Comment aborder Deleuze

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Comment aborder Deleuze

Message par chapati le Jeu 9 Mar - 15:11

Pour voir la tête du bonhomme et se faire une idée, quelques heures (passionnantes) d'interviews filmées : "l'Abécédaire", qu'on trouve partout sur le web.

Pour un tour d'horizon (facile à lire), "Dialogues" avec Claire Parnet, vraiment très bien ; voire "Pourparlers" (recueil d'interviews)

Beaux livres de philo écrits avec Félix Guattari : "Qu'est-ce que la philosophie", "Mille Plateaux", avec des chapitres abordables, d’autres plus difficiles. Forcément Différence et Répétition j’imagine, puisque c’est le fondement de sa critique, mais je l’ai pas lu.

Et encore "Critique et Clinique" avec nombre de textes passionnants, et deux recueils de textes hétéroclites dont certains admirables, édités de façon chronologique : "L'Ile déserte et autres textes" et "Deux régimes de fous".

Quelques ouvrages sur sa philo : "Deleuze, une philosophie de l'événement" de François Zourabichvili, le meilleur à mon sens, va au fond de ce qui me semble important chez Deleuze, tout en restant relativement accessible ; ou encore "Deleuze" de Pierre Montebello, bien fait mais moins accessible, moins synthétique et donc moins pédagogique aussi, plus éparpillé. Notons encore "La Guêpe et l'Orchidée" d'Arnaud Villani, très intéressant mais pas vraiment plus simple que du Deleuze purement philosophe.


Liens
- Deleuze : Mille Plateaux
- Zourabichvili : Deleuze, une philosophie de l'événement
- Villani : La guêpe et l'orchidée


Dernière édition par chapati le Lun 1 Jan - 9:10, édité 4 fois

chapati
Admin

Messages : 126
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Comment aborder Deleuze

Message par chapati le Mer 13 Déc - 13:27

Il n'est peut-être pas mauvais de préciser aussi les livres qui semblent à éviter. Les livres de ceux qui, selon la formulation de Arnaud Villani, "n'ont pas mis un pied dans l'usine deleuzienne". Et pour certains, qui ont peut-être délibérément cherché à se faire Deleuze. Comment ? En le lisant comme s'il avait voulu faire système, comme si l'on pouvait comprendre que, si système il y a, il ne peut être que clos... alors ne reste plus pour certains qu’à lui chercher des poux.
Or peut importe que Deleuze soit un génie ou la femme de ménage de la philosophie institutionnelle, le fait est que, si système il y a, il est ouvert. Par ailleurs si l'on veut se convaincre qu'il n'a pas (pas plus que ça en tous cas : j'imagine que faire système est une tentation commune à tout philosophe) cherché à faire système, il suffit de jeter un oeil sur la chronologie de ses livres : à partir de l'Anti-Oedipe, Deleuze s'éloigne des formes habituelles de la philosophie. Son intuition critique semble pour lui affirmée avec Différence et Répétition (et Logique du Sens), et la suite de son travail consiste plutôt à développer et affiner les conséquences d'un tel éloignement entre sa façon de penser et celle de la philo traditionnelle. On y cause géologie, cinéma ou linguistique, on ne rabâche pas une théorie pour qu'elle lave plus blanc que blanc.
Des gens ont donc semble-t-il cherché à prendre le-dit système et le décortiquer, en lieu et place de chercher d'abord à le comprendre, à comprendre comment ça marche. Ils ont lu Deleuze avec le stylo rouge du correcteur-professeur-juge, toujours prêt à chercher la petite bête,  ne tenant pas le moindre compte du fait qu'une pensée évolue au cours d'une vie... évidemment puisqu'il n'est question d'abord que de dégager un sytème depuis une totalité de textes, et ce pour le contredire. Pourtant Deleuze le dit et le redit, il a sans cesse abandonné tel et tel concept, remplacé certains par d'autres plus pointus, précis, plus en cohérence avec ce qu'il a à dire etc. Deleuze n'est pas le Jonnhy Hallyday de la philo (d'ailleurs il semble que même Johnny Hallyday ne se prenait pas pour Johnny Hallyday, ce qui le rend plus sympathique que d'autres).

