Guerre de civilisation & islam

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Re: Guerre de civilisation & islam

Message par chapati le Lun 21 Mai - 23:47

Ça fait mille cinq cents ans que les femmes musulmanes portent le voile.
Pour Collomb et Schiappa, le voile, maintenant, c’est un signe d’adhésion à un islam politique !
(voire l’affaire Maryam Pougetoux)

Bref ça fait dix ans que l’Etat harcèle et insulte les musulmans, et Macron lui-même ne semble pas assez intelligent pour "tenir" ses ministres (et leur "islamophobie" latente) sur un sujet aussi sensible !

Bref, après Sarkozy et Valls, l’Etat français continue d'entretenir le terreau du terrorisme.
(et de faire le lit de l'extrême-droite)

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Re: Guerre de civilisation & islam

Message par chapati le Mar 5 Juin - 6:19



National Hebdo ?
(ça commence à bien faire)


EDIT : mes excuses à Charlie-Hebdo, j'avais pas compris que ce n'était pas Maryam Pougetoux qui était caricaturée (mais Melina Boughedir). Du coup, on peut éventuellement admettre que cette couverture ait un caractère humoristique.


Dernière édition par chapati le Mer 6 Juin - 19:09, édité 1 fois

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Re: Guerre de civilisation & islam

Message par chapati le Mer 6 Juin - 18:05

L’islam, une obsession française.
La presse étrangère observe avec sidération les passions que déchaînent la religion musulmane
La France a-t-elle un problème avec l’islam ? C’est ce que pensent les médias étrangers (Die Welt, The Atlantic…), qui voient l’Hexagone s’enflammer chaque semaine ou presque sur des sujets religieux. Le modèle de laïcité à la française reste au cœur des interrogations, surtout depuis l’annonce par Emmanuel Macron d’une réforme de l’islam de France en 2018.



L’impossible réforme de l’islam de France.

D’un côté, la France prône une laïcité stricte. De l’autre, le chef de l’État annonce vouloir réformer l’islam de France, comme ses prédécesseurs. Une position intenable, qui expliquerait le malentendu persistant autour de cette religion dans le pays, avance le magazine américain The Atlantic-Washington

Quand Emmanuel Macron a déclaré lors d’une interview [en février dernier] qu’il voulait “poser les jalons de toute l’organisation de l’islam en France”, il ne faisait pas une annonce sans précédent. Il s’engageait plutôt à réussir là où ses prédécesseurs avaient échoué.
Tous les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 1980 ont tenté de créer un islam propre à la France, dans le double objectif d’intégrer la minorité musulmane du pays et de lutter contre l’extrémisme islamiste. Leur but était de créer un islam à la fois en conformité avec les valeurs nationales, en particulier la laïcité, et à l’abri des interprétations radicales qui ont gagné du terrain dans une partie du monde musulman. Les tentatives passées de codification d’un islam français – la transformation d’un islam en France en un islam de France – ont été effectuées en lien étroit avec les pays d’origine des musulmans français, notamment le Maroc, l’Algérie et la Turquie.
Il en a résulté une crise de la représentation et de la légitimité. Les organisations musulmanes existantes, affiliées à l’État ou à des entités assimilées, ne représentent pas les diverses communautés présentes en France, ce qui nuit à l’intégration des musulmans dans la société et, selon le gouvernement de Macron, ouvre la voie à des idéologies dangereuses. En même temps, avec un héritage colonial qui n’est toujours pas réglé pour le monde arabo-musulman, nombre de musulmans jugent condescendante une gestion de l’islam dictée par les autorités – une manière d’intégrer l’islam pour le rendre invisible.

https://www.courrierinternational.com/article/limpossible-reforme-de-lislam-de-france

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Re: Guerre de civilisation & islam

Message par chapati le Jeu 5 Juil - 17:18

Indigènes de la République.

Extraits d'interview très intéressante d'Houria Bouteldja pour Vacarme, faite en 2015 (la totalité est ici).

