Médecine, médecins

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Médecine, médecins

Message par chapati le Jeu 24 Mai - 15:38

Médecins 1


Cette fois, c'est sur les médecins que ça tombe. Soit donc un texte ici dans comme qui dirait l'élite des journaux français, j'ai nommé Causeur, râlant contre un article paru dans l'Obs :

Un article de Barbara Krief dans L’Obs intitulé « Abusées par leurs médecins, elles demandent l’interdiction des rapports sexuels avec les patients » m’a fait réagir. Jusqu’à présent, je m’étais simplement contenté de traiter par le mépris ce phénomène que les médecins appellent improprement doc-bashing parce qu’ils n’osent pas lui donner son nom : un harcèlement contre notre profession. Car autant le dire tout de suite : je suis médecin…
Nobody's perfect. Sinon à mon avis, t'aurais du continuer dans le mépris. Je dis ça au cas où tu aurais la chance de lire ma prose particulièrement enragée dès qu'il est question de médecins (et je me contrefous de l'égalitarisme, au cas où mon cas t'intéresserait).


Balance ton  toubib!
Ce papier relate le drame vécu par plusieurs femmes, honteusement abusées par certains de mes confrères au mépris de la morale la plus élémentaire, qui réclament à présent que soit intégré au code de déontologie médicale un article interdisant expressément les relations sexuelles entre un praticien « et les patients dont il a la charge ».
Bon, le doc dit qu'abuser des patientes, c'est moche. Dont acte. Voyons la suite.

Policiers et médecins,  professions  boucs  émissaires
Tentons une explication en forme de parallèle, ou, plus précisément, d’analogie. Quelles sont donc les deux professions (ou corporations, pour reprendre ce terme dont la connotation négative aux relents de vichysme ne peut avoir échappé au lecteur averti) qui sont le plus régulièrement dénigrées dans nos médias ou nos réseaux sociaux, l’insulte verbale n’étant le plus souvent que le prélude à l’agression physique sur le terrain ? Si l’on met hors de course les politiciens, champions toutes catégories, les deux gagnants sont sans conteste les policiers et les médecins.  Qu’ont donc en commun gendarmes, policiers et médecins ? Les années passées au service d’une population parfois hostile, et le plus souvent indifférente, quand des circonstances exceptionnelles comme le sacrifice d’un Arnaud Beltrame ne viennent pas rappeler le dévouement de ceux qui ont choisi de consacrer leur vie à protéger les autres ? Où donc réside la source commune de l’opprobre qui les couvre ? Elle est à mon sens d’un ordre proprement symbolique.
Où que c'est qu'on apprend qu'Arnaud Beltrame était "médecin", ou tout pareil (les médecins, c'est comme la vierge ou Bernadette Soubirou), c'est-à-dire à se dévouer pour l'autre, toussa. Ça va doc ? A l'aise dans tes baskets ? "Dévoué", c'est le mot qu'il fallait éviter, avec moi ! Et les types avec leur marteaux-piqueurs, ils font quoi eux ? Ils le volent, leur fric ? (jurons divers et appuyés). Quant à la connotation au régime vichyste, j'informe mon nombreux lectorat que ça rapporte au cher Ordre des Médecins, machin puant créé sous Pétain, destitué et re-créé après, et qui se contrefout des patients, comme le démontre par exemple sa façon de "juger" les dossiers que des ignorants ont la naïveté de leur envoyer : tu dois être au courant doc, pas vrai ? Faut que je continue ? Avis aux femmes qui me liraient : si vous êtes agressées par votre médecin, allez chez les flics : comptez pas sur l'Ordre des Médecins !