Chez Alain Badiou comme chez Veronique Bergen, les Deleuze sont faux. Visiblement ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que le plan d'immanence soit autre chose que le plan de représentation dans lequel ils s'ébattent joyeusement. C'est que, si le-dit plan d'immanence doit être construit, ce n'est pas pour autant un objet tel qu'ils en font profession, pour cause que la philosophie traditionnelle les a enserré dans ce que Deleuze appelle une image de la pensée : Deleuze c'est pas un système mais bien une façon de penser qui ne se reconnaît pas (à propos de recognition) dans la façon traditionnelle : dans la pensée à travers la représentation. Deleuze pense comme ça (en tous cas moi je pense comme ça), vit la pensée comme il tente de la décrire. Et en gros, on était cent mille à penser comme ça...

Ce qu'il est encore intéressant de noter, c'est que la pensée deleuzienne est bien dans l'air du temps de l'époque. Un constat qu'on peut d'ailleurs lire de façon positive ou négative. On peut bien sûr dire qu'on a dépassé ça, que ce n'était qu'une réaction due à la conjoncture (lecture communiste entre autres, dont certains en profitent pour lui vomir dessus)... mais aussi s'interroger sur le pourquoi d'un tel air du temps : pourquoi Deleuze, mais aussi Foucauld et Llyotard par exemple (et tant d'autres) : comment des approches aussi différentes au niveau de l'histoire personnelle ont pu converger de la sorte, comment se fait-il que les uns comme les autres avaient finalement le même type regard critique sur le monde... et le monde de la pensée donc, philosophique ou pas.
Il semble que ces livres (oui que je n'ai pas lu, mais les interviews et autre compte-rendus suffisent à s'en faire une idée) n'hésitent pas à déformer la pensée de Deleuze pour la critiquer. Badiou se permet de suggérer que Deleuze aurait voulu dire ce qu'il n'aurait pas été capable de dire, ce qui est fort de café de la part d'un type qui nous resuce une sorte de pensée communiste en guise de participation philosophique à la postérité ; Bergen quant à elle, est me semble-t-il plus modérée... en attendant, elle cherche à convaincre que Deleuze ferait de la dialectique, dans la lignée donc de son ennemi préféré : Hegel. Bizarre...
Bref, il y a autre chose à lire si l'on veut se faire sa propre idée de la philo de Deleuze.
(je passe encore sur les tentatives diverses de récupération, principalement celles issus de psychanalystes, dont certains sont sans doute de bonne foi, j´en sais rien).

Pour Badiou, les réponses de (deleuziens) plus philosophes que moi ici (j'ai pas encore lu celle d'Alliez).
Pour Bergen, je ferai peut-être un texte...


Dernière édition par chapati le Lun 1 Jan - 9:34, édité 2 fois

chapati
Admin

Messages : 126
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Comment aborder Deleuze

Message par chapati le Sam 16 Déc - 19:20

Veronique Bergen, commentaire sur Deleuze :
Le problème posé par l’intuition ontologique nous semble résider dans l’indétermination de sa consistance propre : en effet, celle-ci s’avère indirecte et en creux puisqu’elle vient essentiellement de sa position, à savoir s’offrir comme le double aléatoire, jamais gagné d’avance, le pendant possible d’une crise du lien intentionnel. Bref, recourant à l’opérateur dialectique qu’est la négation d’opposition, l’intuition ontologique semble se définir par ce qu’elle n’est pas, à savoir l’élément ontique en sa paisible corrélation sujet-objet.

Bergen ne semble pas comprendre en quoi le fait d'être pris dans un problème est susceptible de modifier le point de vue qu'on peut avoir sur la problématique qu'il développe. Que répondre... sinon peut-être qu'elle a bien de la chance, si elle-même ne sait pas ce que c'est que d'avoir des problèmes ! Sérieusement, tout ça donne l'impression d'une pensée purement abstraite considérant qu'aucune preuve n'ayant démontré l'inanité de la dialectique, ce qui est mis à la place n'a pas plus de raison que ça d'être entendu autrement que comme négatif de celle-ci, et donc de se positionner en fonction d'elle, par rapport à elle. Elle semble pas loin de dire qu'on ne ferait l'expérience d'un problème que quand le jeu de la dialectique n'en serait pas venu à bout. En outre elle suggère indirectement que les intensités deleuziennes n'auraient pas de consistance ! Expérimenter, faire l'expérience de, serait-ce donc pour elle une sorte de damnation affectant les malheureux qui auraient raté le long fleuve tranquille qui caractérise la vie ?


