Cévennes (181 habitants), cherche un repreneur pour son café-restaurant fermé depuis trois mois.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lozere/cevennes/aujac-gard-cherche-gerant-cafe-1288879.html


.

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mer 6 Juin - 14:54

Bon je l'ai mis en intégralité, mais franchement, chers lecteurs, z'êtes pas obligés de le lire...

Cantat peut-il encore chanter ? Le droit et la morale

EDITO. En démocratie, le procès ne peut se rejouer ni dans la rue ni sur les réseaux sociaux.
Par  Dominique Nora

"Il a le droit de chanter, mais il ne devrait pas", "il peut donner des concerts, mais les gens ne devraient pas y aller", "faire de la musique, oui… mais chanter, non !", "il peut sortir des disques, mais pas les promouvoir", "il faut l’empêcher de s’exhiber sur scène"…
Le "cas Cantat" divise les familles, les copains, les couples, les générations. Bertrand Cantat peut-il reprendre sa vie d’artiste, comme si rien ne s’était passé ? Comme si Marie Trintignant n’avait pas succombé à ses coups, et Krisztina Rády, son ex-femme, ne s’était pas suicidée ? Une mort tragique, sur laquelle la justice se penche à nouveau.

Condamné à huit ans de prison et libéré au bout de quatre, l’ex-chanteur de Noir Désir avait repris le cours de sa vie professionnelle : musique, tournée, promotion, interviews… Mais alors qu’une cover en majesté dans "les Inrocks" et la vague #Metoo ont réveillé un féminisme de combat, Bertrand Cantat semble ne pas comprendre la vindicte dont il fait l’objet. "Et si tu l’oses ramène ta prose /ils diront qu’tas pas l’droit/comme à chaque, chaque fois…", chante-t-il dans "Amor Fati", son dernier album.
De fait, l’artiste sort des disques et remplit les salles. Au regard de la loi – et de ses aficionados –, il a purgé sa peine. A moins que la nouvelle enquête du tribunal de Bordeaux ne conclue autrement, la question de droit est réglée. Aurait-il dû être condamné plus lourdement ? Faire davantage de prison ? Peut-être. Mais n’en déplaise aux agités qui s’en prennent à ses fans en versant du faux sang à l’entrée de ses concerts, la justice a tranché. Il a le droit de chanter, et eux de manifester – pacifiquement – leur réprobation. Mais pas de troubler l’ordre public, au point de se muer en censeurs. En démocratie, le procès Cantat ne peut se rejouer ni dans la rue ni sur les réseaux sociaux…

Ethique personnelle
Oui, mais la morale ?, arguent ceux qui continuent de qualifier Cantat d’"assassin", même s’il n’y a pas eu "intention de tuer". L’homme est certes violent, possessif, passionnel : apparemment un vrai détraqué de la relation amoureuse. A coup sûr une personnalité toxique, qui sème le malheur autour de lui. Mais la musique est son métier, sa planche de survie. Et rien, pour l’heure, ne peut légalement l’empêcher de reprendre le cours de son existence. Même la mère de Krisztina, d’ailleurs, ne le souhaite pas : Cantat est aussi le père de ses petits-enfants.
On peut regretter le succès persistant de l’ange noir du rock français, déplorer la joie que lui procure l’osmose avec son public, juger intolérable sa manière de se soigner en communiant avec son audience. Chacun est libre de trouver cette exhibition choquante, voire indécente. Mais cela relève de l’éthique personnelle. C’est aux gérants de salles de savoir s’il est approprié de programmer ses concerts. Et au public de décider s’il veut – ou pas – aller l’écouter, ou acheter ses titres.
Le tsunami #Metoo ne doit pas bousculer l’Etat de droit ou entraver la liberté d’expression. Les artistes sont des femmes et des hommes comme les autres ; ni plus ni moins vertueux. Si l’on devait rayer de la carte les œuvres des misogynes, des sexistes, des homophobes, des réactionnaires, des alcooliques, des drogués et des fous, il n’y aurait plus de culture. Gare aux dérapages du politiquement correct !

Dominique Nora


Elle est drôle, Dominique Nora, surtout dans sa dernière phrase, quand elle parle du "politiquement correct" qu'elle attribue visiblement à ceux qui n'aimeraient pas Cantat et ce, selon elle, au nom d'une morale. C'est qu'ils ont l'humour à fleur de peau, à l'Obs, de parler de "politiquement correct"... surtout à la faveur d'un article pour ne strictement rien dire : il n'est même pas question de "politiquement correct", puisque le "rien" n'est pas politique.

A part ça, un titre alléchant ou il est question de droit et de morale, wow !... pour un article qui pourrait se résumer en une ligne : "la loi, c'est la loi", et y'a rien à rajouter à ça.
(en tous cas, madame Nora ne voit visiblement pas quoi et nous le fait gaiment savoir).

Merci encore, madame la professeur du peuple, et au plaisir de vous relire...


PS : à propos de "rien", c'est pas que j'ai grand chose à en dire non plus, mais d'une part, j'en suis conscient ; de l'autre, j'avais quand même fait mieux ici. Euh, si quand même : Cantat est un petit con, et si je le dis, c'est pas question de politiquement correct, et au moins ai-je quelque chose à dire, et suis-je capable de le dire... ce qui n'est pas rien !

Bises à Marie...


PS : bah, mon laïus, je vais en dire l'essentiel, pas besoin de vous casser à lire mon lien :
Mais voilà qu’je vois qu’le type se plaint.
De la censure !
Et moi j’croyais qu’il poétisait un peu quand même...
La censure ?
Un type te dit : "Marie..."
Et tu lui craches "la censure" en réponse ?
C’est ça ta poésie, tes mots ?
C’est ça qu’tu leur dis, aux gens, dehors, qui manifestent ?

Un petit con, je maintiens !

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Lun 18 Juin - 18:26

Foutre-ball

Comme tous les quatre ans, les équipes CAC 40 des milliardaires en short remettent leur titre en jeu face aux prétendants (les damnés de la terre, les violents, les rêveurs etc). Le monde est en émoi, d'autant qu'on a droit au spectacle sans supplément, une chaîne publique retransmettant partout l'événement.

Les milliardaires en short, leur problème, c'est la motivation. Aussi incroyable que ça paraisse, sachez qu'ils ne sont même pas payés pour jouer ! Un expert en ce genre de traumatismes, appelé aussi "sélectionneur", est donc dépêché pour résoudre la difficile équation, c'est-à-dire les éduquer, les rendre moins cons, les humaniser etc. C'est qu'il faut bien que les types n'aient pas l'air complètement indifférents à un événement planétaire qui érige en exemple les saines valeurs du sport. Quand même. Le problème est particulièrement criant lors des matchs dits "de poules", où nos milliardaires croisent nombre de sans-grades indignes de leur art. Après des années de patience, de radotage et de pédagogie, les sélectioneurs-psy arrivent de fait à motiver les milliardaires, mais jusqu'à présent à seule hauteur du premier quart d'heure du match. C'est un début. Hélas ensuite les choses se gâtent. C'est en tous cas ce qu'on a pu voir avec deux équipe du CAC 40, la France et le Brésil. Passé le premier quart d'heure donc, les types semblent ne plus savoir que faire de tous ces ballons qui leur arrivent plus ou moins dans les pieds. Pour eux, il semble que tout cela soit un peu de l'ordre du harcèlement. Gagner la coupe du monde, on comprend que ça leur apparaisse tolérable, mais quand même : tous ces matchs qu'on leur inflige avant ! (d'autant que pendant ce temps, ils ne peuvent qu'imaginer leur potes non sélectionnés s'éclatant sur des plages dorées, un verre de Malibu à la main). Bref, tout ça n'est pas très humain.

Une équipe de milliardaires en short semble néanmoins échapper à ce syndrome : l'Espagne. Les espagnols ont joué au football un match tout entier ! Incroyable mais vrai. Hélas pour eux, en face, un milliardaire (esseulé dans une équipe de millionnaires), a visiblement trouvé que perdre était indigne de son standing, aussi s'est-il effondré en pleurs un poil en dehors de la surface de réparation, afin d'être sûr que l'arbitre n'ait pas d'état d'âme à siffler une faute. Séchant ses larmes, l'homme a transformé l'occasion avant que de venir hurler au monde (et à la caméra) sa classe naturelle, par quelques poses simiesques de dominant très habilement exécutées. Emue par une telle image, la presse a encensé le héros, d'autant qu'il avait en plus réussi à marquer un péno (une sacré performance), et bénéficié en outre d'une faute lamentable du gardien d'en face sur une de ses frappes mal cadrée, c'est-à-dire cadrée droit sur le goal.

Un péno, une autre star en a raté un, obligeant l'Argentine à concéder le nul dans un match qu'ils étaient supposés gagner. Dommage car cette fois, l'homme ne joue pas les starlettes, semble être un honnête rêveur du football à qui la très sainte miséricorde a donné des dons exceptionnels qu'il exploite avec humilité. Mais c'est cette fois son équipe qui semble lui pourrir la tête : chacun en effet lui refile le ballon à peine l'a-t-il dans les pieds, de peur sans doute de faire une bêtise. Bref Messi cumule les maillots : 10, 12, 13, 15, 17, 38 etc. A mon avis, il finira pas le mondial. Amen et dommage : avant l'ère des milliardaires en culottes courtes, l'Argentine avait de vraies équipes.

Mais la palme de l'horreur est attribué aux pauvres marocains, tombés déjà dans une poule avec l'Espagne et le Portugal, et qui n'avaient d'autre chance que de battre les modestes iraniens pour rêver ensuite à un exploit face à l'un ou l'autre des deux grands. Or non seulement ils n'ont jamais réussi à se dépêtrer des forces du mal, mais ils s'en sont pris un à la dernière seconde, boum ! Attentat ? Non, coup de massue !

Bref, depuis que les brésiliens se sont mués en fantômes, on en est réduits à espérer que le jeu (football, prononcer foutebol) gagne enfin, du côté des amateurs africains ou des rêveurs arabes peut-être, voire éventuellement de n'importe qui sauf les sales mômes. Sauf que rêveurs et amateurs s'en prennent plein la tronche depuis les débuts de poules. Les damnés de la terre itou. Seuls les violents résistent un peu, encore qu'ils aient bizarrement du mal à trouver l'enthousiasme des foules. Bref, à tout prendre et pour l'instant, seule l'Espagne a proposé du beau jeu, et face à une bonne équipe qui plus est, en enchaînant sans cesse cent passes sans que jamais le ballon ne leur échappe, qui plus est finissant souvent par les mettre en position de but. Au point que grâce à eux, et aussi incroyable que ça puisse l'être, ça en devient presque agréable de voir un match de foot !

De son côté, Deschamps a peut-être scientifiquement épuisé les probabilités mathématiques en terme de joueurs et de permutation de postes, il n'en a semble-t-il pas moins oublié un léger détail que nous rappelle les espagnols, à savoir que faire une équipe de types capables de jouer ensemble, c'est aussi une solution intéressante, esthétiquement voire pourquoi pas au niveau de l'efficacité.
Mais attendons la suite (on peut rêver).


PS : sinon la seule nouvelle sympa jusqu'à présent, c'est que les allemands sont dans le caca.
NB : Zizou, Zizou !

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mar 26 Juin - 14:44

Comment la domestication a ramolli le cerveau des lapins
Prenez un lapin ordinaire sorti de sa cage et un autre rencontré sur le bord d'une route campagnarde. La différence entre les deux ne se mesure pas au niveau de la longueur des oreilles, mais dans leur cerveau. C'est ce qu'a constaté une équipe de scientifiques de l'Institut royal de technologie de Stockholm (Suède). Ces chercheurs ont élevé huit paires de lapins, domestiques et sauvages, dans des conditions similaires. Ils ont observé leurs cerveaux par IRM. Les experts qui procédaient à l'analyse des images n'étaient pas informés de la nature domestique ou sauvage de l'animal.
"Nous avons observé trois différences profondes entre les cerveaux des lapins sauvages et domestiques. Premièrement, les lapins sauvages ont une proportion cerveau/corps plus importante que les lapins domestiques. Deuxièmement, les lapins domestiques ont une amygdale réduite et un plus grand cortex préfontal. Troisièmement, nous avons remarqué une réduction généralisée de substance blanche chez les lapins domestiques."
L'amygdale est une aire du cerveau associée à la sensation de peur, alors que le cortex préfrontal médian est une région cérébrale qui va, elle, contrôler la réaction à la peur. La première est plus petite et la seconde plus grosse chez le lapin domestique, ce qui est cohérent avec leur situation : des lapins plus familiers s'effraient moins facilement et "dominent" leur peur, alors que leurs congénères à l'état sauvage ont besoin de la peur, qui les pousse à s'enfuir en présence d'un prédateur.
La réduction de la quantité de substance blanche chez le lapin domestique est aussi intéressante. Cette matière est une sorte de relais entre les différentes parties du cerveau, et peut moduler l'influx nerveux. Sa réduction "suggère que les lapins domestiques ont un traitement de l'information compromis, ce qui explique peut-être pourquoi ils réagissent plus lentement et sont plus flegmatiques que leurs congénères sauvages".
La domestication a donc changé l'architecture même du cerveau du lapin domestique, réduisant la manière dont il réagit aux émotions, compromettant ses réactions, notamment face à la peur. Tout cela pour pousser le lapin domestique à avoir un comportement plus docile, en adéquation avec ses conditions de vie et avec les attentes des humains.

https://www.nouvelobs.com/sciences/20180626.OBS8756/comment-la-domestication-a-ramolli-le-cerveau-des-lapins.html

Malgré leur émotion devant ce que révèle cette étude et l'appel solidaire de la CLS (Confédération des Lapins Sauvages), les chaînes de télévision ont décidé de ne pas déprogrammer France-Danemark.


A propos, résumé du match :
Sleep

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Re: A boire et à manger

Message par chapati le Dim 8 Juil - 13:40

Fraternité, quand tu nous tiens.

Encore un article bien marrant dans Causeur, au sujet donc du principe de fraternité (voir ici). Un gus commence par asséner que "les vrais immigrants se présentent aux frontières, aux services d’immigration officiels"... comme quoi les types qui se noient en bateaux, on imagine que pour lui, ce sont de "faux migrants". Bref.

Il convoque ensuite des droits de l'homme et tout le toutim pour embrayer sur le "sentiment national" comme "principe essentiel commun à l'humanité" ! On se marre, vous dis-je. Là il embraie sur un "danger pour l'existence de la nation" confirmé par l'article 4 du pacte des Nations Unies : "Dans le cas où un danger […] menace l’existence de la Nation blah blah". Mais bizarrement, après ça, il dit plus rien. Enfin si, ça rapporte au droit à la sauvegarde de la nation, qu'il dit. Bref il fait pas vraiment le lien mais il le pense tellement fort que ça suinte de partout : que le dit-danger, c'est l'immigration. Drôle de plaidoirie quand même, pour un avocat (parce que le type est avocat en plus).

Vient enfin le sujet de fond, comme quoi le Conseil Constitutionnel ferait la distinction entre "passeur" (qui fait entrer en fraude), et qui porterait une aide une fois sur le territoire national. Texte à l'appui. Certes. Et de conclure que  : "les passeurs, quelles que soient leurs motivations seront punis pénalement". Et tout ça pour s'enorgueillir que la victoire martelée selon lui par "une certaine presse" n'en serait pas une.

L'amusant là-dedans c'est que donc notre homme est avocat, et qu'il plaide totalement hors-sujet, obnubilé qu'il est par sa haine de l'immigration. Sauf que c'est pas une loi sur l'immigration. Ben si mon petit gars, désolé. Mais sur des hommes qui en aident d'autres, au nom de la fraternité. Le thème, c'est l'amitié, la fraternité des hommes, tout ça. C'est ça qu'est célébré comme une victoire, tu piges ? Non, rien ?

Pas grave, bisou...


https://www.causeur.fr/conseil-constitutionnel-delit-solidarite-herrou-152586


PS : euh Deschamps, Deschamps !

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