Le Parti des indigènes de la République, a adopté depuis longtemps un objectif de dénonciation de la racisation opérée en France. Il clive la gauche antiraciste. Notre sentiment est qu’il convient d’éclaircir la connaissance de cette formation à un moment où ses positions politiques heurtent notre logique.


Quelle définition donnez-vous à la notion de race et quel usage politique en faites vous ?
La race est un rapport social comme le genre, comme la classe. Il est fondé sur de supposées catégories raciales, ethniques et religieuses qui sont issues de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. C’est la France qui est raciale. Nous voulons assumer le stigmate pour le dépasser. Personne n’échappe à la racialisation, blancs ou indigènes. Mais les uns sont dominants et les autres dominés.

Que signifie exactement le mot « indigène » pour vous ?
C’est le sujet colonial par opposition au citoyen. Moi par exemple, je suis issue de l’immigration ouvrière. J’ai aujourd’hui une meilleure situation sociale que mon père. Mais pour autant, je n’échappe pas à la race. Le discours raciste sur les indigènes, je le supporte tous les jours et ma vie est déterminée très fortement par cette condition. Si on a choisi « indigène », c’est évidemment pour sa dimension provocatrice.
Les antiracistes après la seconde guerre mondiale ont fait du mot race un mot qui brûle, un mot invalidé.

Qu’apporte t-il aujourd’hui ? 
Pour nous, race n’est ni positif, ni négatif. C’est un terme descriptif, axiologiquement neutre, comme celui de genre ou de classe. Il faut bien expliquer le fonctionnement du racisme. Comment parler du patriarcat sans aucune idée sur le genre ? Comment parler de capitalisme sans mobiliser la notion de classe ? Ces notions sont nécessaires.

Une des critiques qui vous est faite est de brandir l’islamophobie pour couvrir l’islamisme...
De la même manière que pour race, nous utilisons le mot qui s’est imposé. Les mots ne comptent pas en tant que tels : ce qui importe, c’est le sens qu’ils acquièrent au gré des luttes politiques. La catégorie de musulman a été utilisée en remplacement de maghrébin pour mettre un mot sur un moment nouveau : les maghrébins en question sont devenus des français d’un point de vue administratif mais pas des français à parts égales. Le mot musulman n’a pas d’autre fonction que de maintenir une distinction de race entre tous les nationaux : il y a les « de souche » et les autres. Dans le même temps, un mouvement dialectique se produit : ceux qu’on opprime en tant que musulmans finissent par se revendiquer musulmans, ce qui crée des réalités nouvelles. Quant à la confusion entretenue entre critique de l’islamophobie et islamisme, elle est juste stupide. C’est confondre un racisme et ses victimes avec des idéologies politiques.

En même temps, la catégorie de musulman produit une confusion entre question religieuse et question politique et sociale. Cela amène à penser avec des catégories coloniales plutôt qu’à les éloigner, à réactiver les hiérarchies indigènes entre juifs et musulmans par exemple.
Les indigènes qui se sont nommés musulmans l’ont fait sous la pression du racisme, parce qu’il fallait une nouvelle identité pour des gens qui allaient rester en France. Maghrébins, ça veut dire : « tu as un pays qui s’appelle l’Algérie ou le Maroc et un jour tu y retourneras ». Musulmans, ça permet de dire musulmans français, ça décrit une progression dans l’intégration. Nous avons été aussi réislamisés à notre insu. Moi par exemple, je ne savais pas que j’étais sunnite jusqu’à très récemment car au niveau géopolitique, il y a des conflits qui sont générés autour de cette catégorie.
Pour ce qui concerne la question juive, il faut comprendre que la race n’a jamais disparu et qu’elle continue de déterminer la vie des juifs. Nous, on a toujours été pour que les juifs s’identifient en tant que juifs, même s’il faut reconnaitre que c’est une régression. On est arrivé à une telle tension entre « races » qu’il devient urgent pour les juifs de brandir leurs identités ethnico-religieuses associées à des identités politiques radicalement antisionistes et antiracistes : « non, les juifs ne sont pas tous sionistes ».