Elle poursuit :
L’installation de la pensée dans l’être signifie dès lors qu’elle a dépassé le registre ordinaire de la récognition et recontacté le champ transcendantal, le plan virtuel, le niveau moléculaire dont tout provient. Elle est alors bien de l’ordre d’une Voyance, sorte d’épiphanie où, à la faveur du choc d’une rencontre, de la violence d’un problème, elle illimite ses puissances et entre en consonance, en adéquation avec le plan de l’être. La liberté de la pensée ne vient pas de sa mise à distance du monde, de sa rupture avec ce dernier, mais de son enveloppement dans l’être dont elle n’est qu’une découpe, une modulation.

Et là, il semble qu'elle introduise un élément proprement inouï, comme quoi Deleuze aurait prôné une sorte de garantie de résultat avec l'expérimentation !? (avec un joli lapsus : "recontacté le champ transcendantal" au lieu de "contacté"... récognition, quand tu nous tient !). Comme si, face à une représentation impuissante à comprendre quoi que ce soit d'autre qu'elle-même, Deleuze avait envisagé une pensée "illimitée", de l'ordre de la "voyance", directement connectée au champ transcendantal pour cause qu'en prise avec l'être. On est en plein délire là, non ? A quoi ça sert que Deleuze, il se décarcasse ? Bizarre d'autant que la miss semble nager comme un poisson dans l'eau dans le vocabulaire philosophique (tellement mieux que moi), et même dans le vocabulaire deleuzien, qu'elle n'hésite pas à sur-employer (et dans un style doté je trouve, d'une certaine volonté de clarté). Ben non, la pensée n'a rien "contacté" ou "recontacté", elle s'est donné la possibilité de. Elle est sortie du connu, du récit du savoir qui la court-circuitait sans relâche. Voilà le "saut" qu'elle a fait. Que répondre encore d’un peu concret ? Ce n'est qu'en faisant sens au sein d'un plan subjectif qu'un concept peut prendre une valeur au sein d'un champ de vérité. Rien de plus ni de moins. Et encore : le champ transcendantal est impersonnel, a-subjectif, inconscient.
Mais bon, Bergen nous parle finalement de liberté de penser, ma foi grand bien lui fasse, mais on est effectivement assez loin des préoccupations et formulations deleuziennes... enfin, il me semble.


Tout ça conforte mon idée comme quoi Deleuze, c'est pas tant une autre philosophie qu'une autre façon de penser, de voir, de comprendre les choses, sinon on n'en viendrait pas à des interprétations aussi infernales. Comme quoi, un observateur, aussi intelligent et affûté soit-il, n'est pas plus supposé philosopher, avoir les clefs de la philosophie, qu'un "idiot" pris par l'intelligence d'une intuition et qui décide de la penser. Or comme par hasard, ce sont justement les philosophes les plus "traditionnels", ceux qui dont pris dans les habitudes des structures philosophiques les plus conventionnelles qui se perdent le plus dans Deleuze, pour finalement souvent ne jamais arriver à rentrer dans cette (autre) façon de voir, de penser les choses.


Le texte sur lequel j'ai réagi est ici.


EDIT : ce qui est d’autant plus flippant dans son deuxième point, c’est que cette suspicion de flairer un truc louche du genre expérience directe du transcendantal, c’est exactement l’impression que m’a donné l’idée de la « réduction phénoménologique », où paraît-il il serait question d’une conscience débarrassée du sujet pour cause « d’époché », soit un tour de passe-passe (qu’en plus j’ai lu tout-un-chacun dans le petit monde des forums philo se targuer d´avoir expérimenté) supposé nous mettre dans un état de conscience où l’on n’interpréterait plus les choses (grrr... quand j’entends ce monde de juges avoir ce genre de prétention, mon sang ne fait qu’un tour). Bon dans un sens, ça pourrait rendre Bergen sympathique si elle aussi, ce genre de truc la fait flipper, mais franchement ça s’applique pas du tout à Deleuze, qui d’ailleurs critique clairement Husserl pour ce genre de prétention, ce qu’elle n’est pas sans savoir.


Dernière édition par chapati le Mer 20 Déc - 16:18, édité 1 fois

chapati
Admin

Messages : 126
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Comment aborder Deleuze

Message par chapati le Mer 20 Déc - 15:33

Je me relisais...
J’ai été très prudent dans ma formulation. Parce qu’évidemment je ne possède pas les bases philosophiques qui me permettraient peut-être des formules à la Deleuze, de type « avec l’histoire de la philosophie, tout est fait pour vous empêcher de penser ». (je restitue à peu près).
Au dessus par exemple, j’ai employé le mot « structure »... de la philo (exprès, j’ai souligné depuis « structure » dans le texte pour qu’on le retrouve). J’avais mis un autre mot avant, plus neutre. Et puis structure m’est apparu plus précis, à la fois éclairant et conforme. Par exemple l’emploi du mot « liberté » (liberté de penser), n’a sauf erreur en philosophie à peu près aucun sens autre que pris dans une structure philosophique : un récit structuré. Alors quand on cause avec un aficionado il vous reprendra en vous expliquant la « vraie façon » dont il faut employer le terme quand on « philosophe »... laquelle, comme de bien entendu, ne pourrait que recouvrir les vrais problèmes formés à partir de l’idee de liberté : soit en gros la libération par l’homme de ses chaînes (sans bien sûr s'intéresser à celles de la doxa populaire, genre libertés diverses à conquérir ou déjà conquises... autrement que dans un nouveau cadre bien précis, de type philosophie politique). Certes, fort bien et pourquoi pas. Sauf que ce qu’elle évite bien de dire, c’est que sa façon d’utiliser le terme est quasi synonyme de ce que l´on pourrait appeler une « autonomie de la raison ». Bref l’homme libéré de ses chaînes serait pour elle celui dont la raison serait autonome : la voilà et nulle autre, la liberté de penser ! Et si on lui objecte que liberté puisse avoir d’autres sens, poser d’autres problèmes, j’imagine qu’elle répondra que bien sûr Kant a déjà pensé le problème etc... c’est sans fin. Et là encore, elle oubliera le contexte. Par exemple elle ne mentionnera pas son adjonction de la morale si l’on n’a pas le savoir de le mentionner, de le lui objecter. Bref elle fuit sans cesse les questions en se rabattant sur son présumé savoir, auto-persuadée d’une sorte de primauté en droit vis-à-vis de la pensée... et ce jusqu’a ce qu’on n’ait plus d’autre choix que de s´exprimer au sein donc de la seule structure de mots-concepts siens, qu’elle a construit au sein d’une image de la pensée bien précise.
Marrant.

chapati
Admin

Messages : 126
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Comment aborder Deleuze

Message par chapati le Sam 30 Déc - 0:33

Et pour conclure et j’espère aller au fond des choses, je remets ici un bout remanié ailleurs :


Une solution n’est pas une identité : ce qu’elle résout, c’est une problématique, pas un objet. On est subrepticement passé de la résolution d’un problème à celle de l’objet supposé lui correspondre, en entérinant d’avance la forme de la solution en terme de sujet et d’objet. Or c’est bien la volonté de nous sortir des problèmes qui nous fait envisager leur résolution en terme d'objet, et ce parce que c’est ainsi que l´explication fonctionne, ou du moins présente les choses (une compréhension de l’objet étant supposée capable de nous en détacher, de nous dissocier de ses effets négatifs).

En guise de savoir, on n'a fait que résoudre un problème que, d'après nous, un supposé objet serait susceptible de susciter. Or c'est justement le propre des vrais problèmes que de mélanger le sujet au sein de l’événement, au moins au départ, au moment de l’impact de l’événement. On voit donc bien que l'objet en question (soi-disant susceptible de provoquer l’événement) n'est en fait rien d´autre que l’objet de notre pensée, soit donc la problématique qui nous implique.

D'où encore une fois l'intérêt de partir de l'événement, mais sans présumer de je-ne-sais quel sujet fini (et du coup d'un objet du même type), alors que justement l'événement est ce qui nous meut, nous change, nous individue... et ce d'autant qu'il est problématique ! En clair Joe Bousquet n’épuise pas la problématique d’un éclat d’obus dans la tête, quand bien même il serait quelque part une solution au problème posé.

C’est bien le problème qui nous fait envisager des solutions en terme d’objets et de sujets. Or on fait comme s’il y avait une équivalence entre solution des problèmes et connaissance des choses. Sauf qu’on refuse de reconnaître cette ambiguïté et d’en tirer les conséquences en désignant clairement - et donc en distinguant - objet et problématique. Mais en quoi toute chose se devrait d’être problématique ? Si l’implication nous pousse à solutionner les problèmes en terme de sujet et d’objet, en quoi tout devrait être problématisé en ces mêmes termes, comme au sein de la représentation ? Encore plus clair : en quoi tout devrait-il être problématique ?
S’il est une récognition, n’est-ce pas justement dans ce qui ne pose pas problème... et non l’inverse ?!


Dernière édition par chapati le Ven 5 Jan - 9:59, édité 4 fois

chapati
Admin

Messages : 126
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Comment aborder Deleuze

Message par chapati le Dim 31 Déc - 8:10

Un mot sur Stephane Lleres maintenant. Je l’ai plusieurs fois cité dans le fil consacré à Deleuze, ravi par ses synthétises claires et fournies sans pour ce que j’y vois ne rien perdre de ce qui fait sens. Sur ma lancée, j’ai depuis acheté son livre sur Deleuze (thèse de doctorat je crois). Clairement j’ai pas tout compris, et je devrais relire des passages. Mais aussi je suis pas convaincu. J’ai un peu l’impression qu’il cherche à faire de la philosophie de Deleuze un système fini. Ouvert certes, mais fini. Et ça me dérange. Je peux me tromper parce qu’en même temps, il fait le portrait d’un Deleuze critique, ce qui me va mieux, d’autant qu’il ajoute que critique vaut philosophie. Ça me dérange de la façon dont me dérange Spinoza... ou en tous cas ce que j´en comprends à travers le laïus (trouvé dans des forums) de ses interprétants, présenté sous forme de package philosophique auquel il n’y aurait rien à ajouter.

Il me semble en particulier (je peux me tromper) qu’il fait comme si Deleuze avait fait sien tout ce qui vient de Spinoza, Nietzsche et Bergson, ce qui n’a rien d’évident pour moi. En tous cas, je préfère nettement la façon dont Zourabichvili a tendance à approprier à Deleuze ce que lui écrit sur ces auteurs, ce qui n’est pas vraiment la même chose quand on sait qu’il assumait de « faire des enfants dans le dos » des philosophes...

A ce stade et vue mon incompétence en matière de philosophie, j’hésite à dire si c’est lui ou moi, Bergen ou moi, qui interprétons mal Deleuze (d’autant que j’ai pas lu tout Deleuze non plus). Ce que j’ai donc à dire, c’est qu’en ce qui me concerne, je ne crois pas aller plus loin que ce que je crois comprendre de lui... et qui correspond à ce que je pense, moi ! Peut-être donc qu’il y a du Chapati dans mon Deleuze, j’en sais rien et je m´en fous complètement. J’ai malgré tout encore à dire que je n’ai pas vu de désaccord entre mon idée sur lui et le petit livre de Zourabichvili à son égard. Est-ce c’est supposé me conforter ? De toutes façons, si j’ai constaté avec une grande béatitude que le pic de lecteurs est passé de sept à neuf, vu que personne ne vient ici discuter, ce type d´interrogation n’avancera guère.

A ce propos, il y a sinon, chers lecteurs, trois forums de philo (plus quelques couillonades largement typées réseaux sociaux), l’un gouverné par un dictateur qui est depuis moribond (le forum, pas le dictateur, longue vie à lui) ; le second qui ressemble actuellement à Verdun en 1918, mais nul doute renaîtra de ses cendres ; et le troisième où l’on discute de la chronologie entre être, existant et essence, entre deux introspections sur la genèse de la morale, avec parfois la désagréable sensation que certains vous causent par défaut, Spinoza et Platon n'étant à leur grand dam pas membres du forum. De toutes façons, rien n’aboutit jamais dans ce forum, dès qu’une idée personnelle s’avère intéressante, tout étant aussitôt rabattu sur le savoir, on s´empresse de passer à autre chose, sans savoir même si l’idée intéressante a été détectée comme telle (rien n’est moins sûr). Donc à de rares segments d’échange près, tout discussion virtuellement intéressante est vite avortée, soigneusement évitée... à moins que tout le monde ne pense en gros la même chose, à quelque micro points de vue près. Bref, on se garde bien de partager quoi que ce soit ressemblant à une pensée en marche, une recherche de compréhension, pour ne faire que comparer ou faire valoir des savoirs.

Bref, vous avez le droit de vous inscrire avant que je sois mort, si mon laïus sur Deleuze vous titille santa

chapati
Admin

Messages : 126
Date d'inscription : 28/02/2017

Voir le profil de l'utilisateur http://philodeleuze.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Comment aborder Deleuze

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum