Nietzsche : résumé

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Nietzsche : résumé

Message par chapati le Mar 26 Juin - 13:45

Nietzsche oui, mais lequel ? Un Nietzsche "à l'ancienne", qui voudrait la puissance, et assimilé pour cela à une sorte de précurseur du nazisme ; ou un Nietzsche façon Deleuze où c'est la-dite puissance qui veut en lui, en nous ? En piètre lecteur, je n'ai lu que La Généalogie de la Morale, ce après avoir entendu les précautions de Deleuze, qui nous dit que Nietzsche aurait exécré un certain antisémitisme allemand (entre autres allemand). C'est clair, non ? Nous invitant à faire très attention aux mots précis de Nietzsche quand il parle en particulier de la religion juive : à ne pas prendre cela pour de l'antisémitisme donc. J'ai lu et j'ai trouvé passionnant (et non, j'ai pas vu d'antisémitisme, ce qui m'aurait évidemment fait vomir).

Maintenant Nietzsche...
Il semble que Deleuze n'ait pas suffit. On lit ça et là un Nietzsche qui aurait prôné ce que lui-même n'aurait su s'appliquer à lui-même, une sorte de Nietzsche ravagé lui-même par la morale. Mais il est vrai qu'on lit tout et n'importe quoi. Que faire ? Lire tout Nietzsche pour en avoir le cœur net ? Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre de savoir qui était Nietzsche... ou Céline ou Heidegger ? Pourquoi faire ? Qu'est-ce que j'en ai à foutre de ce petit jeu malsain que tant nous proposent avec délectation, au nom du fait que, par exemple, la philosophie serait sagesse, qu'il faudrait forcément donc que tout philosophe vive en accord avec ce qu'il professe, faute de quoi... faute de quoi quoi ? Il serait bon à jeter à la poubelle ? De toutes façons je m'en fous de la sagesse présupposée de la philosophie. Si la philosophie c'est la sagesse, j'emmerde la philosophie. On n'est pas philosophe si l'on vit en accord avec sa philosophie, on philosophe parce qu'on ne peut vivre en désaccord avec ce que notre philosophie n'est pas.

La philosophie de Nietzsche, la pensée de Nietzsche donc, et rien que.
Alors quoi : la déconstruction de la morale donc, et la critique de la façon dont elle s'est infiltrée partout pour faire plier les gens, pour les soumettre. Je prends. Ensuite Nietzsche dit : "ressentiment", et là j'hésite. Le ressentiment est-il cause ou conséquence ? Alors je pense aux guerres de l'occident. A ce monde guerrier qui fait notre environnement historique, culturel ne déplaise. Au diktat incessant de la raison sur le sensible. Aux curés oui aussi, non pas en tant que tels bien sûr mais en tant que pourvoyeurs de morale via la transcendance religieuse. Je prends Nietzsche, là encore.

J'hésite donc sur le ressentiment, encore que le mot laisse entendre quelque chose de pas faux. Le peuple donc, oui mais quel peuple ? Celui nié via le diktat de la raison, via la guerre incessante entre les tenants d'un savoir et ceux qui arrivent si mal à penser, et ainsi subissent ? Une sorte de peuple revendiqué par les communistes par exemple, qui l'assimile gaiment au "prolétariat", c'est-à-dire aux travailleurs qui ne font ou ne feraient que subir le pouvoir de dominants ? Ou bien un peuple historiquement et géographiquement plus "large", capable encore d'opposer la dignité aux personnages sociaux qu'on voudrait lui voir jouer ?

(mépris des communistes et mépris de leur valeur sacrée du "travail" comme seul vecteur de justice, comme si certains acceptaient le travail par sociabilité, par solidarité, et devaient de par ce fait être dignes de respect... alors que tout le monde bien sûr est simplement obligé de travailler, et de quelle façon en Occident : sous le diktat d'une compétition institutionnalisée qui élimine les plus faibles sans un regard).

Alors quel peuple ? Un peuple digne, quitte à être sous emprise religieuse, ou un autre indigne et plein de ressentiment ? C'est qu'alors le ressentiment pourrait-il n'être que la résistance d'une dignité bafouée, voire l'inconsolabilité devant la perte ou l'impuissance de la celle-ci ? Alors ce ne serait pas tant que ça une seule valeur négative, mais peut-être "l'en-puissance" d'une volonté de résistance, d'une volonté ou d'un besoin : besoin de reconnaissance. Bref, une souffrance latente (plus ou moins inconsciente) ?
Parce que sinon le peuple est mort, et selon le vœu des communistes ne reste plus qu'à l'éduquer, le ré-éduquer, lui apprendre la vraie vie, les vraies valeurs, soit celle de la pensée des dirigeants, de "sachants", des tenants d'une civilisation future qui aujourd'hui et pour commencer, en sont déjà à avoir l'indignité d'oser parler en son nom.

Deleuze dit : "le peuple manque".
Il développe pas, et il a bien raison (encore une fois).

Nietzsche dit d'autres choses encore. Il dirait le sens et les valeurs en lieu et place de la vérité et de la morale. Je prends encore (voir ici pour la morale). Bref, le Nietzsche de Deleuze, enfin sa philosophie donc (ou ce que Deleuze en dit), je crois bien que je prends. L'autre non... si un tel autre existe. J'ai pas l'envie, le temps de le lire, ça m'intéresse pas assez, la moraline et ces choses-là : le Nietzsche de Deleuze en a suffisamment dit, a très bien trouvé ce qu'il y avait pour moi d'intéressant à en dire. Ça me va, me suffit. Un Nietzsche deleuzien qui vomit les rapports de forces, je prends. Qui vomit le jugement, je prends. Qui vomit l'occident peut-être ? Ben je suis plutôt tenté de prendre (désolé). Vive l'Inde et le polythéisme, vive l'Afrique et l'animisme, vive le peuple d'Inde et le peuple africain (arabe ou sub-saharien comme il faut dire aujourd'hui) ! Vive les gens dignes, enfin pour qui la dignité est encore présente, a encore une forme de réalité qui les rend... gentils. Vive le peuple !
Ouaip, gentils.

Ici "gentil" c'est synonyme de con. C'est toujours "derrière", au deuxième plan, comme le sensible. Ben merde à l'occident alors. Merde à toute cette arrogance, aux médecins aux juges aux flics... de la pensée. Merde à Hitler qu'il fut si facile à certains de suivre voire d'adorer, qui en firent bander tant, de ces fiers représentants de la civilisation universelle, de ces cons absolus dont la forme de bêtise horrifierait tout indien normalement constitué, tout balayeur de Bombay.

Vive les gens qu'on peut aimer, vive les gens qui savent encore un peu aimer.


PS : pour approfondir le thème relatif aux peuples, on peut se rapporter .

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