Pas de « réel  consentement » entre médecin et patiente?
La nuit du 4 août 1789, en plein cœur de la première révolution réellement démocratique du monde, les Français eurent le courage de mettre à bas l’injustice de l’inégalité fondée sur la naissance, qui attribuait à chacun pour sa vie entière une place et une distinction dans la société dont il lui était quasi impossible de s’extraire. Mais déjà, quarante ans plus tard, Tocqueville pointait du doigt la naissance d’une dérive inhérente  au principe  démocratique : la perversion du noble amour de l’Égalité en une vile passion pour l’égalitarisme. Et c’est là, dans ce sentiment dégradé, que loge le substrat de la haine qui accable aujourd’hui si souvent médecins, gendarmes et policiers : nos contemporains, nourris par deux siècles d’égalitarisme, sont désormais incapables d’accepter la rupture d’égalité induite de facto par ces professions qui confèrent un pouvoir sur les corps, voire sur les esprits. Cette asymétrie est vécue comme une injustice intolérable, qui ne peut être par essence que source de préjudice, et qu’il importe donc au plus haut point de faire disparaître autant que possible. Ce sentiment est clairement exprimé dans l’article de Barbara Krief : « Il n’y a pas de réel consentement éclairé possible dans le cadre d’une relation patient-médecin. Les rapports sont déséquilibrés, il ne s’agit pas de deux adultes consentants. Ces situations peuvent être comparées à l’inceste, dans le sens où le soignant a le pouvoir, l’ascendant, sur le patient. »
Belle intro culturelle, gars. Ah que ça fait du bien dans un journal en général écrit avec les pieds. Alors quoi sinon ? Ah oui, l'égalitarisme. Ah mon pauvre ami, à qui le dites-vous : quel fléau ! Quoi encore : "source de haine" : hé bé dis donc, il en a de ces analyses savamment nuancées, notre représentant de l'élite : bel effort, Einstein ! Le "noble amour" (de l'égalité) et la "vile passion" (de l'égalitarisme). Wow le style, l'autre hé, comment que ça le fait, ma mère ! What else ? Ah bon, les flics aussi, le peuple ça lui suggèrerait une jalousie pour cause de non-égalitarisme. Eh bé ! Drôlement psychologue, le gars ! Ce genre de lecture, y'a pas : ça vous grandit. Mais donc ce serait "clairement exprimé" dans l'article incriminé ? Voyons voir ça : "les rapports sont déséquilibrés" est-il écrit. Et c'est ça qui te mine, lapin ?


Sachons tolérer un peu d’inégalité
Le corollaire est immédiat : puisqu’il n’y a pas d’égalité, il faut donc restreindre les prérogatives de ceux qui se trouvent, par leurs fonctions, en situation de « domination ». Réduire le droit du policier à faire un usage raisonné de la force, ou interdire au médecin les relations sexuelles avec ses patients.
Complètement taré avec son corollaire immédiat : "rapports déséquilibrés", ça voudrait dire "situation de domination" ? C'est qu'il s'y croit, pépère. C'est toi la situation dominante, doc ! Ce qui est dit, c'est que d'un côté, il y a des types en souffrance, de l'autre, d'autres types ayant parfois les moyens d'arranger les choses. Ça te cause en termes de rapports déséquilibrés ?
Enfin je dis ça... je vais pas non plus aller dans le sens des néo-féministes non plus, quand bien même il y aurait concurrence chez moi, entre l'amour que je leur porte et celui réservé à un bon paquet de médecins.

Au-delà des différences évidentes, c’est partout la même logique qui est à l’œuvre : tout pour l’égalité. Peu importe que les conséquences soient terribles pour la liberté : comment interdire qu’un médecin puisse tomber amoureux d’une personne qu’il soigne ? Devra-t-il attendre et l’adresser à l’un de ses confrères ?
Ah d'accord. En début d'article, monsieur déplorait les abus contre la morale, toussa, maintenant v'là qu'il parle de types qui tombent amoureux de leurs patientes. Il est chou (et toujours aussi dévoué, avec ça). Et sinon, ça vous arrive combien de fois par jour, de "tomber amoureux", les gars ? Et après (l'acte) à propos, toujours aussi amoureux doc ?


Voilà pourquoi à mon sens il importe, plus que tout autre chose, d’apprendre ou de réapprendre aux français qu’entre la Liberté et l’Égalité, le choix devrait être immédiat, et toujours en faveur du premier de nos principes républicains ! Lui seul, malgré tous ses défauts, nous garantit le droit sacré de mener nos vies à l’abri de toute forme d’arbitraire ou de tyrannie. Sachons donc tolérer un peu d’inégalité, fût-ce au prix parfois d’abus, qui devront aussitôt être condamnés au simple nom de la justice.
Ah bon, l'égalité c'est sympa, mais la liberté c'est top cool. Sacré Dino (où qu'elle est, Shirley ?), ça vole haut, ton truc. Et la fraternité sinon, elle est toujours sur le podium ou rien à branler ? PS : merci pour la tolérance (quelle leçon !). NB : et oublie pas de voter (pour la France, on te fait confiance) !


Les légitimistes reprochèrent autrefois aux révolutionnaires d’avoir donné libre cours en 1789 aux sentiments les plus vils, comme jadis Pandore en ouvrant la boîte des passions humaines. Ne baissons pas les bras aujourd’hui en nous souvenant qu’au fond de la boîte demeura l’Espérance.
Décidément, un tel style allié à une telle confiture, ça me tire des larmes. Mais non, pépère, t'inquiètes pas, tu vas le garder, ton droit à une position surplombante, à te différencier de la vulgaire plèbe. Mais oui gars, t'es l'élite, t'inquiètes pas. D'ailleurs ta corporation pourra continuer à politiquement représenter avec dignité cette plèbe dont tu sembles si proche, grâce aux trois mots du vocabulaire appris grâce aux études payées par papa. La preuve ? Ben t'écris des machins parfaitement insipides et navrants et pourtant, t'es dans Causeur. Elle est pas belle la vie ?


santa Pardon, j'ai pas pu m'empêcher...
(beau spécimen en tous cas)

Signé : Joe Bousquet



PS : si si, des "dévoués", il en existe encore deux ou trois spécimens.

