A boire et à manger

Aller en bas

A boire et à manger

Message par chapati le Lun 26 Fév - 18:39

S’il est une récognition, n’est-ce pas justement dans ce qui ne pose pas problème... et non l’inverse ?!
J'aime bien cette idée, même si je ne sais trop quoi en faire, en dehors du coup de pied aux fesses à Platon, et sa recognition issue du monde "supérieur" des idées.
Ce qui me plaît, c'est un truc avec la gentillesse, aussi. Reconnaître la gentillesse. Ouais, j'aime bien ! Enfin la douceur, la mère, l'enfant en nous, ce que vous voulez. J'aime bien, parce que là, ça devient assez facile de défendre l'idée comme quoi l'intuition voit quelque chose de l'ordre de l'intolérable, l'insupportable. Y'a de l'amour à la base, merde ! Et peut-être c'est ça oui, l'intolérable, qui "force" à penser, sinon même qu'on serait de vrais cons... sauf les intellectuels assis bien sûr ! Exit les intellectuels assis justement, ceux qui nous expliquaient que l'injustice naitrait du concept de justice. C'est aberrant depuis le début d'imaginer un conditionnement tel qu'on ne soit plus "indigné" devant telles et telles extrémités, mais juste selon nos critères culturels ! Naturellement indigné oui. Et en France comme en Inde comme en Afrique, va savoir pourquoi, l'indignation est semblable : directe, oui. C'est ça que je veux (encore) souligner. Pas besoin de concept de justice quand un type cogne une femme, un enfant. L'indignation vient avant l'idée de justice, c'est pour moi au contraire elle qui fomente le processus qui aboutira au concept de Justice, elle qui a pu, qui a du façonner le processus. Il y a très très longtemps, au temps où les hommes apprenaient à concevoir le langage... le langage aussi comme arme de défense contre la violence brute. Oui cette violence-là, justement, celle de l'injustice, celle qu'on ne peut pas accepter. C'est là que ça prend du sens, l'indignation. Comme le geste qui nous fera retenir l'enfant sur le point de traverser au moment où débouche une voiture. Y'a pas de pensée là-dedans, pas le temps. Le temps de l'attraper par le bras, c'est mon enfant. Quelques secondes. Hello petiot, bonne chance...
Ça prend du sens oui. Ça se tient on va dire, en tant que processus. Mieux que le baratin assis.

Alors la récognition envers ce qui va dans le (bon) sens. C'est rien à signaler, tout va bien : les choses font sens. Alors les (a)mateurs de mots vont dire que ce doit être un instinct alors, un truc inné. Qu'il s'agit d'en débattre, d'en découdre. Si ça vous fait plaisir. Mais ça marche pas comme ça chez moi, désolé pour vos cases. Je dis qu'il y a de la mémoire là-dedans. La gentillesse mémoire de l'amour ? Pourquoi pas ? Inné, instinctif, je m'en fous de vos interrogations. C'est marrant d'ailleurs de constater comme la gentillesse n'a pas la moindre place dans le social, en Occident. Un type gentil en Occident, c'est ce qu'on dit d'un con. Enfin, marrant c'est pas le mot. On se reconnait, on la reconnait quand même, un peu. Si l'on y croit. Bon. Des types s'en foutent complètement d'ailleurs, pour peu qu'ils n'en aient pas besoin. C'est là le hic : le besoin en Occident. T'as un ami, un frère, mais il est depuis trop longtemps à dix mille kilomètres, alors au bout d'un moment, il sort de ton registre de "besoin". Il est sorti de ton territoire de reconnaissance. Pouf, dehors mon petit gars. Ejecté comme un kleenex. C'est pas des amis ça. Alors les types disent qu'il est question de sentimentalité, pas glop pas nietzschéen : une valeur à la baisse ces temps où l'on nous explique le sexe au travers de la baise, la drague etc : valeurs âchtement féministes à ce qu'on dirait.
-Bonjour madame, je suis sentimental.
-Dégage connard, j'ai pas envie !
-Oups scusez m'dame, loin de moi l'idée de vouloir vous importuner... d'autant que finalement, vous avez surtout l'air d'une pouf dès que vous ouvrez la bouche. Oui c'est ça, fermez-la, comme quand vous vous regardez remuer devant votre glace, et prenez votre air "je suis belle, avec mes nichons et le reste, mais quel cul j'ai !", ça devrait marcher avec les gros cons machos (et ensuite elles se plaignent de tomber que sur des types comme ça, pauvres louloutes).
Tiens, je me demande si Woody Allen s'est tapé Scarlett Johanson ? (moi pas)

La gentillesse donc, le sentiment, j'en étais là. Bref toutes les valeurs de l'enfance dont il s'agit de se débarrasser au plus vite si l'on veut faire carrière où que ce soit. C'est qu'on est LA société des voleurs, les maîtres du mensonge... après avoir été les maîtres de la guerre. Daesh c'est des amateurs. Aujourd'hui c'est : je te raconte n'importe quoi et tu signes. Et quand t'as signé mon pote, tu peux crever. Ça me rappelle toutes ces saloperies qu'on envoie aux personnes âgées en espérant qu'elles seront assez gâteuses pour gober le truc et envoyer un petit kek chose. C'est légal je crois, encore. Oui, non ? Sans doute, ah ah ! Capitalisme, tu pue grave. Même bouffer, c'est devenu dégueulasse. Personne n'a vraiment moufté... et hop, trop tard les gars : tout est dégueulasse, les fruits les légumes, la viande, même les poissons commencent à avoir un drôle de goût ! C'est pas pris en compte dans le fameux niveau de vie où tout va mieux : ni la bouffe dégueulasse ni le coût de l'immobilier à Paris. Le Nutella si, enfin je crois (d'où l'émeute). Donc y'a 50 ans, le monde entier bouffait bien, sauf pendant les famines, ça et là. Même en Inde, les pires resto à cinq centimes d'euros, c'était bon. Bon mais épicé. En fait, quand les types savent pas trop cuisiner là-bas, ils épicent un max. Bref, à l'époque je supportais bien les épices, et puis j'aimais bien. C'était hyper épicé mais hyper bon quand même. Ben si. Dans le genre pas raffiné ok. A l'époque les pesticides étaient trop chers pour l'Inde, c'est ça l'explication... alors tout était bon, pas compliqué ! Avec de bons produits, c'est difficile de faire du dégueulasse ; avec de mauvais difficile de faire du bon. Les pauvres bouffaient bien, mais oui. Maintenant grâce au capitalisme, tout est devenu dégueulasse ou presque. Bon le blanc voit rien puisque aujourd'hui, il a l'habitude de bouffer de la merde du matin au soir, donc l'indien, ça le change. Mais ça n'a plus rien à voir, la nourriture en Inde. Et ailleurs c'est pareil bien sûr. Ou alors faut aller dans des coins très très pauvres, là où aucun rat capitaliste n'a encore eu l'idée d'investir quoi que ce soit. Et là il y a encore des fruits et des légumes normaux, avec du goût tout ça, et aussi des poules qui courent, des cochons qui rêvent etc. La vraie vie quoi !
A propos de poules et de cochons, reste le pouvoir et le cul, tiens... euh oui, et la culture, bien sûr !

Tiens ailleurs je lis que ce style de récit, ce serait de l'ordre de "crier au au loup". Au loup la disparition des modes de vie ? Au loup les amazoniens qui, après les comanches et les sioux... et les "sauvages" de la planète entière (!), se murgent la gueule en guise de rituel sacré, deux trois litres de whisky dans la journée avant de tomber dans un coma, repoussant celui qui sera définitif pour la prochaine fois. Il paraît que ça n'existe pas. Mes potes népalais tous gentils, pacifiques à un niveau inimaginable pour un blanc, qui flinguent au non du maoïsme, pas vrai non plus. Les bonzes tibétains qui s'immolent parce que les chinois tuent leur culture, propagande. Les types qu'on brûle dans des pneus à Madagascar, c'est leur culture ancestrale. Faut continuer ?
Faudrait surtout que les intellos sortent de leur fauteuil !
Non mais c'est que j'y étais moi, sans blague ! Ah ben si quand même. Là là et là. Ok c'est pas forcément dans le journal mais quand même ! Je serais mythomane alors ? Pt'être. Et à propos d'immolation tiens, les étudiants indiens qui manifestaient contre les quotas d'intouchables, et qui s'immolaient eux aussi pour marquer leur désapprobation... au point que le gouvernement ne savait plus comment faire pour arrêter ça, vous l'avez lu dans la presse ? Non ? Ah oui, c'était avant les réseaux sociaux en guise de presse, j'oubliais. Les journalistes contrôlaient ce qu'ils faisaient, jadis. Z'ont pas nos problème d'identité (nationale) nos étudiants, au moins : la tradition bafouée ? Passe-moi une allumette ! Tiens j'avais un copain qui s'est immolé aussi. Je raconte ou c'est pipo aussi ? Harcelé par sa chérie qui se tapait tout le quartier. Bon, pas grave les filles, c'était un mec. Enfin quand même : aspergé d'essence et hop, une allumette. Sous ses yeux à elle. Salut tout le monde (et bonjour à madame De Haas) ! J'ai essayé d'en parler avec la fille après, même topo qu'avec les avocats de not' bon Darmanin : rien à déclarer.