À supposer que cette « lutte de race » soit liée à une conscience de race comme on parlait de conscience de classe, ne risque t-on pas de voir les groupes se figer dans des identités fermées ?
Je pense que la conscience de race existe. Seulement, les discours républicains et universalistes les occultent. Prenons un exemple : le mariage mixte. La plupart du temps, la famille musulmane exige que le blanc ou la blanche se convertisse. C’est bien la question de la race qui traverse ce rapport. Parce qu’on ne veut pas donner un membre de la famille à un dominant. La conversion devient un acte d’allégeance si j’ose dire. Je pense, sans vouloir faire de la sociologie de bazar, qu’on est dans un rapport de force en faveur des dominés qui résistent à leur manière. Mais l’inverse est vrai aussi.

Revenons sur la question du métissage. Vous dites « je ne comprends pas bien ce que c’est ».
Comme projet politique ou comme projet social, je ne le comprends pas. L’idéologie selon laquelle les couples mixtes, la rencontre entre deux cultures, c’est beau, est vraiment pourrie. Si on parle dans l’absolu, il n’y pas de raison de ne pas adhérer à ça. Sauf qu’il y a des rapports de domination entre les cultures. Entre l’Algérie et la France, le contentieux historique est trop fort et le rapport de domination traverse ces couples mixtes et leurs enfants. Est-ce qu’il sera plutôt musulman ou plutôt français ? Est-ce qu’il va manger du porc ou pas ? Dans quelle culture on va les élever ? Il y a des processus de soumission de l’un à l’autre qui vont se mettre en place. Tu vas avoir ceux qui vont surinvestir le religieux ou ceux qui vont surinvestir la blanchité.

Mais cela va à l’encontre de l’idée que l’amour permettrait de pacifier les relations. Bourdieu attribuait à l’amour la vertu de suspendre les rapports de domination. Dans toutes les cultures, l’amour apparait comme l’un des moyens pour résoudre les dettes d’honneur et de sang. La mixité semble ainsi avoir pour fonction de résoudre les tensions. N’est-ce pas dangereux d’introduire un tel clivage ?
Nous ne l’avons pas introduit, nous l’avons seulement révélé. Je ne crois pas que cette question se résolve au niveau du couple, elle se résout au niveau de la société et plus exactement au niveau du politique. Ça se résout au niveau de la transformation des rapports sociaux, pas au niveau de l’amour ou des relations interpersonnelles.

Et quid de l’universel, à la fois comme outil et comme visée ? Revendiquer l’universel, c’est aussi dans une logique révolutionnaire revendiquer la liberté comme non domination.
Je ne dis qu’une chose : le jour où le monde sera décolonisé, il sera décolonisé. Cela ne voudra pas dire que les autres formes d’oppression seront abolies. Un projet décolonial ne peut pas être pensé à partir des individualités mais à partir des cultures et des identités opprimées. Le PIR reconnait l’organisation communautaire si celle-ci se revendique d’une communauté racialement opprimée. Si des antillais veulent rentrer au PIR en tant qu’antillais, ils le peuvent.

Vous avez récemment revendiqué qu’on respecte le sacré des indigènes. De quel sacré s’agit-il ? Un sacré théologique ?
Pas n’importe quel sacré. Celui des damnés de la Terre. Peu importe, qu’il soit théologique ou pas. Le sacré c’est ce qui nous permet de tenir debout. Pour les musulmans, c’est le Prophète. Mais il y a d’autres formes de sacré.

Est-ce que le fait que la Shoah ait été instrumentalisée par l’État lui dénie sa dimension de sacré ?
Il y a une mise en scène et une instrumentalisation de la Shoah par l’État. On se rachète à bon compte. L’État ne doit pas avoir de sacré. La Shoah ne peut être que le sacré des victimes et de leurs descendants. On peut l’étendre aux citoyens qui se sentent héritiers de cette histoire. Au fond, la Shoah, doit aussi devenir mon sacré. Mais je pose mes conditions : je refuse que la Shoah devienne mon sacré si on ne reconnaît pas mon sacré à moi.

C’est une position de réciprocité ?
Je suis choquée qu’on envoie des gamins de banlieue à Auschwitz… mais qu’on n’envoie pas les enfants de France commémorer le 17 octobre 1961 ou la traite négrière. Oui, la réciprocité est non négociable.

Est-ce que vous pensez qu’il y a une sacralité républicaine depuis la Révolution française ?
Non, je ne crois pas que l’espace politique doive être sacré, parce qu’il est en prise avec le pouvoir et donc sujet aux manipulations en tous genres. On ne peut pas laisser le pouvoir sacraliser les choses, ça neutralise les mouvements, empêche les remises en cause… Je pense que le sacré doit provenir du peuple, des peuples. La République n’est pas une religion mais dans les faits, elle l’est.

Créer un espace sacré civique avait pour visée de permettre la coexistence de toutes les religions, un sacré a-théologique qui surplombe et protège la coexistence de toutes les positions à l’égard du sacré. Qu’en pensez-vous ?
Un mouvement décolonial doit avoir comme projet de protéger le sacré des dominés. On est en capacité de protéger le sacré des dominés si on crée un rapport de force, car je ne crois pas que cette protection existe spontanément. La satire, la caricature, par exemple devraient avoir comme objet de s’en prendre aux dominants. Dans les faits, le sacré des dominés est piétiné. Le principe de la laïcité me parait respectable puisqu’en théorie il permet la coexistence des différentes croyances ou incroyances mais il y a un principe supérieur à la laïcité qui est celui de la justice et de la dignité. La laïcité, les droits de l’homme, la démocratie, toutes ces belles idées ne veulent rien dire si elles ne sont pas sous-tendues par la justice et la dignité pour tous.






J'aime évidemment bien la référence aux prétentions universalistes de l'occident (que Bouteldja focalise sur la France on dirait, et là j'ignore jusqu'où elle peut avoir raison dans cette affaire). La fille en tous cas est tout à fait intelligente, et fait un sans-faute.

Le problème tient pour moi dans sa façon de sembler assimiler l'Etat français à un état raciste, ce qui est caricatural. Je ne crois pas trop à une spécificité raciste étatique, je crois la gauche très peu raciste par exemple (et une bonne partie de la droite aussi, en fait). Maintenant le paternaliste, c'est autre chose : c'est culturel... et donc en relation direct avec la prétention française à un savoir universaliste (en fait, il faudrait aborder les différentes formes de racisme, dont la spécificité paternaliste). D'ailleurs le racisme, il y en a partout ; et dans nombre de pays musulmans aussi, qui pratiquèrent de tous temps l'esclavage avec les noirs (et continuent de le faire) avant que les blancs n'assurent un intérim à très très grande échelle. Plutôt du paternalisme, ça oui : une mentalité franchouillarde néo-colonialiste donc.

Maintenant le problème le plus compliqué avec ce mouvement me semble surtout de savoir comment ce point de vue "identitaire" est compris par les uns et les autres, et là c'est vrai que ça devient compliqué : est-ce qu'on peut faire un constat aussi fin et intelligent sans risquer de ne pas être compris, que les types ne se "communautarisent", et que le mouvement ne risque finalement à tout moment d'être détourné à des fins radicales ?

Pas simple.

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Re: Guerre de civilisation & islam

Message par chapati le Jeu 16 Aoû - 18:29

Un petit point sur "la guerre".


Kepel, Valls, z'avez perdu vot' langue ? Où qu'elle en est, la grande offensive de Daesh face à l'Occident ?

En un an et en guise de "guerre" : 7 morts en France en trois attentats.
Le premier à Marseille, le 1 octobre, où un type armé d'un couteau tue deux femmes ; celui du Super-U de Trèbes le 23 mars (quatre morts + l'agresseur) ; et un type armé d'un couteau qui attaque des civils et des policiers à Paris, le 12 mai (un mort + l'agresseur).

Je vous fais pas un chiffrage parallèle avec ce qu'il se passe en Afghanistan hein, vous lisez les journaux...

Pas de nouveau livre à vendre, monsieur Kepel ?

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