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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Jeu 24 Mai - 15:40

Médecins 2 : de la supériorité du flic sur le médecin


Un bien beau spécimen, disais-je.
Mais pas isolé, bien au contraire. Et c’est justement pourquoi il est agréable qu’enfin, si on l’en croit, les gens associent médecins et flics dans leur rejet (agréable mais tout à fait injuste envers les flics).

Mais s’est-il seulement demandé pourquoi, le petit bonhomme ? On doute de trouver en lui ce genre de capacité, comme son diagnostic (tout à fait digne d’un médecin) le démontre : "égalitarisme"... faut-il être con ! Con et prétentieux évidemment. Et là on touche au pourquoi de cette haine populaire (encore que haine soit excessif, détestation est plus approprié). Parce que s’il est une chose que le peuple déteste, déteste et voit, c’est-à-dire plus précisément voit et déteste (respectons la chronologie) : c’est cette insupportable arrogance d´un très grand nombre de médecins, cette façon infiniment répandue qu’ils ont de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas, et de traiter les gens de façon tellement condescendante.

Et c’est là que personnellement je préfère nettement les flics. Bien plus de flics que de médecins sont conscients du pouvoir que leur donne leur uniforme, ce qui est indubitablement une forme d’intelligence que les médecins n’ont pas ! De plus, c’est justement les médecins qui devraient être censés l’être, conscients de ce type de pouvoir : c’est bien eux qui ont fait dix ans d’étude, non ? (soit un chouïa plus que ce qui est demandé aux flics). Bref, aux flics on file un uniforme d'autorité et c’est un lieu commun que de dénoncer  comment ça monte à la tête de certains (c’est triste, c'est universel, c’est la vie). Mais quand la supposée élite répète exactement le même processus, ça devient juste insupportable de bêtise. Ce que c’est con, un médecin !

Et dans la série regard sur le monde, commun à Deleuze, moi, et quelques centaines de milliers de personnes (ai-je dit quelque part), il se trouve que Deleuze aussi porte le même constat sur les médecins, je cite : "dans leur fonction ils traitent les gens comme des chiens : c'est vraiment la lutte des classes car si on est un peu riche, ils sont déjà un peu plus polis" (abécédaire). Un petit rab ? "Ils sont trop incultes ou alors quand ils se lancent dans la culture, c'est une catastrophe". Ah il les aime bien ! Coïncidence ? Va savoir...

Alors cher ami, praticien et pigiste à Causeur, grâce à mes bons soins à moi, tu sais maintenant pourquoi les gens ne t’aiment pas. Le peuple n’aime pas les prétentieux, et je peux t’assurer que c’est un phénomène universel. Alors ta théorie sur l’égalitarisme propre à une société post soixante-huitarde, tu te la mets où je pense : le peuple déteste et a toujours détesté ceux qui se la pètent.

Le truc à comprendre (et je l’ai esquissé trop vite au dessus), c’est qu’on a donc d’un côté un type supposé avoir un savoir (médical), et de l’autre des gens "en souffrance". Et c’est absolument intolérable, t’entend bien : intolérable... que les médecins - que nombre de médecins - ne soient pas clairement conscients du rapport de forces qu'entraîne inévitablement une telle situation. En souffrance, ça te cause ? Tu comprends ce que ça veut dire, en souffrance, doc, ou t’es bouché à l’emeri ?

Insupportable que nombre d’entre eux en soient aujourd’hui par exemple à prôner un genre de leitmotiv comme quoi tout serait stress, tout serait "dans la tête", dans la tête des gens... et leur maladie : et jusqu'à LA maladie elle-même, toute maladie, qui ne serait elle-même que le fruit d’un déséquilibre psychique. En clair, tes croyances, tu te les carres dans la sphère privée, comme on dit, et tu bosses ! C’est insupportable de voir chez certains médecins des bibliothèques entières de livres de psychologie ou de psychanalyse, et de les voir se targuer d’un diagnostic psy quand ils n’ont pas l’ombre d’une bribe de formation pour. Mais les gars, si ça vous emmerde d’écouter la misère du monde, échangez votre Vidal contre un marteau-piqueur. On vous demande juste de faire ce pour quoi vous êtes payés, pigé ?

Et là j’ai une pensée pour une copine cancéreuse à qui son médecin habituel a eu le culot d’expliquer, à la deux ou troisième récidive, que c’était "dans sa tête"... allant jusqu’à lui refuser de simples examens qui l’aurait rassurée. Un autre a fini par le faire à sa place : elle est morte peu après (oui, détestation). Un cas isolé, une brebis galeuse ? Non. Juste la conséquence de vos croyances (celles de nombre d’entre vous).

Alors enfin : enfin les gens ne pourraient plus vous supporter. Eh ben c’est pas trop tôt !
Parce qu’avant, ils savaient pas, ils s’écrasaient. Avant chez les médecins comme chez les notaires et chez d’autres encore, les "petites gens" entraient la tête basse, conscients (et que trop) d’aller chez "un grand monsieur ", un monsieur qui avait fait des études, un monsieur qui savait parler. Et ce genre de relation, on dirait que ça vous a donné un drôle de sale pli... un pli dont vous avez du mal à vous défaire, pas vrai ? C'était bien confortable, gratifiant et tout et tout, de se retrouver toute la journée à penser (boulot oblige) face à des gens qui eux se tortillaient pour trouver des mots (et des mots pour dire la souffrance, c'est pas si facile, petit bonhomme, figure-toi). Et tout ça, ça serait terminé ? Pauvres choux.

Et je pense encore à un de ces médecins, lecteur assidu de psycho-machinchouette divers. Je me souviens du type hors de son cabinet cette fois, je me souviens comme il courait dans l’hôpital... comme il courait en gesticulant de partout, comme un lapin aveuglé par les phares d’une voiture. Le jour où ça lui est arrivé à lui, le jour où c’est lui qui est passé du côté des "gens en souffrance", du côté de ceux qu’il avait toute sa vie côtoyé avec ses fières théories, de ceux sur le dos desquels il s´était engraissé. Ah il frimait moins, le grand manitou, monsieur l’élite, avec ses mots et son regard sur le petit peuple ! Pauvre type.

Et ça ose causer "dévouement". Et les gens, la larme à l’œil, de les bénir quand ils s’en sortent : "oh, merci docteur, sans vous...". Et c’est qu’ils y croient, les toubibs, se font pas prier dans ce cas. Les autres, ceux qui remercient pas ? Bah des types stressés sans doute, à cause ou pas de leur marteau-piqueur. Ou sinon peut-être qu’ils sont morts ? (sans doute qu’ils ne voulaient pas guérir alors)

Donc oui, Deleuze et moi (et peut-être Pialat aussi), on fait partie des gens qui ne vous aiment pas, monsieur le représentant de l’élite et de la liberté (mais pas de l’égalité), Deleuze et moi on fait partie des gens qui ne reconnaissent pas l’autorité dans les abus dont vous êtes l’indigne représentant.
Bref, allez vous faire foutre, cher ami.

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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Jeu 24 Mai - 15:42

Affaire Naomi Musenga

« La dame que j’ai au bout du fil, elle a appelé la police », soupire une opératrice. « C’est parce qu’elle a la grippe, c’est ça ? », répond l’autre. « Elle m’a dit qu’elle va mourir. Et ça s’entend, qu’elle va mourir. » Des rires gras ponctuent la discussion. Au bout du fil, une autre voix, exsangue, peine à mettre des mots sur sa douleur. Naomi Musenga, une jeune Strasbourgeoise, tente de décrire ses maux. « Si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche », tance l’opératrice du SAMU d’une voix agacée. « J’ai très mal. Je vais mourir », souffle la jeune femme. « Oui vous allez mourir un jour, comme tout le monde, OK ? Vous appelez SOS Médecins, je ne peux pas le faire à votre place », conclut sèchement son interlocutrice.

Naomi Musenga est morte quelques heures plus tard.
C’est .

Rien à signaler, le train-train. L'opératrice concernée est chanceuse : une possibilité lui est gracieusement accordée de devenir moins con. C’est cher payé, évidemment (et restent les autres).

L'idéal, ça serait que des ordinateurs remplacent les généralistes. Ils prendraient la tension, ausculteraient les gens et enregistreraient leurs doléances, avant que ceux-ci ne récupèrent (dans l’ouverture prévue à cet effet) les médicaments suggérés par le Vidal. Aucun doute : les gens seraient mieux soignés. D'un côté, ça augmenterait le chômage chez BMW, de l'autre, ça résorberait le trou de la sécu.

Un choix cornélien.


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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Jeu 24 Mai - 15:44

Alors ? Un dysfonctionnement, comme dit la ministre ; un manque de moyens comme saute-sur-l’occasion un autre ? Mais non, bien sûr, la simple conséquence d’un monde où la gentillesse n’a plus de place pour exister, un monde qui fabrique des cons individualistes détachés de toute forme d’empathie, qui développent ce mode d´être pour exister. En Inde, ces choses-là n’arrivent pas (même s’il est d’autres formes de bêtise qui tournent à l’inhumanité).

J’ai eu exactement la même réaction une fois en appelant les pompiers : un ascenseur très exigu en panne, mon très vieux père devenu tout blanc et qui s’affaissait, glissait lentement vers le sol sans plus pouvoir dire un mot, et un type au bout du fil de m’expliquer de rappeler quand il serait tombé (sic) ! Après quelques tentatives pour le raisonner, je l’ai copieusement insulté, ai raccroché et ai rappelé le même numéro. Un autre type a alors immédiatement pris les coordonnées et les pompiers sont arrivés... à temps !

(c’est toujours le même processus, le type juge, et à partir de là devient imperméable au doute... et devient capable de faire strictement n’importe quoi)

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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Jeu 24 Mai - 15:45

D'après Le Monde, les "noms, prénoms, adresse postale et téléphone" de trois opératrices du SAMU auraient été divulgués sur le net accompagnés de commentaires ignobles. Bravo encore aux néo-féministes d'avoir lancé cette gracieuse mode de la délation sur le net !

En espérant que ces "corbeaux" seront inquiétés et perdront au moins leur précieux anonymat !

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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Jeu 24 Mai - 15:45

Thomas Veyret, 21 ans, a été amputé de la jambe en février 2017 à la suite d'une mauvaise chute sur son lieu de travail (...) Souffrant d'une fracture, sa jambe est "à l'équerre" comme il va l'expliquer à l'opérateur qui prend son appel. L'homme au bout du fil demande à l'étudiant de remettre sa jambe lui-même.
- "Attendez je vais doucement parce que là...", lance le jeune homme comme l'atteste un enregistrement de la conversation.
- "Allez doucement mais là j’attends depuis un moment", rétorque l'opérateur avec fermeté.

... à cause de ce mauvais geste médical et d'une prise en charge bien trop tardive, la jambe du jeune homme n'a pas reçu d'oxygène pendant plusieurs heures. A l'hôpital, il a dû attendre 7 heures avant de passer l'angioscanner qui lui a été prescrit. Un examen qui permet de visualiser les artères et vaisseaux sanguins responsables de l'irrigation du corps en oxygène.
Une plainte a été déposée et une demande d'indemnisation est en cours d'examen.

https://www.bfmtv.com/police-justice/c-etait-le-meme-discours-odieux-thomas-veyret-ampute-apres-une-prise-en-charge-tardive-du-samu-1441995.html

Encore une brebis galeuse ? Ben voyons... alors ensuite, on cherche un "responsable" : le crétin qui s'est laissé aller à appliquer la doctrine anti-plaisantins au bout du fil (en l'occurence remettre une jambe cassée tout seul, y'a que Rambo qui fait ça). Les médecins ? Pas responsables, jamais. Dans l"Obs, après l'affaire Musenga par exemple, un article a été commis pour dire les "dysfonctionnement" suite au décès de la jeune femme. On pointe ceci, cela. On s'étonne. Puis un type vient expliquer le manque de moyens, on invoque la crise, un vague combat politique, et l'affaire est close.
Mais les médecins ? Ben non, pas de responsabilité, jamais (sauf quelques fameuses "brebis galeuses").

Mais pourquoi clore ce chapitre, quand des anonymes dénoncent n'importe qui pour abus sexuel et que c'est chaque jour dans tous les journaux ? Faut être anonyme pour avoir le droit de dénoncer ? Réduit à l'état de loque par un médecin, c'est pas traumatisant ? Et pourquoi pas alors un #balancetonmédecin ?

Parce que ce qui ne dysfonctionne pas du tout, dans ces histoires, c'est l'omerta pratiquée (c'est que parler, c'est être viré). Et sauf être complètement coincés, les médecins ne reconnaissent JAMAIS aucune faute (il ne savent pas ça à l'Obs ?). Et c'est pas un "dysfonctionnement" que de lire ce genre de rapport bidon, où l'on omet tout ce qui fâche, c'est la procédure normale.

Alors certains portent plainte, quand même. Et débarquent les avocats "spécialistes", ceux qui défendent les médecins quelquefois toute une vie sans jamais plaider d'autres affaires. Ceux-là sont rompus à la chose. Une fois j'en ai pris un entre quatre yeux, je lui ai demandé si ça le gênait pas de s'acharner sur des types en souffrance dont les médecins avaient plus ou moins bousillé la vie. M'a été répondu ce que répondent les médecins, à savoir que certains "exagéraient". Alors quoi, des types iraient jusqu'à faire des procès pour essayer de se faire du fric, alors que ça n'a pas lieu d'être ? (le type amputé là, va savoir si sa jambe est pas repliée en fait). Et en plus ils gagnent souvent, ces avocats spécialistes. Forcément face aux autres en face, petits avocats qui eux font autre chose que du droit médical. Pour finir, sachez que ces avocats au service des bavures médicales, ça fait partie du forfait en consultation privée. C'est-y pas chouette ?

Engagement d'une assurance-médecin (prise au hasard sur le net) :
Nous mettons à votre disposition notre équipe de juristes exclusivement spécialisés dans la Responsabilité Civile médicale. En cas de réclamation d’un patient : médecins et juristes spécialisés mettent en œuvre tous les moyens pour contenir les conséquences dommageables du sinistre.
Si votre responsabilité est mise en cause : éviter les procédures longues et aléatoires, dialoguer avec le patient et rechercher une solution équitable sont nos objectifs prioritaires. Cela permet de régler le conflit à l’amiable dans 50% des cas.
Si la conciliation n’aboutit pas, nous sommes à vos côtés pour vous défendre devant toutes les juridictions : civile pour les fautes, pénale pour les infractions ou devant l’instance ordinale.
Prise en charge de tous les frais du procès.
Des plafonds de garantie conformes à la réglementation, si votre responsabilité est retenue. Et avec la couverture du Fonds de garantie, vous êtes totalement à l’abri du risque d’être appelé en complément sur vos biens propres.
Garantie dommages corporels : 8 000 000 euros par sinistre et 15 000 000 euros par année d’assurance. 
Garantie dommages matériels : 1 000 000 euros.

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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Jeu 24 Mai - 15:48

En 2014, Amaury Boyer est un adolescent de 13 ans, scolarisé à Romorantin. Fin octobre, une tumeur au cerveau est détectée. Il est opéré au CHU de Tours. Une ponction lombaire est également réalisée le 10 novembre. Amaury est ensuite autorisé à regagner son domicile, mais dans la nuit du 11 au 12, son état se dégrade fortement. Le 12 au matin, sa mère appelle son médecin traitant et le service de neurochirurgie du CHU de Tours. On lui demande de se mettre en contact avec le Samu pour que l'enfant soit rapatrié au plus vite à Tours. A 8h24, elle appelle le Samu qui décide d'envoyer Amaury à l'hôpital de Romorantin, non équipé pour prendre en charge un tel patient. L'écoute de l'enregistrement de l'appel prouve que le Samu "a refusé de mettre en jeu les moyens nécessaires pour transférer Amaury en neurochirurgie".

A 9h30, Amaury est aux Urgences de Romorantin. Il est dans le coma, son état nécessite une intubation pour sa survie. Elle ne sera pas faite. Le médecin des Urgences de Romorantin décide d'appeler le Samu pour demander un transfert à Tours. On lui répond qu'aucun médecin n'est disponible et qu'il faut attendre. Pendant huit minutes, il ne dira jamais à son interlocutrice qu'Amaury se trouve entre la vie et la mort, mais préférera parler de la météo et de sa coupe de cheveux. Finalement, le médecin régulateur du Samu prend la communication. Le départ en hélicoptère vers Tours est prévu à 10h45, mais est retardé, le Samu ayant dû intuber Amaury à son arrivée, aucun anesthésiste de Romorantin ne l'ayant fait. A son arrivée à Tours, Amaury est dans un état critique, inconscient et tétraplégique. Il décède le 1er décembre.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-samu-du-loir-et-cher-responsable-de-la-mort-d-un-garcon-de-13-ans-la-justice-ouvre-une-enquete-1526910138

-Ouh là, encore une brebis galeuse ?
-Ben non : environ une demi-douzaine (à la grosse)
-Ça commence à faire...
-Bah, une société.
-Oh !
-Ben oui, c'est un monde où les gens n'ont même pas en tête une image de l'autre... et ce même alors qu'ils sont en contact permanents avec des êtres en souffrance. Humainement parlant, l'autre n'existe pas, il est aléatoire. C'est-à-dire qu'il faut qu'ils aient un type en face d'eux pour s'apercevoir que les gens existent, pour que que les types arrivent à imaginer que l'autre existe... et que la souffrance aussi, ça existe ! Sinon, y'a personne (enfin si, la boite quoi, le smartphone).
-C'est pas gai.
-L'indifférence, c'est plus seulement des médecins. Avant, le problème, c'était des chefs qui n'inoculaient pas à leur subordonnés une notion aussi élémentaire que le respect minimal envers l'autre, en racontant par exemple ce qu'ils pensaient des douleurs soi-disant "psychosomatiques" des patients. Comme si le personnel, c'est-à-dire les gens "qu'il voit et donc qu'il connaît" (ben oui, lui aussi en était là de sa relation à l'image de l'autre) en étaient forcément exempt. Pris sur un tel pied d'égalité, le personnel s'en donnait alors à cœur joie (dans le genre jugement rapide, diagnostic psychologique par téléphone etc). On est largement toujours dans ce même cas de figure. Sauf qu'en plus, une fois le pli pris, arrive aujourd'hui l'indifférence de tout un chacun, et toujours pour cause de jugement bien sûr. C'est sociétal.
-C'est pas gai.
-C'est l'occident.
-T'exagères !
-Un premier médecin (traitant) pas foutu d'appeler lui-même le SAMU, d'user de son autorité pour activer les choses alors qu'il en connaît la gravité ; un employé du SAMU qui se permet de transférer le môme n'importe où, malgré l'extrême gravité des faits ; un autre médecin qui badine sur de sa coupe de cheveux sans imaginer qu'il lui faille dire qu'il est question de vie et de mort ; un ensemble d'anesthésistes qui eux "oublient" de faire une intubation pourtant vitale ; c'est pas une brebis galeuse. Ça fait près de 100% de types qui se tapent comme de l'an quarante de la vie d'un môme, ou plutôt qui ne comprennent sans doute même pas de quoi il est question, ce qui est grave ou pas, la mort par exemple, qui ne comprennent rien : des débiles (et ensuite tu vas retrouver les mêmes hurlant à la haine et à la justice dans l'affaire Fiona). Alors appelle-ça comme tu veux.
-Bah, c’est toujours pas comme en Inde, où ils tuent les petites filles... *
-C’est comme tu dis : on n’est pas des sauvages, nous !

* (voir ici)


Dernière édition par chapati le Dim 3 Juin - 6:30, édité 1 fois

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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Sam 2 Juin - 21:02

"Elle en fait des tonnes !" : à l'hôpital, le cliché raciste du "syndrome méditerranéen"

Parce qu'ils sont étrangers, certains patients sont accusés de jouer la comédie. Au risque de passer à côté du diagnostic

Trois semaines après l'ouverture d'une enquête, les questions se bousculent toujours autour de la mort de Naomi Musenga. Pourquoi la jeune femme n’a-t-elle pas été prise au sérieux ? Les hypothèses abondent. L’une émerge : Naomi aurait pu être victime d’un traitement raciste. Un préjugé répandu dans le milieu médical, qu'on nomme, entre collègues, "syndrome méditerranéen". Derrière cette appellation se cache un stéréotype raciste. Une croyance selon laquelle les patients originaires des pays méditerranéens en feraient des caisses pour pas grand-chose. "L'affaire Naomi" aura toutefois déjà permis de mettre en lumière un concept aussi dangereux que nauséabond, qui circule toujours dans les couloirs des hôpitaux.

Louisa a entendu pour la première fois cette expression il y a huit ans, dans la bouche de son médecin de famille. Sa mère, marocaine, se plaint de violents maux de tête. Pendant des années, le docteur estime qu’elle simule ses douleurs "pour être au centre de l’attention". Les années passent, les visites médicales s'enchaînent. Louisa finit par s’énerver. "Votre mère ne souffre que d’un syndrome méditerranéen", lui répond alors le médecin. Mais quelques années plus tard, la mère de Louisa fait une crise d'épilepsie. A l’hôpital, les médecins lui découvrent une tumeur au cerveau "de la taille d’une clémentine". "On venait presque de lui signer son arrêt de mort et pourtant, elle était heureuse qu’on reconnaisse enfin sa maladie", se rappelle Louisa. Sa mère décède deux jours après une opération de la dernière chance. La tumeur était là depuis au moins dix ans, estiment les médecins, stupéfaits : "Comment votre maman pouvait-elle encore vivre, sans qu’on ne s’aperçoive de rien ?" Cherchant une réponse, Louisa est retournée voir son médecin de famille. "Il a pris un feutre rouge, a marqué 'DCD' sur son dossier, a juste bredouillé qu’il ne pouvait pas savoir". Affaire classée.

L’histoire de Louisa fait aujourd’hui écho à des dizaines d’autres.  Sur Twitter, un hashtag #Médecineraciste a même vu le jour, recensant des récits de famille tout aussi alarmants. Il y a Ayda, trentenaire atteinte du syndrome de Cushing, qui s’est toujours sentie "méprisée" par les spécialistes qu'elle a consultés ; le père d’Aïcha qui a dû batailler pour obtenir un scanner après des douleurs au ventre qu’on jugeait (à tort) bénignes... A chaque fois, le même scénario : des patients d’origine étrangère déconsidérés, obligés d’insister pour obtenir un examen médical, frôlant parfois le drame. Même constat pour Thibault, étudiant-infirmier, qui explique l’avoir entendue lors de sa formation. "Un jour, une patiente d’origine maghrébine arrive à l’hôpital. Elle s’exprimait violemment, elle avait l’air de souffrir énormément". Le verdict du médecin le surprend : "selon lui, c’était de la comédie". Un second infirmier a alors dû intervenir. "Il est allé trouver le médecin, en lui disant : "vous vous trompez, elle a vraiment mal, il faut l’examiner à nouveau". Elle avait un cancer du côlon.

https://www.nouvelobs.com/sante/20180524.OBS7155/elle-en-fait-des-tonnes-a-l-hopital-le-cliche-raciste-du-syndrome-mediterraneen.html

De gros connards prétentieux donc, qui croient tout savoir, et qui jugent et qui tuent les gens, au lieu de faire leur job avec humilité.

Toujours fidèle à son combat vertueux, l'Obs, avec cette histoire de racisme, croit tenir le bon diagnostic. Sans doute est-ce le #Médecineraciste qui lui a mis la puce à l'oreille. Les  immigrés étant devenus plutôt paranos (et on les comprend), ils auront envisagé un syndrome raciste... et l'Obs de se précipiter pour pourfendre l'ennemi. Et peut-être qu'il y a du racisme, sans doute : comme partout les cons ne manquent pas en médecine.

Mais je le répète, c'est pas ça le fond du problème, le problème c'est celui du jugement (des occidentaux, et des médecins comme les autres), et vient du fait qu'une fois qu'ils ont jugé, le type en face peut crever avant qu'ils ne se déjugent. Le problème, c'est dans le vice, l'habitude de toujours vouloir juger l'autre et de s'en repaître, d'en jouir. Et ce problème est encore directement relié au fait d'une mode actuelle de croire que toute maladie vient du psychisme (qui n'est qu'une conséquence de ce vice). Encore un effort à l'Obs, c'est là-dessus qu'il faut enquêter, c'est ça qu'il faut mettre à jour, cette prétention insupportable de nombre de médecins mais pas que : de tout quidam à qui l'on octroie un quelconque pouvoir sur l'autre (flics, juges etc).

Parce qu'aujourd'hui, on en est à prévoir un (gros) budget pour mettre des caméras de surveillance dans les hôpitaux pour protéger le corps médical. Admettons, mais si les médecins arrêtaient de se foutre de la gueule des gens (et au passage, de les tuer), il n'y aurait pas ces violences et on n'en serait pas là.


EDIT : en tous cas, voilà qui apprend au monde comment ça fait, un médecin, quand ça tue un homme : ça écrit "DCD" sur un papier (en guise de condoléances à l'orpheline) et ça dit au monde : "je savais pas". Ensuite, ça se la ferme une heure ou deux... avant que de tout re-savoir le lendemain.

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Re: Médecine, médecins

Message par chapati le Mer 20 Juin - 21:08

Affaire Naomi Musenga (suite)

L'inspection générale des affaires sociales fait état des graves manquements ayant précédé et suivi la mort de la jeune femme. Des fautes en cascade du début à la fin. Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) se révèle d’une extrême sévérité.

"L’analyse des flux d’appels reçus montre un contexte de forte activité, mais conformes aux conditions habituelles (...) Lors de son échange, l’assistante de régulation médicale emploie un ton dur, intimidant et déplacé face à des demandes d’aide réitérées (...) Naomi Musenga n’a pas accès à un médecin, bien que deux médecins régulateurs soient présents sur la plateforme d’appel (...) les recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de santé prévoient pourtant que tout appel doit faire l’objet d’une régulation par un médecin… en outre, aucune question permettant d’éclairer l’état clinique de la patiente n’est posée (...) De manière similaire au premier appel [lors du deuxième, ndlr], l’analyse de situation réalisée par l’assistante de régulation médicale ne conduit pas au transfert de l’appel à un médecin régulateur… Pas plus que lors du premier appel, l’assistante ne recherche les informations qui auraient permis de préciser l’état clinique de la patiente".

Les réponses non adaptées de l’assistante de régulation médicale ont conduit à un retard global de prise en charge de près de 2h20, tranchent les inspecteurs de l’Igas. Trop tard. Naomi Musenga meurt à 17h30.

Mais l’incompétence et la maladresse vont se poursuivre. L’Igas relève que "l’annonce du décès n’a pu se tenir dans des conditions satisfaisantes en l’absence de lieu dédié et adapté". Ensuite,"la transmission de l’enregistrement de l’appel au père de Naomi n’a pas été assortie d’une proposition d’accompagnement, pourtant indispensable compte tenu de l’immense choc". Plus grave encore, "le décès de Naomi Musenga n’a pas donné lieu à une déclaration formelle. Les suites immédiates qui ont été données par le responsable du Samu (entretien avec rappel à l’ordre de l’assistante de régulation médicale) n’ont pas été à la hauteur de la gravité de la situation. La suspension définitive de l’assistante de régulation médicale n’est intervenue qu’un mois plus tard, après que le directeur du CHU a eu connaissance de l’événement". L’Igas notant aussi un vocabulaire fort peu approprié dans le rapport d’autopsie qui a été remis à la famille.

Résumé depuis http://www.liberation.fr/france/2018/06/20/mort-de-naomi-musenga-le-rapport-qui-accuse-le-samu-strasbourgeois_1660695


Pour le dernier paragraphe, l'Igas aurait pu faire plus explicite : comme à chaque faute professionnelle, le personnel médical a pratiqué l'omerta, ce qui explique la totalité des "dysfonctionnements" ultérieurs. (notons que le directeur du CHU est blanchi, supposé n'avoir été tenu au courant qu'un mois plus tard)

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