Donc les gens deviennent de plus en plus dingues avec cette confrontation avec l'Occident (le truc appelé mondialisation), aggressifs et violents. La violence, c'est contagieux...

Sinon Caroline quitte les réseaux sociaux, il était temps : désavouée même par la Schiappa. Décidément, les filles, on peut même pas leur faire confiance en matière de fidélité ! Pauvre France !


Bon c'est l'heure de mes cachets, je vous quitte (à regrets). A la revoyure !

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mer 28 Fév - 12:55

Il semble que ce soit illisible pour un occidental de s’entendre dire sa violence. Que la violence chez nous, ça soit retreint à la pure violence physique. D’où le hiatus avec les mouvements néo-féministes par exemple, qui prendraient la violence au sens physique au pied de la lettre ? Pas de violence donc chez la femme de mon copain immolé, faut croire que c’était sa violence à lui alors, de s’immoler...

A leurs yeux, les occidentaux ne seraient donc pas violents ; la violence, ce serait un truc pathologique. Juger, évincer, laisser crever les vieux pendant les périodes de canicule, mettre au chômage des type après trente ans de services pour se gaver encore plus, faire deux trois millions de morts en Afrique par respect pour les lois sur les brevets etc, ce n’est donc pas de la violence. Bien. Juste que quand on en arrive à un tel premier degré, ça devient compliqué de communiquer.
Deleuze lui, parle de « régime de cruauté », pour spécifier un type de violence par rapport à l’autre. Régime de cruauté est réservé à des sociétés dites « barbares » (de type « empires »), par opposition à un occident étatique, où l’indifférence donc ne serait en aucun cas assimilable à une forme de violence. Le régime de cruauté rapporterait à une société de type dramatique, où les gens sont concernés par le collectif, par opposition au monde dit « moderne », indifférent, qui ne croit plus en rien.

Mais qui dit cruauté dit douceur aussi : douceur, tendresse. En Inde, en Afrique, les mères peuvent masser leurs petits jusqu’à deux trois ans voire plus, pendant qu’ici, ils apprennent l’indifférence à la crèche, puis dans les diverses collectivités disciplinaires (école, usines, sociétés, maisons de retraite etc). Douceur et cruauté sont ou étaient réservées au milieu familial... étaient car depuis l’incursion de l’état dans la structure familiale (normalisation sexuelle, interdiction de toute « violence » corporelle etc), l’état semble vouloir étendre son pouvoir au domaine anciennement dit « privé » (où à ce train, il n’y aura bientôt plus que la religion  Rolling Eyes ).
Aujourd’hui on rentre dans les « sociétés de contrôle » (Deleuze, Foucault) en lieu et place des sociétés répressives. Chacun tient le rôle de juge et flic de l’autre (exerçant à loisir son fascisme personnel), comme on le voit par exemple dans les réseaux sociaux qui tiennent déjà psychologiquement lieu de Big Brother, sans qu’on n’ait bientôt plus guère besoin de police ni de justice à la manœuvre (ie #balancetonporc etc).

(l’état macronien lui, s’efface discrètement de la scène populaire où ont tenté de jouer les Sarkozy et autres Hollande, et récupère le confort feutré de ses anciennes prérogatives de soi-disant « hauteur de vue »).

La question posée n’est donc plus celle de la cruauté, celle du hiatus entre douceur et cruauté, où il est encore facile de trouver des repères, mais bien celle de la croyance en un monde de slogans, de mots vides de sens, un monde où l’essentiel des médias est occupé à scruter le lapsus qui dénoncera la déviance de tel ou tel supposé responsable de la parole publique, sans plus se soucier d’apporter un éclairage, une synthèse qui fasse sens, qui fasse comprendre les enjeux réels des choses.
Comment croire en ce cinéma, ce monde d’observateurs indifférents, de voyeurs ? Et ensuite de s’étonner d’une résurgence religieuse, musulmane ou autre, et de venir faire la leçon sur le caractère infantilisant de telle ou telle société ! Mais qui est infantile, le monde ou l’homme ?
Qui est infantile à force d’arrogance ?

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Dim 11 Mar - 17:49

ONPC : Angot/Calmels/Moretti

J'aime bien Christine Angot.
En fait, ce qui me réjouit le plus chez elle, c'est la façon dont les cons la déteste...

Hier à ONPC, était invitée le nouveau numéro deux de la droite, madame Calmels. Signe particulier, n'a pas rejoint Macron après la déroute, mais Wauquiez peu après. Problème : madame Calmels est adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, et l'a soutenu lors de la présidentielle. Bref, elle est passée de Juppé à Wauquiez. Hum.
Alors évidemment, Angot, elle l'énerve, Calmels (moi aussi).
D'autant plus que le sympathique Wauquiez s'est laissé allé récemment à légèrement uriner sur le pantalon de Juppé, sans doute pour marquer son territoire, lors d'événements largement commentés. Qu'en dit madame Calmels ? Qu'elle est fidèle à l'un et à l'autre. Admirable. Elle présente ça en faisant un parallèle avec les affaires de famille, où il faut composer avec les antécédents des uns et des autres. Trop chou.
Wauquiez...
Donc Angot, à mon humble avis dans le droit fil conducteur qui par exemple relie Besson et la grande Lulu, a visiblement décidé de se faire la Calmels. Qui pourrait lui en tenir rigueur... et surtout que faire d'autre pour passer le temps ? Elle raconte donc les PDG et autres machines à fric qui servirent de fiancés à Calmels, son ou ses salaires mirobolants en tant que conseillère ou je-ne-sais quoi de grandes sociétés, j'en passe et des meilleures. On comprend que madame Angot n'attend pas franchement de réponse de la part de l'autre. Là dessus, elle embraie sur une anecdote trouvée dans le livre que vient présenter Calmels chez Ruquier, anecdote qu'elle décide de trouver "condescendante".
J'écoute tout ça d'une fesse distraite, mais néanmoins amusée, en faisant autre chose.
Là dessus, paf : Dupont-Moretti, invité lui aussi pour un livre, fait une réflexion sur "l'extrême violence d'Angot"... comme quoi elle n'a pas à parler de la vie privée de Calmels etc. Moi j'aime bien Moretti, surtout quand il parle de son métier d'avocat, et de justice donc en général, où il est impeccable... mais là franchement, il est pas bon.
Il n'est pas bon parce qu'il ne comprend pas qui est Angot. Marrante, intelligente, mais un poil euh, comment dire : susceptible ? Impliquée quoi, allez ! Bon bref. Alors oui, elle descend Calmels, oui c'est violent si l'on veut. M'enfin extrême... ça reste à voir. Voir si c'est plus violent que de passer de Juppé à Wauquiez ? Ou plus violent que d'entendre Calmels énoncer tranquillement qu'elle est là pour reconstruire la droite, qu'il faut parler du fond, du programme tout ça ; et en guise de fond nous servir qu'il faut diminuer les impôts. Ah la joli fond ! En clair et pour les djeunes qui suivraient ce passionnant forum, ça fait 40 ans que la droite dit que la seule aptitude de la gauche, c'est de lever des impôts et de bosser voire s'asseoir dessus. Donc Calmels veut baisser les impôts... et c'est comme ça qu'elle dit vouloir "reconstruire la droite". Demandez le programme !
C'est rigolo, non ?
Bon ok.
La question, donc, est bien de savoir en quoi, en tant que personnage public bien sûr (puisque politique), devrait-on "respecter" madame Calmels ? Sa vie privée, comme dit Moretti, admettons, mais dire ce qui paraît-il est de notoriété publique, à savoir ses anciens fiancés, c'est pas si affreux que ça non plus. Peut-être que Moretti trouve affreux de pas aimer certaines personnes ? On sait pas.
Sinon, madame Calmels n'a rien dit d'intéressant de toute la soirée. On pouvait s'en douter : elle n'a strictement rien à dire. Ah si tiens, elle a dit qu'il n'y aurait pas d'alliance avec le Front National, quelque chose du genre. Ouais ouais, on verra. En attendant, aujourd’hui dans le JDD, un républicain, Thierry Mariani, ex-ministre de Sarkozy, prône un « rapprochement » avec le FN. Ouais ouais.
Moretti lui s'est refait une santé lors de son face-à-face avec Angot, cette fois au sujet de son livre, après ça il a fini par lâcher avec un sourire gentil qu'il préférait Angot (cette fois tout à fait respectueuse) comme ça plutôt que comme avant.
Euh si, quand même, Moretti a profité de l'émission pour répéter que Cahuzac avait assez payé, et qu'il fallait pas le mettre en prison. J'ai rien contre. Juste que quand il raconte que le dit Cahuzac aurait des velléités suicidaires, je sais pas très bien si c'est en tant qu'avocat ayant droit à une parole publique, ou en tant que brave type emmerdé avec ça. Et là, je trouve ça limite... parce qu'il sait très bien que personne ne peut savoir si c'est vrai ou pas, ce genre de chose. Enfin bon, j'avoue que je ne sais pas trop ce que je ferais à sa place non plus. Je défendrais l'autre, oui. Mais sinon...
Ah si encore... y'avait la très taradzimboumante Anouk Grimberg, ex délicieuse et épatante égérie de Bertrand Blier dans quelques-uns de ses films, et qu'on n'a hélas pas trop entendu. Dommage, elle est drôlement plus charmante que Calmels !
(mais pourquoi Ruquier s'acharne-t-il à faire venir toutes les semaines des politiques ?)

Les Angot ? Bof... moi j'aime bien les deux, la terreur et la gentille.
Sinon il est temps que Moix se barre, il devient gentil avec tout le monde, même que ça en devient affligeant. Lui je le préfère franchement quand il est odieux.


Dernière édition par chapati le Ven 16 Mar - 18:21, édité 1 fois

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Ven 16 Mar - 18:20

Nouvel Obs et compagnie : à propos du populisme

L'intolérance monte, en Autriche, en Italie, et les médias s'inquiètent de la montée des "populismes". Bien sûr que c'est inquiétant. Le Nouvel Obs s'insurge, mais que fait-il pour l'empêcher ? Je dis souvent (et pense) que le "peuple" en question, il faudrait lui poser de bonnes questions pour qu'il montre ses capacités d'intelligence. Mais si les médias eux-même, en tant que quatrième pouvoir, que contre-pouvoir donc, sont incapables de les mettre à jour, ces "bonnes questions", faut pas qu'ils viennent pousser des grands cris en hurlant au populisme.  
Moi je reprends : mondialisation.
On pourrait s'en foutre, de la libre circulation du marché du fric, le problème c'est ce que ça coûte, par exemple de manger en France du blé américain pendant que les américains mangent du blé français (parce qu'on peut leur revendre le blé français plus cher qu'à des français). Alors oui, on peut dire des préférences, américaines, françaises etc, et continuer à poser ce genre de solutions... auxquels effectivement le peuple (et moi le premier) n'a pas beaucoup d'intelligence à faire valoir en guise d'opinion. Et ainsi on en arrive aux "populismes", MLP préconisera le blé français etc. Les types diront que c'est le bon sens et hop, une voix de plus pour le populisme.
Sauf que le capitalisme, le marché mondialisé du fric, fait que les gens sont de plus en plus pauvres. Pas en smartphones mais en patates et en blé, mangent de la merde etc. Qu'il y a cent ou cent cinquante ans, un ouvrier se pouvait se payait une maison à Paris avec un petit jardin (quartier de la Mouzaïa) et nourrir cinq ou six enfants. Qui peut faire ça aujourd'hui ? En tous cas pas ceux qui veulent un certain standing de vie, des petits resto, des vacances (à la neige si possible) etc. Alors pour en avoir déjà trois, d'enfants, faut soit avoir les reins solides, soit vivre de peu. Et vivre de peu donc, c'est pas dans les projets des jeunes blancs de la classe moyenne : c'est toujours difficile de vivre moins bien qu'avant, l'homme est un animal d'habitudes.
Allié à ça, nos rats de la finance veulent toujours plus, sinon ils débandent. Alors pour ne pas sombrer, il est question de main d'oeuvre : produire plus pour être compétitif, ne pas se laisser bouffer (parce que la dette blahblah etc), bref : plus de main-d'oeuvre.
Or si les français ne peuvent plus financièrement supporter plus de deux enfants, il faut bien que d'autres fabriquent la main d'oeuvre du futur, celle qui nous garantirait d'être compétitif, donc. Pour quoi, à propos, tenir quel rêne de pouvoir ? Celle qui éviterait qu'un rat chinois licencie ou démantibule une entreprise en lieu et place d'un rat français ? Qu'est-ce qu'on en a à foutre d'être sous patron chinois s'il n'y a aucun avantage à être sous patron français ? Bref et donc : appel à l'immigration... parce que les gars ont l'habitude de vivre pauvrement, et quatre ou cinq enfants c'est la norme. Du coup, les gens disent qu'il y en a trop, et le populisme de débarquer avec ses solutions minables.
Fallait pas. Fallait pas, Hollande, faire cette politique, ou peut-être cette non-politique. Fallait pas instaurer des normes morales pour pérenniser l'idée de gauche, en lieu et place de faire le job. Résultat, on est encore plus dans l'idéologique qu'avant. La gauche est vue, non sans raison, comme une assemblée de donneurs de leçons incapable et hypocrites en plus. Encore bravo Hollande. Et vu que la droite ne sait que répéter le même discours de merde, qui encourage de façon de plus en plus décomplexée le capitalisme, les gens votent ailleurs... l'espoir pour eux ne peut être qu'ailleurs. CQFD

Issues de ce foutoir, les mauvaises questions pullulent, forcément. Toujours présentées sur des putains de bases morales : êtes-vous pour ou contre l'immigration... et si vous êtes contre vous êtes sans coeur voire raciste ; si vous êtes contre le mariage gay vous êtes homophobe ; contre le néo-féministe vous êtes un porc ; contre la croissance vous êtes irréaliste etc. C'est à ces questions à la cons qu'il faudrait répondre, qu'on nous presse de répondre : on n'entend que ça partout, y compris dans les médias, et donc même de gauche.
Alors forcément, le "peuple" ne sait pas répondre, pas plus qu'à la soi-disant inéluctabilité du capitalisme. Et faut voir encore comment Le Nouvel Obs par exemple, traite un type comme Mélenchon. Populisme hurle-t-il à pleins poumons... comme si c'était à peine s'il faisait la différence avec le populisme d'extrême-droite.
Avec un PS à 6%, ils feraient mieux de penser, au Nouvel Obs. C'est un pur scandale de voir des contre-pouvoirs supposés représenter la gauche en arriver là ! Tout ne me plaît pas chez Mélenchon, loin de là, mais faut voir comment ils se réjouissent du bordel de la chaîne dite "mélenchoniste" pour avoir osé un ou deux sons de cloches (Syrie, Vénézuela) différents des leurs, comment ils l'attaquent sur sa phrase sur le "parti médiatique". Sont aussi tarés avec lui que les staliniens le furent à une époque face aux socialistes.

Ohé au Nouvel Obs, le populisme, c'est vous qui le créez !

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Ven 30 Mar - 12:40

La mouche et l'araignée (ONPC : 24/03)

J'ai eu un peu du mal avec la prestation de Cédric Villani l'autre soir à ONPC. Il est sympa Villani, il parle comme un type normal, un ami, on l'écoute. On l'écoute par exemple en regardant ses mains mimer sans cesse son discours. Et là on s'aperçoit qu'il explique, qu'il conte : c'est un conteur.

Il fut question de l'intelligence artificielle. Angot a bafouillé un truc pour tenter d'embrayer sur un vieux débat en cours, où la psychanalyse joue à peu de frais le rôle du sauveur face aux thérapies cognitives (l'intelligence artificielle étant supposée tenir lieu du méchant dans l'histoire, en trifouillant des certitudes depuis le cerveau). J'ai pas bien entendu la réponse de Villani, juste eu le temps de voir la mouche prise dans sa toile, et paf : gobée l'Angot ! Envolée comme une bulle de savon (ben non, pas de champagne tss). Donc on était bien passé au débat sur la technique. Villani ne se foula pas trop, genre optimiste/pessimiste, circulez : "ben oui, la science progresse, fit-il en substance, mais z'inquiétez pas les gars, l'éthique veille, je suis là moi". Médaille Field ou pas, ça m'a pas rassuré des masses, déjà que les boites vocales au téléphone me donnent des envies de meurtre. Aussi quand en guise d’argument, il a fallu se taper le sauvetage d'un quidam au bout du monde (via une opération avec IA), tel le temps deleuzien je suis sorti de mes gonds : un peu de respect avec vos cobayes, merde quoi : l'Afrique crève ! Le "vous inquiétez pas tout est prévu" pour toute réponse, marre ! Sinon en guise de participation, miss Fleur, ex-ministre et pèlerin d'un monde qui ne connait pas l'ennui, a expliqué qu'elle avait des choses drôlement plus intéressantes à penser que de conduire sa voiture, et donc que la conduite sous IA, elle était pour. Puissant témoignage qui nous a fait sentir qu’elle avait drôlement bien révisé son dossier. Dommage que Wauquiez ait été absent, il aurait fini de nous convaincre (je plaisante).

Bref Villani n'a pas fait le boulot. Alors quoi, c'est tout ce qu'il a à dire sur l'IA, notre médaillé de l'Olympe des grosses têtes ? C’est que, très simplement, on ne peut pas se contenter d'une réponse qui évite le présent, qui ne tient compte que des "possibles", des craintes et d'un futur rêvé (et jamais accompli). Le problème, les problèmes en jeu, c'est pas un axiome et de développements matheux. Moi je peux pas répondre oui ou non à l'IA en tapant 1, 2 ou 3 à des questions à la con. Et c'est ce que Villani a fait. Parce que c'est maintenant qu'on est inquiet, c'est aujourd'hui le futur, et occulter ainsi le présent c'est pas possible. Aussi répondre dans la seule sphère de logique des mots, pour un type supposé génial et qui, qui plus est, vient de plancher des mois sur un rapport sur l'IA, ça suffit pas. C’est pas possible que le type n'ait pas une phrase en magasin : une phrase, une toute petite phrase qui dise quelque chose, bon dieu : autre chose d'autre qu'une dialectique rassurante, à l'instar de n'importe quel politicien en campagne.
Un truc sur la raison et le sensible, par exemple, hein (sans vouloir insister)... dans un débat sur l'IA, c'est trop demander ? Histoire de mettre le problème sur la place publique, de suggérer un début d’ersatz de débat, de donner gracieusement une vraie question au citoyen, de celles qui tiltent, surprennent éveillent, donnent à penser en clair (quoi, c'est interdit par Macron ?) Parce que conteur je veux bien, qui explique pourquoi pas, mais quand l'explication est théorique à ce point, elle devient artificielle (désolé). Comme l'intelligence du même nom.

Ruquier, la prochaine fois, dans la famille Villani, faudra plutôt inviter le tonton. Il se dit qu'il a des mots...

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Dim 8 Avr - 14:39

Mai 68

Ce qui ne va pas dans la présentation qu’on nous fait de mai 68, c’est qu’on nous montre ça depuis le point de vue du progrès. Les types ont déjà en tête ce qui serait un progrès social et distribuent ensuite bons et mauvais point, comme si le mouvement des années 60 (dont il est bon de rappeler que 68 ne fut qu’un épiphénomène et en rien une tentative plus ou moins spécifiquement française de « révolution ») était un mouvement de revendications sociales comme un autre.
C’est-à-dire qu’en même temps qu’on nous dit ça, on nous dit l’utopie, la jeunesse etc. Et c’est là que ça déconne. Moi je veux bien que l’utopie soit un truc de la jeunesse, sauf que : un, quand les ouvriers s’en sont mêlés, eux aussi ont eu quelque chose à voir - et à dire - concernant l’utopie ; deux, si c’est pour balayer la-dite utopie en tant qu’illusion de jeunesse sans en dire un mot, on passe complètement à côté de quoi que ce soit qui permettrait de comprendre ce qu’il s’est passé (et d’en tirer quelque chose). Enlevez la part de rêve aux hommes, qu’est-ce qu’il reste ? Il reste un monde cynique qui ressemble foutrement à celui d’aujourd’hui, au pragmatisme glacé, dont nulle solution jamais formulée semble capable de nous sortir. Un monde où « c’est comme ça et pas autrement », bref un monde fasciste... où le publicitaire nous vend des rêves du type : soit ce que tu veux être, tu es libre d’acheter d’entreprendre. On a le droit d’être pauvre et de fonder une famille ? Ok mais quel changement alors : c’est où le « progrès » ?
Dans les années 60, les jeunes ne rêvaient pas d’être les héros du mauvais film actuel. En général, à ce genre de question, ils répondaient qu’ils « voulaient être eux-mêmes ». C’est pas mal, non ? Et ça encore, il faut que les menteurs professionnels de la droite (individualiste), les Sarkozy, Luc Ferry et compagnie, le salissent en baratinant que « ça voudrait dire » une aspiration à l’individualisme, comme quoi l’individualisme outrancier d’aujourd’hui serait le fruit des années 60. Sont gonflés ! Et minables aussi.

Or c’est justement l’utopie qui doit donner à réfléchir, et non une sorte de comparaison sociale à la sauce progressiste, sur le mode d’un « avant/après » d’où du coup, les types n’ont rien à faire ressortir que les quelques axes qu’ils ont en tête aujourd’hui, parce que d’actualité. Alors on nous parle des droits des femmes et des homos, un peu d’écologie aussi, et circulez : voilà selon eux ce qu’il y aurait à dire sur mai 68. Quant à la droite, toujours aussi empressée d’idéologiser l’histoire, elle ajoute que ce serait forcément les soixante-huitards qui auraient pris les rênes du pays (en tant qu’élite issue des universités parisiennes : tu parles d’une élite) et donc seraient responsables du merdier actuel (dont l’individualisme donc). Comme si tout le monde avaient été soixante-huitard : vision du peuple toujours aussi méprisante, le peuple (fut-il universitaire) comme un troupeau de moutons qui auraient bêlés en choeur les trois slogans sur lesquels s’appuient sans vergogne des pseudo-sociologues pour dire les désirs qu’il faudrait tirer de l’inconscient du protestataires de l’époque. On peut difficilement se foutre plus que ça de la gueule des gens !

Cette méthode comparative, en terme de progrès, c’est hélas en gros ce que nous propose le Nouvel Obs dans son hors-série sur mai 68, et ce en plus en le décontextualisant des mouvements de contestation internationaux (mais avant tout américains) qui faisaient l’air du temps, le terreau sans lequel mai 68 n’aurait sans doute jamais eu lieu. Du contexte donc, pas un mot ou presque, ça en devient lassant...
(à lire, quand même, une très bonne interview d’Edgar Morin)

Bref je le répète, si on enlève l’utopie, on enlève le moteur, il ne reste qu’une carcasse vide de sens. C’est là-dessus qu’on nous propose exclusivement de réfléchir. On occulte le problème, on confond aspirations et conséquences, rêve et politique, ce qui consciemment ou pas participe au processus de récupération qui a eu lieu après ; processus dont, est-il utile de le préciser, il n’est bien entendu fait mention nulle part. Bref on évite avec toujours le même talent de parler de quoi que ce soit qui permette de comprendre ce qui fut en jeu dans l’esprit des gens à l’époque (et qui, qui sait, pourrait l’être encore aujourd’hui).
Ça va être chouette, la gueule de l’Histoire, dans les manuels scolaires !
Les types donc nous parlent de progrès social et point barre. Ils ont l’air content finalement, que ce soit les médias ou les politiques, de leur lutte à deux balles : « soyez confiant les gars, on va dans la bon sens », qu’ils nous disent.
Ben on n’est pas fauchés avec ça !

On peut encore rajouter un mot de Deleuze sur le sujet :
Mai 68 ne fut pas la conséquence d’une crise ni la réaction à une crise. C’est plutôt l’inverse. C’est la crise actuelle, ce sont les impasses de la crise actuelle, ce sont les impasses de la crise actuelle en France qui découlent directement de l’incapacité de la société française à assimiler Mai 68. La société française a montré une radicale impuissance à opérer une reconversion subjective au niveau collectif, telle que l’exigeait 68 : dès lors, comment pourrai-elle opérer actuellement une reconversion économique dans des conditions de « gauche » ? Elle n’a rien su proposer aux gens : ni dans le domaine de l’école, ni dans celui du travail. Tout ce qui était nouveau a été marginalisé ou caricaturé.

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mar 17 Avr - 8:21

Le vénérable W (Barbet Schroeder)

Vu à la télé le film-document de Barbet Schroeder sur Ashin Wirathu, le moine bouddhiste qui attise la haine anti-musulman en Birmanie. C’était alléchant, de voir s’exprimer un de ces types qui, à l’instar des Pol Pot et autres Hitler, appellent à la haine en toute conscience, et en assume les conséquences. On allait enfin en voir un, de ces tarés, faire connaissance avec la bête.

Et tout de suite, j’ai été choqué : le moine en question ressemble à un enfant. D’une voix douce, presque détachée, il nous expose le processus qui l’a amené à lancer ses appels à la haine, à faire de lui le leader d’un mouvement qui a bousillé la vie d’un million de gens. Et moi je vois une sorte de môme. Un gamin au sourire bizarre, douçâtre.
Il expose, il disserte, il relate tranquillement ce qui l’aurait amené à prendre les positions qu’on sait. Il était à peine adolescent quand aurait eu lieu un viol dans son village, viol commis par un musulman. Et ça aurait provoqué chez lui un dégoût envers l’ensemble des musulmans. Devenu ensuite moine, il poursuit son idée, ou c’est son idée qui le poursuit. Et aujourd’hui il balance des théories du genre « grand remplacement », psalmodie que la race (birmane, on imagine) serait menacée, et avec elle la religion, la tradition etc. Encore il s’inquiète que les musulmans épousent les femmes birmanes, et en plus les convertiraient à leur religion. Pas impossible qu’il emploie l’expression « voler nos femmes », je suis pas très sûr (et pendant ce temps, je me demande si le type en a jamais connu une, de femme).
Bref un discours débile, assez semblable au leitmotiv de l’extrême-droite en France.

Mais c’est après que ça m’est apparu. Que m’est apparu la possibilité d’une incommensurable simplicité de l’univers mental du bonhomme. En fait, je crois que le type est quasi simplet, et en particulier inconscient de la souffrance du monde, y compris peut-être de celle que lui-même inflige (ce qui serait terrible pour un soi-disant bouddhiste).
Un enfant qui jouerait avec le monde ?
Un enfant en tous cas qu’un simple fait divers dans un village, le sien, a fait basculer dans une haine qui ne le quittera plus. Le monde réduit à un village. Une haine qui semble tenir lieu de fil conducteur à sa pensée, de fil où se nicherait le b.a.ba de la substance de son monde à lui. Le moine déroule une histoire. Il nous la présente comme un processus en conscience, réfléchi, raisonnable, et c’est avec calme et presque sérénité qu’il en tire les conclusions. Rétrospectivement ça me fait l’effet d’une sorte d’idiot jamais sorti de son bled, qui dirait le monde comme parfaitement  pénétré par la finesse de sa pensée, comme s’il distillait de nobles vérités. Le tout parfaitement indifférent à la souffrance qu’il inflige. Une sorte de haine détachée, de dégoût froid, d’indifférence absolue. Le mépris du musulman comme un mantra...
Et l’on ne sait pas si c’est un enfant qui joue la vie.
(et la mort aussi)

Bouddha aurait été un prince qui aurait pris conscience de la souffrance des hommes le jour où, pour la première fois, il est sorti de son palais. Wirathu en est-il jamais sorti ? En tous cas, on dirait un enfant vaniteux qui n’aurait jamais grandi, et qui semble se cacher derrière le prestige de sa tunique couleur safran, un enfant expérimentant le vide plus que la vacuité. Quant aux moines autours, on ne comprend pas non plus ce qui les pousse à le suivre, alors que tout l’enseignement bouddhiste consiste en la non-violence et la recherche d’une paix intérieure. A Mandalay (deuxième ville du pays), près d’un habitant sur trois serait moine. Ceci explique peut-être cela. N’oublions pas qu’un moine, c’est d’abord un enfant pris en bas âge, et dont la vie consiste essentiellement en rituels et récitation de mantras. Et pour finir le peuple, lui aussi trop souvent, trop facilement impressionné par la sagesse supposée des hommes en safran.

Le monde comme un village, ça m’a fait penser à Deleuze et son histoire de tique, branchée en tout et pour tout sur trois émotions/environnements au cours de sa vie...
Et un million de gens persécutés donc, qui n’ont d’autre choix que de tout quitter pour partir dans des camps de réfugiés, ou tenter de refaire leur vie au Bengladesh pour les plus aventureux.


(on peut encore voir le film le samedi 21 avril : à 01h35 et 09h55 sur ciné+club)

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Dim 29 Avr - 9:21

Médecins 1

Billet d'humeur : cette fois, c'est sur les médecins que ça tombe. Soit donc un texte ici dans comme qui dirait l'élite des journaux français, j'ai nommé Causeur, râlant contre un article paru dans l'Obs :

Un article de Barbara Krief dans L’Obs intitulé « Abusées par leurs médecins, elles demandent l’interdiction des rapports sexuels avec les patients » m’a fait réagir. Jusqu’à présent, je m’étais simplement contenté de traiter par le mépris ce phénomène que les médecins appellent improprement doc-bashing parce qu’ils n’osent pas lui donner son nom : un harcèlement contre notre profession. Car autant le dire tout de suite : je suis médecin…
Nobody's perfect. Sinon à mon avis, t'aurais du continuer dans le mépris. Je dis ça au cas où tu aurais la chance de lire ma prose particulièrement enragée dès qu'il est question de médecins (et je me contrefous de l'égalitarisme, au cas où mon cas t'intéresserait).


Balance ton  toubib!
Ce papier relate le drame vécu par plusieurs femmes, honteusement abusées par certains de mes confrères au mépris de la morale la plus élémentaire, qui réclament à présent que soit intégré au code de déontologie médicale un article interdisant expressément les relations sexuelles entre un praticien « et les patients dont il a la charge ».
Bon, le doc dit qu'abuser des patientes, c'est moche. Dont acte. Voyons la suite.

Policiers et médecins,  professions  boucs  émissaires
Tentons une explication en forme de parallèle, ou, plus précisément, d’analogie. Quelles sont donc les deux professions (ou corporations, pour reprendre ce terme dont la connotation négative aux relents de vichysme ne peut avoir échappé au lecteur averti) qui sont le plus régulièrement dénigrées dans nos médias ou nos réseaux sociaux, l’insulte verbale n’étant le plus souvent que le prélude à l’agression physique sur le terrain ? Si l’on met hors de course les politiciens, champions toutes catégories, les deux gagnants sont sans conteste les policiers et les médecins.  Qu’ont donc en commun gendarmes, policiers et médecins ? Les années passées au service d’une population parfois hostile, et le plus souvent indifférente, quand des circonstances exceptionnelles comme le sacrifice d’un Arnaud Beltrame ne viennent pas rappeler le dévouement de ceux qui ont choisi de consacrer leur vie à protéger les autres ? Où donc réside la source commune de l’opprobre qui les couvre ? Elle est à mon sens d’un ordre proprement symbolique.
Où que c'est qu'on apprend qu'Arnaud Beltrame était "médecin", ou tout pareil (les médecins, c'est comme la vierge ou Bernadette Soubirou), c'est-à-dire à se dévouer pour l'autre, toussa. Ça va doc ? A l'aise dans tes baskets ? "Dévoué", c'est le mot qu'il fallait éviter, avec moi ! Et les types avec leur marteaux-piqueurs, ils font quoi eux ? Ils le volent, leur fric ? (jurons divers et appuyés). Quant à la connotation au régime vichyste, j'informe mon nombreux lectorat que ça rapporte au cher Ordre des Médecins, machin puant créé sous Pétain, destitué et re-créé après, et qui se contrefout des patients, comme le démontre par exemple sa façon de "juger" les dossiers que des ignorants ont la naïveté de leur envoyer : tu dois être au courant doc, pas vrai ? Faut que je continue ? Avis aux femmes qui me liraient : si vous êtes agressées par votre médecin, allez chez les flics : comptez pas sur l'Ordre des Médecins !


Pas de « réel  consentement » entre médecin et patiente?
La nuit du 4 août 1789, en plein cœur de la première révolution réellement démocratique du monde, les Français eurent le courage de mettre à bas l’injustice de l’inégalité fondée sur la naissance, qui attribuait à chacun pour sa vie entière une place et une distinction dans la société dont il lui était quasi impossible de s’extraire. Mais déjà, quarante ans plus tard, Tocqueville pointait du doigt la naissance d’une dérive inhérente  au principe  démocratique : la perversion du noble amour de l’Égalité en une vile passion pour l’égalitarisme. Et c’est là, dans ce sentiment dégradé, que loge le substrat de la haine qui accable aujourd’hui si souvent médecins, gendarmes et policiers : nos contemporains, nourris par deux siècles d’égalitarisme, sont désormais incapables d’accepter la rupture d’égalité induite de facto par ces professions qui confèrent un pouvoir sur les corps, voire sur les esprits. Cette asymétrie est vécue comme une injustice intolérable, qui ne peut être par essence que source de préjudice, et qu’il importe donc au plus haut point de faire disparaître autant que possible. Ce sentiment est clairement exprimé dans l’article de Barbara Krief : « Il n’y a pas de réel consentement éclairé possible dans le cadre d’une relation patient-médecin. Les rapports sont déséquilibrés, il ne s’agit pas de deux adultes consentants. Ces situations peuvent être comparées à l’inceste, dans le sens où le soignant a le pouvoir, l’ascendant, sur le patient. »
Belle intro culturelle, gars. Ah que ça fait du bien dans un journal en général écrit avec les pieds. Alors quoi sinon ? Ah oui, l'égalitarisme. Ah mon pauvre ami, à qui le dites-vous : quel fléau ! Quoi encore : "source de haine" : hé bé dis donc, il en a de ces analyses savamment nuancées, notre représentant de l'élite : bel effort, Einstein ! Le "noble amour" (de l'égalité) et la "vile passion" (de l'égalitarisme). Wow le style, l'autre hé, comment que ça le fait, ma mère ! What else ? Ah bon, les flics aussi, le peuple ça lui suggèrerait une jalousie pour cause de non-égalitarisme. Eh bé ! Drôlement psychologue, le gars ! Ce genre de lecture, y'a pas : ça vous grandit. Mais donc ce serait "clairement exprimé" dans l'article incriminé ? Voyons voir ça : "les rapports sont déséquilibrés" est-il écrit. Et c'est ça qui te mine, lapin ?


Sachons tolérer un peu d’inégalité
Le corollaire est immédiat : puisqu’il n’y a pas d’égalité, il faut donc restreindre les prérogatives de ceux qui se trouvent, par leurs fonctions, en situation de « domination ». Réduire le droit du policier à faire un usage raisonné de la force, ou interdire au médecin les relations sexuelles avec ses patients.
Complètement taré avec son corollaire immédiat : "rapports déséquilibrés", ça voudrait dire "situation de domination" ? C'est qu'il s'y croit, pépère. C'est toi la situation dominante, doc ! Ce qui est dit, c'est que d'un côté, il y a des types en souffrance, de l'autre, d'autres types ayant parfois les moyens d'arranger les choses. Ça te cause en termes de rapports déséquilibrés ?
Enfin je dis ça... je vais pas non plus aller dans le sens des néo-féministes non plus, quand bien même il y aurait concurrence chez moi, entre l'amour que je leur porte et celui réservé à un bon paquet de médecins.

Au-delà des différences évidentes, c’est partout la même logique qui est à l’œuvre : tout pour l’égalité. Peu importe que les conséquences soient terribles pour la liberté : comment interdire qu’un médecin puisse tomber amoureux d’une personne qu’il soigne ? Devra-t-il attendre et l’adresser à l’un de ses confrères ?
Ah d'accord. En début d'article, monsieur déplorait les abus contre la morale, toussa, maintenant v'là qu'il parle de types qui tombent amoureux de leurs patientes. Il est chou (et toujours aussi dévoué, avec ça). Et sinon, ça vous arrive combien de fois par jour, de "tomber amoureux", les gars ? Et après (l'acte) à propos, toujours aussi amoureux doc ?


Voilà pourquoi à mon sens il importe, plus que tout autre chose, d’apprendre ou de réapprendre aux français qu’entre la Liberté et l’Égalité, le choix devrait être immédiat, et toujours en faveur du premier de nos principes républicains ! Lui seul, malgré tous ses défauts, nous garantit le droit sacré de mener nos vies à l’abri de toute forme d’arbitraire ou de tyrannie. Sachons donc tolérer un peu d’inégalité, fût-ce au prix parfois d’abus, qui devront aussitôt être condamnés au simple nom de la justice.
Ah bon, l'égalité c'est sympa, mais la liberté c'est top cool. Sacré Dino (où qu'elle est, Shirley ?), ça vole haut, ton truc. Et la fraternité sinon, elle est toujours sur le podium ou rien à branler ? PS : merci pour la tolérance (quelle leçon !). NB : et oublie pas de voter (pour la France, on te fait confiance) !


Les légitimistes reprochèrent autrefois aux révolutionnaires d’avoir donné libre cours en 1789 aux sentiments les plus vils, comme jadis Pandore en ouvrant la boîte des passions humaines. Ne baissons pas les bras aujourd’hui en nous souvenant qu’au fond de la boîte demeura l’Espérance.
Décidément, un tel style allié à une telle confiture, ça me tire des larmes. Mais non, pépère, t'inquiètes pas, tu vas le garder, ton droit à une position surplombante, à te différencier de la vulgaire plèbe. Mais oui gars, t'es l'élite, t'inquiètes pas. D'ailleurs ta corporation pourra continuer à politiquement représenter avec dignité cette plèbe dont tu sembles si proche, grâce aux trois mots du vocabulaire appris grâce aux études payées par papa. La preuve ? Ben t'écris des machins parfaitement insipides et navrants et pourtant, t'es dans Causeur. Elle est pas belle la vie ?


santa Pardon, j'ai pas pu m'empêcher...
(beau spécimen en tous cas)

Signé : Joe Bousquet



PS : si si, des "dévoués", il en existe encore deux ou trois spécimens.

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Sam 5 Mai - 10:00

Médecins 2 : de la supériorité du flic sur le médecin

Un bien beau spécimen, disais-je.
Mais pas isolé, bien au contraire. Et c’est justement pourquoi il est agréable qu’enfin, si on l’en croit, les gens associent médecins et flics dans leur rejet (agréable mais tout à fait injuste envers les flics).

Mais s’est-il seulement demandé pourquoi, le petit bonhomme ? On doute de trouver en lui ce genre de capacité, comme son diagnostic (tout à fait digne d’un médecin) le démontre : "égalitarisme"... faut-il être con ! Con et prétentieux évidemment. Et là on touche au pourquoi de cette haine populaire (encore que haine soit excessif, détestation est plus approprié). Parce que s’il est une chose que le peuple déteste, déteste et voit, c’est-à-dire plus précisément voit et déteste (respectons la chronologie) : c’est cette insupportable arrogance d´un très grand nombre de médecins, cette façon infiniment répandue qu’ils ont de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas, et de traiter les gens de façon tellement condescendante.

Et c’est là que personnellement je préfère nettement les flics. Bien plus de flics que de médecins sont conscients du pouvoir que leur donne leur uniforme, ce qui est indubitablement une forme d’intelligence que les médecins n’ont pas ! De plus, c’est justement les médecins qui devraient être censés l’être, conscients de ce type de pouvoir : c’est bien eux qui ont fait dix ans d’étude, non ? (soit un chouïa plus que ce qui est demandé aux flics). Bref, aux flics on file un uniforme d'autorité et c’est un lieu commun que de dénoncer  comment ça monte à la tête de certains (c’est triste, c'est universel, c’est la vie). Mais quand la supposée élite répète exactement le même processus, ça devient juste insupportable de bêtise. Ce que c’est con, un médecin !

Et dans la série regard sur le monde, commun à Deleuze, moi, et quelques centaines de milliers de personnes (ai-je dit quelque part), il se trouve que Deleuze aussi porte le même constat sur les médecins, je cite : "dans leur fonction ils traitent les gens comme des chiens : c'est vraiment la lutte des classes car si on est un peu riche, ils sont déjà un peu plus polis" (abécédaire). Un petit rab ? "Ils sont trop incultes ou alors quand ils se lancent dans la culture, c'est une catastrophe". Ah il les aime bien ! Coïncidence ? Va savoir...

Alors cher ami, praticien et pigiste à Causeur, grâce à mes bons soins à moi, tu sais maintenant pourquoi les gens ne t’aiment pas. Le peuple n’aime pas les prétentieux, et je peux t’assurer que c’est un phénomène universel. Alors ta théorie sur l’égalitarisme propre à une société post soixante-huitarde, tu te la mets où je pense : le peuple déteste et a toujours détesté ceux qui se la pètent.

Le truc à comprendre (et je l’ai esquissé trop vite au dessus), c’est qu’on a donc d’un côté un type supposé avoir un savoir (médical), et de l’autre des gens "en souffrance". Et c’est absolument intolérable, t’entend bien : intolérable... que les médecins - que nombre de médecins - ne soient pas clairement conscients du rapport de forces qu'entraîne inévitablement une telle situation. En souffrance, ça te cause ? Tu comprends ce que ça veut dire, en souffrance, doc, ou t’es bouché à l’emeri ?

Insupportable que nombre d’entre eux en soient aujourd’hui par exemple à prôner un genre de leitmotiv comme quoi tout serait stress, tout serait "dans la tête", dans la tête des gens... et leur maladie : et jusqu'à LA maladie elle-même, toute maladie, qui ne serait elle-même que le fruit d’un déséquilibre psychique. En clair, tes croyances, tu te les carres dans la sphère privée, comme on dit, et tu bosses ! C’est insupportable de voir chez certains médecins des bibliothèques entières de livres de psychologie ou de psychanalyse, et de les voir se targuer d’un diagnostic psy quand ils n’ont pas l’ombre d’une bribe de formation pour. Mais les gars, si ça vous emmerde d’écouter la misère du monde, échangez votre Vidal contre un marteau-piqueur. On vous demande juste de faire ce pour quoi vous êtes payés, pigé ?

Et là j’ai une pensée pour une copine cancéreuse à qui son médecin habituel a eu le culot d’expliquer, à la deux ou troisième récidive, que c’était "dans sa tête"... allant jusqu’à lui refuser de simples examens qui l’aurait rassurée. Un autre a fini par le faire à sa place : elle est morte peu après (oui, détestation). Un cas isolé, une brebis galeuse ? Non. Juste la conséquence de vos croyances (celles de nombre d’entre vous).

Alors enfin : enfin les gens ne pourraient plus vous supporter. Eh ben c’est pas trop tôt !
Parce qu’avant, ils savaient pas, ils s’écrasaient. Avant chez les médecins comme chez les notaires et chez d’autres encore, les "petites gens" entraient la tête basse, conscients (et que trop) d’aller chez "un grand monsieur ", un monsieur qui avait fait des études, un monsieur qui savait parler. Et ce genre de relation, on dirait que ça vous a donné un drôle de sale pli... un pli dont vous avez du mal à vous défaire, pas vrai ? C'était bien confortable, gratifiant et tout et tout, de se retrouver toute la journée à penser (boulot oblige) face à des gens qui eux se tortillaient pour trouver des mots (et des mots pour dire la souffrance, c'est pas si facile, petit bonhomme, figure-toi). Et tout ça, ça serait terminé ? Pauvres choux.

Et je pense encore à un de ces médecins, lecteur assidu de psycho-machinchouette divers. Je me souviens du type hors de son cabinet cette fois, je me souviens comme il courait dans l’hôpital... comme il courait en gesticulant de partout, comme un lapin aveuglé par les phares d’une voiture. Le jour où ça lui est arrivé à lui, le jour où c’est lui qui est passé du côté des "gens en souffrance", du côté de ceux qu’il avait toute sa vie côtoyé avec ses fières théories, de ceux sur le dos desquels il s´était engraissé. Ah il frimait moins, le grand manitou, monsieur l’élite, avec ses mots et son regard sur le petit peuple ! Pauvre type.

Et ça ose causer "dévouement". Et les gens, la larme à l’œil, de les bénir quand ils s’en sortent : "oh, merci docteur, sans vous...". Et c’est qu’ils y croient, les toubibs, se font pas prier dans ce cas. Les autres, ceux qui remercient pas ? Bah des types stressés sans doute, à cause ou pas de leur marteau-piqueur. Ou sinon peut-être qu’ils sont morts ? (sans doute qu’ils ne voulaient pas guérir alors)

Donc oui, Deleuze et moi (et peut-être Pialat aussi), on fait partie des gens qui ne vous aiment pas, monsieur le représentant de l’élite et de la liberté (mais pas de l’égalité), Deleuze et moi on fait partie des gens qui ne reconnaissent pas l’autorité dans les abus dont vous êtes l’indigne représentant.
Bref, allez vous faire foutre, cher ami.

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mar 8 Mai - 12:37

« La dame que j’ai au bout du fil, elle a appelé la police », soupire une opératrice. « C’est parce qu’elle a la grippe, c’est ça ? », répond l’autre. « Elle m’a dit qu’elle va mourir. Et ça s’entend, qu’elle va mourir. » Des rires gras ponctuent la discussion. Au bout du fil, une autre voix, exsangue, peine à mettre des mots sur sa douleur. Naomi Musenga, une jeune Strasbourgeoise, tente de décrire ses maux. « Si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche », tance l’opératrice du SAMU d’une voix agacée. « J’ai très mal. Je vais mourir », souffle la jeune femme. « Oui vous allez mourir un jour, comme tout le monde, OK ? Vous appelez SOS Médecins, je ne peux pas le faire à votre place », conclut sèchement son interlocutrice.

Naomi Musenga est morte quelques heures plus tard.
C’est .

Rien à signaler, le train-train. L'opératrice concernée est chanceuse : une possibilité lui est gracieusement accordée de devenir moins con. C’est cher payé, évidemment (et restent les autres).

Mais faut que j´arrête avec la médecine, je risque d’être intarissable. L'idéal, ça serait que des ordinateurs remplacent les généralistes. Ils prendraient la tension, ausculteraient les gens et enregistreraient leurs doléances, avant que ceux-ci ne récupèrent (dans l’ouverture prévue à cet effet) les médicaments suggérés par le Vidal. Les gens seraient mieux soignés. Certes ça augmenterait le chômage chez BMW, mais aussi ça résorberait le trou de la sécu.

Un choix cornélien.

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Jeu 10 Mai - 5:53

Alors ? Un dysfonctionnement, comme dit la ministre ; un manque de moyens comme saute-sur-l’occasion un autre ? Mais non, bien sûr, la simple conséquence d’un monde où la gentillesse n’a plus de place pour exister, un monde qui fabrique des cons individualistes détachés de toute forme d’empathie, qui développent ce mode d´être pour exister. En Inde, ces choses-là n’arrivent pas (même s’il est d’autres formes de bêtise qui tournent à l’inhumanité).

J’ai eu exactement la même réaction une fois en appelant les pompiers : un ascenseur très exigu en panne, mon très vieux père devenu tout blanc et qui s’affaissait, glissait lentement vers le sol sans plus pouvoir dire un mot, et un type au bout du fil de m’expliquer de rappeler quand il serait tombé (sic) ! Après quelques tentatives pour le raisonner, je l’ai copieusement insulté, ai raccroché et ai rappelé le même numéro. Un autre type a alors immédiatement pris les coordonnées et les pompiers sont arrivés... à temps !

(c’est toujours le même processus, le type juge, et à partir de là devient imperméable au doute... et devient capable de faire strictement n’importe quoi)

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Mer 16 Mai - 12:02

D'après Le Monde, les "noms, prénoms, adresse postale et téléphone" de trois opératrices du SAMU auraient été divulgués sur le net accompagnés de commentaires ignobles. Bravo encore aux néo-féministes d'avoir lancé cette gracieuse mode de la délation sur le net !

En espérant que ces "corbeaux" seront inquiétés et perdront au moins leur précieux anonymat !

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati le Dim 20 Mai - 14:46

Thomas Veyret, 21 ans, a été amputé de la jambe en février 2017 à la suite d'une mauvaise chute sur son lieu de travail (...) Souffrant d'une fracture, sa jambe est "à l'équerre" comme il va l'expliquer à l'opérateur qui prend son appel. L'homme au bout du fil demande à l'étudiant de remettre sa jambe lui-même.
- "Attendez je vais doucement parce que là...", lance le jeune homme comme l'atteste un enregistrement de la conversation.
- "Allez doucement mais là j’attends depuis un moment", rétorque l'opérateur avec fermeté.

... à cause de ce mauvais geste médical et d'une prise en charge bien trop tardive, la jambe du jeune homme n'a pas reçu d'oxygène pendant plusieurs heures. A l'hôpital, il a dû attendre 7 heures avant de passer l'angioscanner qui lui a été prescrit. Un examen qui permet de visualiser les artères et vaisseaux sanguins responsables de l'irrigation du corps en oxygène.
Une plainte a été déposée et une demande d'indemnisation est en cours d'examen.

https://www.bfmtv.com/police-justice/c-etait-le-meme-discours-odieux-thomas-veyret-ampute-apres-une-prise-en-charge-tardive-du-samu-1441995.html

Encore une brebis galeuse ? Ben voyons... alors ensuite, on cherche un "responsable" : le crétin qui s'est laissé aller à appliquer la doctrine anti-plaisantins au bout du fil (en l'occurence remettre une jambe cassée tout seul, y'a que Rambo qui fait ça). Les médecins ? Pas responsables, jamais. Dans l"Obs, après l'affaire Musenga par exemple, un article a été commis pour dire les "dysfonctionnement" suite au décès de la jeune femme. On pointe ceci, cela. On s'étonne. Puis un type vient expliquer le manque de moyens, on invoque la crise, un vague combat politique, et l'affaire est close.
Mais les médecins ? Ben non, pas de responsabilité, jamais (sauf quelques fameuses "brebis galeuses").

Mais pourquoi clore ce chapitre, quand des anonymes dénoncent n'importe qui pour abus sexuel et que c'est chaque jour dans tous les journaux ? Faut être anonyme pour avoir le droit de dénoncer ? Réduit à l'état de loque par un médecin, c'est pas traumatisant ? Et pourquoi pas alors un #balancetonmédecin ?

Parce que ce qui ne dysfonctionne pas du tout, dans ces histoires, c'est l'omerta pratiquée (c'est que parler, c'est être viré). Et sauf être complètement coincés, les médecins ne reconnaissent JAMAIS aucune faute (il ne savent pas ça à l'Obs ?). Et c'est pas un "dysfonctionnement" que de lire ce genre de rapport bidon, où l'on omet tout ce qui fâche, c'est la procédure normale.

Alors certains portent plainte, quand même. Et débarquent les avocats "spécialistes", ceux qui défendent les médecins quelquefois toute une vie sans jamais plaider d'autres affaires. Ceux-là sont rompus à la chose. Une fois j'en ai pris un entre quatre yeux, je lui ai demandé si ça le gênait pas de s'acharner sur des types en souffrance dont les médecins avaient plus ou moins bousillé la vie. M'a été répondu ce que répondent les médecins, à savoir que certains "exagéraient". Alors quoi, des types iraient jusqu'à faire des procès pour essayer de se faire du fric, alors que ça n'a pas lieu d'être ? (le type amputé là, va savoir si sa jambe est pas repliée en fait). Et en plus ils gagnent souvent, ces avocats spécialistes. Forcément face aux autres en face, petits avocats qui eux font autre chose que du droit médical. Pour finir, sachez que ces avocats au service des bavures médicales, ça fait partie du forfait en consultation privée. C'est-y pas chouette ?

Engagement d'une assurance-médecin (prise au hasard sur le net) :
Nous mettons à votre disposition notre équipe de juristes exclusivement spécialisés dans la Responsabilité Civile médicale. En cas de réclamation d’un patient : médecins et juristes spécialisés mettent en œuvre tous les moyens pour contenir les conséquences dommageables du sinistre.
Si votre responsabilité est mise en cause : éviter les procédures longues et aléatoires, dialoguer avec le patient et rechercher une solution équitable sont nos objectifs prioritaires. Cela permet de régler le conflit à l’amiable dans 50% des cas.
Si la conciliation n’aboutit pas, nous sommes à vos côtés pour vous défendre devant toutes les juridictions : civile pour les fautes, pénale pour les infractions ou devant l’instance ordinale.
Prise en charge de tous les frais du procès.
Des plafonds de garantie conformes à la réglementation, si votre responsabilité est retenue. Et avec la couverture du Fonds de garantie, vous êtes totalement à l’abri du risque d’être appelé en complément sur vos biens propres.
Garantie dommages corporels : 8 000 000 euros par sinistre et 15 000 000 euros par année d’assurance. 
Garantie dommages matériels : 1 000 000 euros.

(faut que j'arrête avec les médecins, faut que j'arrête avec les médecins)

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par chapati Hier à 14:42

Mai 68 2 : individualisme (aparté à propos d'ici).

Pour mai 68, faut que j'excuse le camarade Deleuze de ne pas avoir imaginé (et donc répondu par avance) qu'on pourrait attaquer mai 68 en expliquant que ce serait un mouvement "individualiste".

Faut dire qu'on l'avait pas vu venir, celui-là, dans le genre foutage de gueule. C'est quoi l'individualisme sauce 68 ? C'est dire que le patriotisme, on s'en tape un peu ? Que la chair à canon, ça va bien cinq minutes ? Que le travail à la chaîne, c'est pas hautement digne ? Que que les hommes, c'est autre chose que des moutons qu'on peut tondre à loisir ? Ben si c'est ça alors, mai 68 est effectivement individualiste (mais où va-t-on, Marie-Chantal, si le peuple lui-même refuse de se laisser tondre).

Sauf que c'est pas comme ça qu'ils nous présentent les choses, les Sarkozy, Luc Ferry et autres magnats de l'élitisme bon marché, ils disent que le peuple serait devenu "égoïste". Pauvres choux, ils ont eu tellement peur de plus pouvoir tondre qu'ils disent que c'est la faute aux moutons, que ceux-là sont devenus égoïstes (et les tondeurs sont altruistes, comprenez bien : dans leur monde, chacun sa place). Sans doute que ces gars-là, ils ont zappé le nazisme, dans le genre date charnière de l'histoire de l'humanité (de l'occident). Alors mai 68, c'est plus facile de se pencher dessus et d'en tirer n'importe quelle connerie. Le XX° siècle pour eux, ça doit être un avant et un après mai 68 (mon dieu ce qu'ils sont cons). La guerre, ça doit être comme un trou pour eux... et l'histoire reprend (comme si de rien n'était) après cette fâcheuse interruption (tout à fait inexplicable, il va sans dire, mais sans conséquences, ça va de soi). On "reconstruit" nous dit-on, et hop, c'est reparti pour un tour ! Ah que voilà de la belle sociologie...

Et vous savez quoi ?
Ben ça marche. Le mot d'ordre passe, en tous cas à droite... c'est-à-dire chez ceux qui politiquement revendiquent justement l'individualisme à fond la caisse ! Faut-y pas être gonflé ! Mais ma foi, si les gens sont suffisamment cons pour croire à ce genre de manipulations, c'est qu'ils répondent bien au rêve de droite : enfler le peuple jusqu'à l'os, le presser comme un citron et s'en foutre plein les poches. Ça c'est du bon collectivisme, solidaire, fraternel et tout et tout !

Bien évidemment qu'il n 'y avait rien de plus collectif que mai 68, alors le coup de l'individualisme, c'est tellement gros, énorme, obscène, que ce bon Deleuze l'avait pas vu venir, celle-là. Comment peut-on se foutre de la gueule des gens à ce point ? C'est un truc qui m'a toujours dépassé. Que répondre alors à ces clowns obscènes ? Rien, y'a rien à répondre : ils n'en valent pas la peine. Les insulter éventuellement, ou les mépriser, y'a rien d'autre à faire, c'est une question de dignité : on n'a pas à répondre à des types qui se foutent ouvertement de la gueule des gens. Il ne reste qu'à insulter les insulteurs.

chapati
Admin

Messages : 230
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: A boire et à manger

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum